Revolut a lancé mardi 25 août sur le marché français une offre de bienvenue à 5,25 % brut sur son compte d’épargne, réservée aux nouveaux clients inscrits à partir de cette date. Le taux court quatre mois au maximum et s’applique aux dépôts jusqu’à 25 000 euros. Au-delà, la rémunération retombe au barème standard de la néobanque, soit 2,25 % brut sur l’offre gratuite et 2,5 % sur l’abonnement Ultra. Le livret d’épargne Revolut n’est pas un produit réglementé : ses intérêts sont soumis à l’impôt, contrairement à ceux du Livret A.
Cinq virgule vingt-cinq, et un compte à rebours
Le chiffre est affiché depuis mardi dans l’application. 5,25 % brut, sur un compte d’épargne accessible sans dépôt minimum. L’offre s’adresse exclusivement aux clients qui ouvrent un compte Revolut à compter du 25 août 2026. Ceux-ci disposent ensuite d’un mois pour ouvrir leur compte d’épargne et activer la promotion.
La durée est bornée. « L’offre est accessible pendant une durée maximale de quatre mois », indique Revolut dans sa communication commerciale, le décompte démarrant à la création du premier compte d’épargne. Les intérêts sont versés chaque jour et non une fois par an, ce qui produit un effet de capitalisation quotidienne : les gains d’un jour génèrent à leur tour des intérêts le lendemain. Les retraits restent possibles à tout moment, sans blocage des sommes.
Le plafond, lui, est fixé à 25 000 euros. La fraction déposée au-delà bascule immédiatement au barème habituel de l’établissement, qui plafonne à 2,25 % brut pour les détenteurs d’un compte gratuit et à 2,5 % pour les abonnés à la formule Ultra, la plus chère de la gamme.
Ce que le brut ne dit pas
Un taux annoncé en brut n’est pas un taux perçu. Les intérêts d’un livret bancaire non réglementé entrent dans l’assiette du prélèvement forfaitaire unique, la « flat tax », fixée à 30 % en France et qui regroupe l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Une part des gains part donc au Trésor public, ce qui n’est pas le cas du Livret A ni du livret d’épargne populaire, tous deux exonérés.
Sur la sécurité des fonds, Clubic rappelle que les sommes déposées relèvent d’un système de garantie des dépôts qui indemnise les clients jusqu’à 100 000 euros par déposant en cas de défaillance de l’établissement. Le niveau de protection est celui appliqué aux banques traditionnelles françaises.
L’ordre de grandeur se calcule sans difficulté. Un dépôt de 25 000 euros, soit le plafond de l’offre, rémunéré à 5,25 % brut pendant quatre mois, produit environ 437 euros d’intérêts bruts. Après application du prélèvement forfaitaire unique, il reste un peu plus de 300 euros. Le gain existe, il n’a pas l’ampleur que suggère l’affichage du taux annuel.
Reste la sortie de promotion. Passé le quatrième mois, le taux revient au barème standard, très en dessous du taux d’appel. Souscrire un abonnement payant permet de gagner quelques dixièmes de point, pas davantage. L’épargnant qui laisse ses fonds en place se retrouve alors avec un produit fiscalisé rémunéré à un niveau proche de celui des livrets réglementés, mais sans leur exonération.
Le Livret A n’est pas le bon étalon
Le contexte explique l’attention portée à ce type d’offre. La rémunération de l’épargne réglementée a reculé, et le Livret A évolue désormais sous la barre des 2 %. Les établissements qui cherchent à capter des dépôts se déplacent donc sur le terrain des livrets non réglementés, où le taux se fixe librement et se promeut à coups de campagnes de bienvenue.
La comparaison spontanée est celle qui flatte le plus l’offre. Face au Livret A, ramené à 1,7 % net, et au livret d’épargne populaire à 2,5 % net, réservé aux ménages sous conditions de ressources, un taux de 5,25 % brut sur quatre mois paraît sans concurrence. La comparaison pertinente est ailleurs.
Elle se joue face aux autres livrets bancaires à taux boosté, ceux que des acteurs comme Cashbee ou Meilleurtaux mettent régulièrement en avant pour capter de nouveaux dépôts. Sur ce terrain, Revolut n’occupe pas la première place. Cashbee a récemment affiché jusqu’à 6 % brut, mais sur deux mois seulement, relève Clubic.
La durée est l’argument de Revolut : quatre mois, quand la moyenne du marché se situe entre deux et trois mois. Le plafond est son point faible. Certains livrets concurrents acceptent jusqu’à 200 000 euros au taux promotionnel, soit huit fois le plafond retenu par la néobanque. Pour un épargnant disposant d’une trésorerie importante, l’écart de rendement absolu se rétablit rapidement en faveur des concurrents, même à taux affiché inférieur.
Une licence bancaire et huit millions de clients
L’offre s’inscrit dans une séquence plus large. Revolut, établissement d’origine britannique membre du Forum économique mondial, a obtenu récemment une licence bancaire auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur français des banques et des assurances adossé à la Banque de France. La néobanque a par ailleurs annoncé des investissements dans le pays et multiplié les lancements de services.
Les volumes sont connus : plus de 80 millions d’utilisateurs revendiqués dans le monde, dont 8 millions en France. Nicolas Moalic, responsable de la croissance de Revolut pour la France, résume l’argumentaire commercial en une formule : « une épargne plus attractive, sans le moindre compromis sur la disponibilité des fonds ».
Le taux d’appel est un outil d’acquisition, pas une politique de rémunération. Son coût pour l’établissement se mesure en mois, celui d’un client conservé se compte en années. La question posée aux 5,25 % n’est pas ce qu’ils rapportent en quatre mois, mais ce que devient le compte au cinquième. Le Livret A, lui, ne prospecte personne.
Source : Clubic – clubic.com