Le 18 juin 2026, la mairie du 9e arrondissement de Lyon a rendu hommage aux tirailleurs sénégalais du 25e RTS exécutés par l’armée allemande en juin 1940, lors d’une cérémonie organisée à la montée de Balmont. Cette commémoration a également marqué l’anniversaire de l’appel du Général de Gaulle du 18 juin 1940.
Devant la plaque mémorielle située montée de Balmont, élus, anciens combattants, membres du collectif Africa 50 et habitants se sont réunis pour honorer la mémoire de ces soldats africains tombés lors de la bataille de Lyon.
Une cérémonie de mémoire au cœur du 9e arrondissement
La cérémonie s’est déroulée en présence d’Emmanuel Giraud, maire du 9e arrondissement de Lyon, d’Hafid Sekhri, adjoint délégué à la mémoire, du collectif Africa 50 et de l’Union Nationale des Combattants.
Après l’interprétation du Chant des Africains, Jean Maisonneuve, représentant de l’Union Nationale des Combattants, a retracé les événements tragiques des 19 et 20 juin 1940.
Il a rappelé que les soldats du 25e RTS avaient opposé une résistance acharnée à l’avancée des troupes allemandes aux portes de Lyon. Malgré leur infériorité numérique, les 217 défenseurs, dont 188 tirailleurs sénégalais, réussirent à ralentir plusieurs milliers de soldats allemands.
Selon son intervention, après les combats, les prisonniers africains furent victimes d’exécutions sommaires. Vingt-sept tirailleurs furent fusillés à l’emplacement même où se trouve aujourd’hui la plaque commémorative de Balmont.
Le souvenir des tirailleurs sénégalais au centre de l’hommage
Prenant ensuite la parole, Ya Mutuale Balomé, président du collectif Africa 50, collectif d’associations qui valorise les cultures d’Afrique, des Caraïbes et de l’Océan Indien à Lyon a insisté sur l’importance de transmettre la mémoire de ces combattants venus d’Afrique défendre la France durant la Seconde Guerre mondiale.
Il a rappelé que ces soldats s’étaient battus pour les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, tout en soulignant les discriminations raciales dont ils furent victimes après leur capture.
Le représentant du collectif a également évoqué le rôle historique des tirailleurs dans l’émancipation des peuples colonisés après la guerre. Selon lui, leur engagement militaire et les injustices subies ont contribué à nourrir les mouvements de décolonisation dans l’ensemble de l’ancien empire français.
Africa 50 a également réaffirmé son souhait d’élargir le travail mémoriel dans le 9e arrondissement de Lyon autour de l’histoire de l’esclavage, de la traite négrière et des luttes pour l’égalité.
Emmanuel Giraud : « Ces deux mémoires sont indissociables »
Dans son discours, le maire du 9e arrondissement a souligné le lien entre l’appel du Général de Gaulle et le sacrifice des tirailleurs sénégalais.
« Ces deux mémoires sont indissociables. L’une est celle d’une parole, l’autre est celle d’un engagement », a déclaré Emmanuel Giraud.
L’élu a rappelé que l’appel du 18 juin constituait un refus de la résignation face à l’occupation allemande, tandis que les tirailleurs sénégalais incarnaient ce refus sur le terrain, au prix de leur vie.
Le maire a également insisté sur la dimension raciste des exécutions commises après les combats.
« Nous devons nommer cette réalité pour ce qu’elle fut : un crime raciste commis contre des hommes qui avaient servi la France avec loyauté », a-t-il affirmé.
Pour Emmanuel Giraud, la transmission de cette mémoire demeure essentielle à l’heure où les derniers témoins de la Seconde Guerre mondiale disparaissent progressivement.
Lecture de l’appel du 18 juin et dépôt de gerbe
Comme le veut la tradition, le texte de l’appel du Général de Gaulle a ensuite été récité devant les participants.
La cérémonie s’est achevée par un dépôt de gerbe au pied de la plaque mémorielle de Balmont, en hommage aux 27 tirailleurs sénégalais exécutés en ce lieu il y a 86 ans.
Chaque année, cette commémoration rappelle le rôle décisif joué par les soldats africains dans la défense de la France durant la Seconde Guerre mondiale et contribue à préserver la mémoire de ceux qui ont payé de leur vie leur engagement contre le nazisme.
Les tirailleurs sénégalais de Chasselay et Balmont
Les combats de juin 1940 autour de Lyon, notamment à Chasselay, Limonest et Balmont, restent l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire des tirailleurs sénégalais en France. Après leur capture, plusieurs dizaines de soldats africains furent exécutés par les troupes allemandes en raison de l’idéologie raciale nazie.
Leur mémoire est aujourd’hui notamment honorée au Tata Sénégalais de Chasselay, nécropole militaire inaugurée en 1942 et devenue un lieu majeur de recueillement en mémoire des combattants africains morts pour la France.