La Ville de Lyon et la SPL Le Service funéraire ont inauguré l’achèvement de la première phase de restauration du crématorium de la Guillotière, l’un des plus anciens établissements de crémation encore en activité en France. Lancés après des diagnostics réalisés en 2024, ces travaux visent à préserver un édifice emblématique du patrimoine lyonnais tout en garantissant sa pérennité. Une seconde phase de rénovation est déjà programmée pour 2027 avec la modernisation de la salle de cérémonie Édouard Herriot.
La Ville de Lyon franchit une nouvelle étape dans la préservation de son patrimoine funéraire. À l’occasion de l’inauguration de la première phase de restauration du crématorium de la Guillotière, la municipalité et la SPL Le Service funéraire ont présenté l’aboutissement d’un chantier de grande ampleur destiné à sauvegarder l’un des bâtiments les plus emblématiques de l’histoire lyonnaise.
Situé au cœur du cimetière de la Guillotière, le crématorium occupe une place singulière dans le paysage patrimonial français. Construit en 1913 sous l’impulsion d’Édouard Herriot, alors maire de Lyon, il a été dessiné par l’architecte Étienne Curny. Il appartient à la première génération des crématoriums français et fait aujourd’hui partie des trois seuls établissements historiques de cette époque encore en activité dans le pays.
Au-delà de son intérêt architectural, ce bâtiment témoigne de plus d’un siècle d’évolution des politiques publiques funéraires. Depuis son ouverture, il accompagne les familles lyonnaises dans les moments les plus délicats de leur existence et constitue un équipement public majeur au sein de la métropole.
Plus de cent dix ans après sa construction, l’édifice présentait toutefois des signes importants de vieillissement. Les diagnostics techniques réalisés en 2024 ont révélé une dégradation avancée de plusieurs éléments essentiels de la structure, notamment le dôme, la charpente et les façades. Une intervention d’envergure est alors apparue indispensable afin d’assurer la sécurité du bâtiment et sa conservation sur le long terme.
Confié à Bernard Morel, architecte du patrimoine, le chantier s’est concentré sur les parties les plus fragilisées de l’édifice. Les travaux ont permis la restauration complète du dôme ainsi que le renforcement de sa charpente. Les équipes ont également procédé au remplacement des 13 000 ardoises de la toiture, à la réfection des ouvrages en zinc, à la restauration du lanternon, à la remise en état des évacuations des eaux pluviales ainsi qu’à la rénovation des pierres de taille et au nettoyage des façades.
Cette première phase représente un investissement de 1,3 million d’euros. Pour la Ville de Lyon et la SPL Le Service funéraire, elle garantit désormais la préservation durable de ce patrimoine exceptionnel tout en assurant la continuité de son fonctionnement pour les décennies à venir. Cette restauration s’inscrit dans un programme plus vaste de modernisation des équipements funéraires lyonnais. La prochaine étape est d’ores et déjà annoncée. En 2027, la salle de cérémonie Édouard Herriot fera à son tour l’objet d’une rénovation complète.
Ce futur chantier aura pour objectif de redonner toute sa qualité architecturale à cet espace de recueillement tout en améliorant les conditions d’accueil des familles. Les équipements techniques seront modernisés afin de répondre à l’évolution des pratiques funéraires et des cérémonies. Le projet prévoit également plusieurs aménagements extérieurs, notamment la création d’un parking accessible aux personnes à mobilité réduite ainsi que la végétalisation des abords du site. Le coût prévisionnel de cette seconde opération est estimé à 600 000 euros. Elle viendra prolonger l’ambition portée par la municipalité de conjuguer préservation du patrimoine, amélioration du service public et adaptation des infrastructures aux besoins contemporains.
Pour Grégory Doucet, maire de Lyon, cette restauration dépasse largement la simple réhabilitation d’un bâtiment ancien. Il rappelle que le crématorium accompagne les Lyonnaises et les Lyonnais depuis plus d’un siècle et qu’il a évolué au rythme des transformations de la ville. Selon lui, la rénovation permet non seulement de restaurer un patrimoine et de sécuriser un équipement public, mais aussi de réaffirmer l’engagement de la collectivité à accompagner chaque famille avec « respect et humanité ».
De son côté, Alain Brissard, président de la SPL Le Service funéraire, souligne que la Ville de Lyon a confié à la société publique locale la gestion du crématorium pour une durée de quinze ans. Il explique que le redressement financier de la structure et un modèle économique excluant toute distribution de dividendes ont rendu possibles ces investissements. Après la restauration des toitures et des façades, la rénovation prochaine de la salle Édouard Herriot doit permettre, selon lui, d’offrir aux familles un lieu à la hauteur des cérémonies civiles tout en renforçant la vocation du service public funéraire : garantir la dignité pour toutes et tous.
En engageant ce programme de restauration, la Ville de Lyon entend ainsi préserver un témoin majeur de son histoire urbaine tout en adaptant ses infrastructures funéraires aux exigences du XXIe siècle. Un équilibre entre conservation patrimoniale et modernisation qui permettra au crématorium de la Guillotière de poursuivre sa mission de service public auprès des familles lyonnaises pour de nombreuses années.