Des milliers de lycéens, étudiants, enseignants et parents ont défilé ce mardi 6 octobre à Lyon pour réclamer davantage de moyens pour l’Éducation nationale. Parti de Bellecour dans une ambiance d’abord calme, le cortège a rejoint la place Guichard avant que plusieurs incidents n’éclatent autour de Saxe-Gambetta et de la rue Mazenod. Dès le matin, 17 établissements étaient perturbés et huit personnes avaient été interpellées.
La mobilisation lycéenne a changé d’échelle à Lyon. Après une journée de lundi relativement calme, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées mardi 6 octobre sur la place Bellecour, point de départ d’une manifestation organisée par les mouvements lycéens et étudiants, avec le soutien de syndicats de l’Éducation nationale et de parents d’élèves.
Dès 10 heures, la place Bellecour était quasiment remplie, selon les journalistes du Progrès présents sur place. La préfecture évoquait alors « des milliers de personnes ». Une autre source locale, Radio Scoop, rapportait également une importante mobilisation et confirmait que le parcours devait relier Bellecour à la place Guichard.
Le cortège s’est finalement mis en mouvement vers 10 h 45. Plusieurs dizaines de personnes vêtues de noir et le visage dissimulé se sont positionnées à l’avant, tandis que l’essentiel de la manifestation restait composé de lycéens. Des étudiants, enseignants, parents d’élèves et militants syndicaux étaient également présents.
Le parcours devait conduire les manifestants vers la place Guichard en passant notamment par le pont de la Guillotière, la place Gabriel-Péri et Saxe-Gambetta.
Des revendications centrées sur les conditions d’études
Au cœur de la mobilisation, les jeunes réclament avant tout davantage de moyens pour l’Éducation nationale. Le mouvement, parti le 21 septembre d’un lycée de Créteil avant de gagner d’autres villes françaises, porte notamment sur le remplacement des enseignants absents, l’état des bâtiments scolaires, les effectifs dans les classes et Parcoursup.
À Lyon, certains lycéens interrogés pendant la manifestation ont ainsi réclamé « l’annulation totale de Parcoursup » et dénoncé les disparités entre établissements. Ils ont également pointé les classes surchargées, des journées pouvant s’étendre de 8 heures à 18 heures ou encore les difficultés rencontrées dans certains établissements disposant d’infrastructures dégradées ou inadaptées.
Au lycée Ampère, bloqué dans la matinée, les revendications portaient aussi sur les moyens consacrés à l’éducation et à la culture, la situation du Pass Culture, les bâtiments vétustes ou mal isolés et les absences d’enseignants non remplacées.
Les élèves mobilisés reconnaissaient eux-mêmes que le blocage d’un établissement n’était pas une fin en soi, mais le présentaient comme un moyen de rendre leurs revendications visibles.
Parents, enseignants et syndicats dans le cortège
La manifestation de mardi se distinguait également par la présence plus marquée d’adultes aux côtés des jeunes.
La CGT, la FSU et Solidaires participaient notamment à la mobilisation. Des groupes syndicaux avaient été répartis au sein du cortège afin d’accompagner les lycéens. Des parents d’élèves avaient également fait le déplacement, notamment à travers le collectif « Parents présents », qui expliquait vouloir écouter les revendications des jeunes, veiller à leur sécurité et contribuer à l’apaisement sans parler à leur place.
Plusieurs responsables politiques étaient aussi présents. Le député LFI du Rhône Idir Boumertit a déclaré soutenir les demandes portant notamment sur les besoins en infirmiers, psychologues et accompagnants dans les établissements. Anaïs Belouassa-Cherifi, également députée LFI du Rhône, s’était rendue plus tôt auprès des élèves du lycée Ampère.
De son côté, le maire de Lyon Grégory Doucet avait rencontré dans la matinée une vingtaine de lycéens issus de plusieurs établissements. Dans une déclaration transmise à la presse, il disait avoir été marqué par leur solidarité et leur volonté d’étudier dans de meilleures conditions.
Le cortège s’étire de Bellecour à Saxe-Gambetta
Pendant la première partie de la manifestation, aucun heurt majeur avec les forces de l’ordre n’était signalé.
Vers 11 heures, les manifestants ont franchi le pont de la Guillotière avant de poursuivre en direction de Saxe-Gambetta. L’ampleur du rassemblement était alors particulièrement visible : à 11 h 29, la tête du cortège atteignait déjà le secteur de Saxe tandis que les derniers manifestants quittaient seulement la place Bellecour.
Le défilé était donc étiré sur une grande partie du parcours.
L’ambiance s’est néanmoins progressivement tendue. Place Gabriel-Péri, des personnes ont frappé la vitrine d’un restaurant McDonald’s, tandis que des dégradations ont également visé des abribus et une agence BNP Paribas, selon le direct du Progrès. Des tirs de mortiers d’artifice et des jets de projectiles contre des policiers ont également été constatés.
Gaz lacrymogènes à Saxe-Gambetta
Un nouvel épisode de tension s’est produit vers 11 h 40 dans le secteur de Saxe-Gambetta. Des CRS ont été visés par des jets de bouteilles et ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène.
Selon une source sécuritaire citée par Le Progrès, des individus auraient quitté l’itinéraire du cortège pour se rapprocher d’un commissariat. L’incident aurait duré quelques minutes avant que la manifestation ne reprenne sa progression.
La tête du cortège a finalement atteint la place Guichard peu avant midi, terme officiel de la manifestation.
Mais l’arrivée n’a pas immédiatement marqué la fin des tensions.
Des cortèges quittent la place Guichard
Peu après midi, plusieurs groupes ont quitté la place Guichard et poursuivi leur déplacement dans les rues voisines. La préfecture les a qualifiés de « cortèges sauvages », indiquant qu’ils étaient principalement composés d’individus cagoulés et masqués.
Les forces de l’ordre ont utilisé du gaz lacrymogène à l’angle des rues de Créqui et Mazenod.
La situation s’est ensuite tendue rue Mazenod, où des poubelles ont été incendiées à proximité de la rue Duguesclin. Des tags hostiles à la police ont également été inscrits sur la façade de l’école élémentaire Mazenod.
Vers 12 h 38, alors que la manifestation commençait progressivement à se disperser place Guichard, du gaz lacrymogène était encore présent rue Duguesclin et les forces de l’ordre étaient déployées dans le secteur.
Une partie des manifestants tentait parallèlement de rejoindre la Bourse du travail pour organiser une assemblée générale.
Dix-sept établissements perturbés dès le matin
La journée de mobilisation avait débuté plusieurs heures avant le rassemblement de Bellecour.
À 8 heures, la préfecture faisait état de 15 établissements perturbés. Ce chiffre était passé à 17 vers 9 h 40, avec une majorité d’établissements universitaires concernés. Huit personnes avaient alors été interpellées, notamment pour des dégradations et le transport d’objets incendiaires ou d’artifices. Ces données préfectorales ont également été rapportées par Radio Scoop.
Les campus Berges du Rhône et Porte des Alpes de l’université Lyon 2 ainsi que les sites de Lyon 1 ont été fermés pour la journée. Radio Scoop confirmait également la fermeture des sites universitaires concernés.
Devant Lyon 2, les forces de l’ordre étaient intervenues dans la matinée pour disperser des individus masqués et casqués qui bloquaient les voies du tramway.
Des blocages avaient également lieu dans plusieurs lycées, dont Ampère et le lycée du Parc. À Ampère, l’ambiance était décrite comme calme dans la matinée, avec des enseignants et des parents présents auprès des élèves.
Une semaine de mobilisation particulièrement tendue dans le Rhône
La manifestation intervient après plusieurs journées marquées par des incidents dans le département.
Le mouvement lyonnais avait débuté mardi 29 septembre. Au cours des jours suivants, des dégradations, incendies, tirs de mortiers et affrontements avec les forces de l’ordre ont été recensés autour de plusieurs établissements.
Le jeudi 1er octobre, 32 lycées et huit collèges avaient fait l’objet de rassemblements dans le Rhône, selon un bilan des services de l’État relayé par Lyon Capitale. Trente-huit personnes avaient été interpellées et quinze blessées, dont treize policiers.
La situation s’était apaisée lundi 5 octobre, malgré plusieurs incidents isolés. Dans le Rhône, 24 établissements avaient encore été touchés et des tirs de mortiers avaient notamment visé les forces de l’ordre à proximité du lycée Saint-Just.
Face aux incidents des jours précédents, la préfecture du Rhône avait décidé d’interdire ce mardi, entre 6 heures et 18 heures, les rassemblements revendicatifs dans un rayon de 100 mètres autour de nombreux établissements scolaires du département.
Cette sixième journée de mobilisation aura donc été marquée par deux dynamiques : un cortège massif porté principalement par les revendications des lycéens sur leurs conditions d’études, accompagné par des parents, enseignants et syndicats, puis plusieurs épisodes de tension et de dégradations en marge de la manifestation à mesure que celle-ci approchait de son terme place Guichard.
Sources :
Source principale : Le Progrès, direct « Des milliers de manifestants à Lyon, arrivée sous tension place Guichard », 6 octobre 2026.
Source complémentaire : Radio Scoop – Direct sur la manifestation et les blocages à Lyon
Source complémentaire : TF1 Info – Mobilisation et blocages des lycées du 5 octobre
Source complémentaire : Lyon Capitale – Bilan de la mobilisation lycéenne dans le Rhône