Lyon Gospel Festival 2026 : un festival à taille humaine qui célèbre toute la richesse du gospel

Le Lyon Gospel Festival revient du 25 au 27 septembre, pour une sixième édition qui mêle chœurs amateurs, jeunes voix, artistes confirmés et grand bain collectif. Trois jours pour rappeler que le gospel est moins une musique de chapelle qu’un art du mouvement, du partage et de la ferveur.

Il y a des musiques que l’on écoute assis, dans le silence sage des salles obscures. Et puis il y a celles qui réclament autre chose. Des épaules qui bougent, des mains qui frappent, des voix qui répondent. Le gospel appartient à cette deuxième famille.

À Lyon, il s’offrira trois jours de scène, de chœurs et de rencontres du 25 au 27 septembre. Pour sa sixième édition, le Lyon Gospel Festival reprend ses quartiers à la Salle Molière, au Palais de Bondy, avant de terminer son week-end à L’Escale Lyonnaise, dans le 6e arrondissement.

Le festival n’a pas la démesure des grandes machines estivales. C’est précisément ce qui fait son intérêt. Il est indépendant, associatif, construit par une équipe bénévole issue du monde choral lyonnais. Ici, la programmation ne sépare pas soigneusement les professionnels des amateurs, les artistes installés des jeunes voix, la scène du public. Tout est affaire de circulation.

Le gospel y est présenté moins comme un genre figé que comme une musique en mouvement, traversée par les traditions vocales, la soul, le groove, le chant collectif et cette vieille capacité à transformer une salle en communauté provisoire. Les organisateurs revendiquent d’ailleurs une programmation ouverte à toutes les formes du gospel, des répertoires traditionnels aux expressions contemporaines.

Une histoire de transmission

Le vendredi soir donnera immédiatement le ton. Lyon Gospel Academy ouvrira le festival avant Lilogospel. La première formation n’arrive pas là par hasard : elle a remporté la Scène Tremplin de l’édition 2025.

La boucle est presque parfaite. Un groupe amateur passe par le concours, gagne, puis revient l’année suivante ouvrir la programmation. Ce petit système de transmission raconte sans doute mieux le festival que n’importe quel manifeste.

Lilogospel, formation venue de l’Isère, prendra ensuite le relais avec un gospel contemporain porté par les voix collectives et une énergie tournée vers la scène.

Le samedi après-midi, la relève sera de nouveau au centre du jeu. Gospel Groove, One Voice 2Shine et UNIISSON monteront sur scène lors du Tremplin. Les deux premiers tenteront de décrocher le Trophée LGF, attribué par le public et l’équipe organisatrice. Le gagnant ouvrira l’édition 2027.

Un dispositif modeste, mais qui dit quelque chose d’essentiel : ici, le festival ne se contente pas de programmer des voix, il cherche aussi à en faire émerger.

Neuf voix, du groove et Emmanuel Pi Djob

Le samedi soir, changement d’échelle. The Feeling Good Choir, chœur de lycéens de Givors, ouvrira la soirée. Des voix jeunes, un groupe, une scène. Là encore, le festival revendique moins la perfection académique que la force du collectif.

Puis viendra l’un des temps forts du week-end : POWER QUEENS & GENTLE GANGSTERS, création réunissant FEELIN’S 9, AFROSOULLGANG TRIO et Emmanuel Pi Djob. Neuf voix féminines, des musiciens, un univers soul, des arrangements originaux et un territoire où gospel, traditions vocales et groove se croisent.

Emmanuel Pi Djob occupe ici une place à part. Le chanteur sera aussi au cœur de la clôture du festival, le dimanche matin, lors d’une Gospel Session participative avec FEELIN’S 9.

Le public finit par monter symboliquement sur scène

C’est peut-être là que le Lyon Gospel Festival affirme le mieux sa singularité. Le dimanche, il ne s’agira plus seulement de regarder ceux qui chantent. Le public sera invité à entrer dans le mouvement. À écouter, certes, mais aussi à chanter s’il le souhaite.

Aucune expérience vocale n’est demandée. Aucun niveau. Pas de sélection. Simplement l’envie de participer.

Le concert classique repose sur une frontière : ceux qui jouent d’un côté, ceux qui regardent de l’autre. Le gospel, lui, a toujours eu tendance à mal supporter les frontières. La Gospel Session du dimanche en fera presque un principe esthétique.

Un festival encore à taille humaine

L’an dernier, le festival a accueilli 800 spectateurs et sept chœurs, soit 244 choristes. Des chiffres encore modestes à l’échelle des grands événements culturels, mais suffisamment importants pour installer un rendez-vous dans le paysage lyonnais.

Il y a surtout derrière ces chiffres une idée assez simple : faire exister une scène gospel à Lyon sans la réduire à un spectacle de fin d’année, à une esthétique religieuse ou à quelques standards connus de tous.

Le festival revendique un ancrage local, une programmation accessible et une ouverture à des publics différents. Dans une époque culturelle obsédée par les têtes d’affiche, les jauges et les billetteries records, cette sixième édition choisit une autre mesure.

Des voix. Des groupes. Une salle. Et cette vieille promesse de la musique collective : pendant quelques heures, faire croire qu’une foule peut chanter comme un seul corps.

Lyon Gospel Festival, du 25 au 27 septembre 2026. Salle Molière, Palais de Bondy, Lyon 5e, puis L’Escale Lyonnaise, Lyon 6e. Plein tarif : 25 euros. Billeterie.