Lena Situations est de nouveau au centre d’une polémique télévisuelle. L’équipe de Cyril Hanouna affirme que France Télévisions a déboursé jusqu’à 1,4 million d’euros pour diffuser le spectacle de la youtubeuse sur France 2. Le service public dément catégoriquement et avance un montant sept fois inférieur.
Le 31 août, Léna Mahfouf, 28 ans, plus connue sous le nom de Lena Situations, a clôturé ses « vlogs d’été » devant 20 000 spectateurs à l’Accor Arena de Paris. Le spectacle, intitulé « Celui où ils disent au revoir », doit être rediffusé sur France 2 et france.tv le samedi 12 septembre à 23h25. C’est cette diffusion qui a mis le feu aux plateaux de W9. Le 1er septembre, dans l’émission « Tout beau tout 9 » (TBT9) animée par Cyril Hanouna, le chroniqueur Raymond Aabou, de son vrai nom Cyril Aabou, lance en direct : « Ce concert-là, accrochez-vous bien, il a été acheté 1,2 voire 1,4 million par France Télévisions. » La somme, aussitôt reprise sur les réseaux sociaux, vise l’usage de l’argent public par le service public audiovisuel pour financer les droits de diffusion du spectacle d’une créatrice de contenu.
France Télévisions monte au créneau
Sollicitée par Le Figaro, la direction de France Télévisions dément fermement ces chiffres, les qualifiant de « totalement erronés et fantaisistes ». Selon le groupe audiovisuel, le coût réel de l’acquisition des droits avoisinerait 200 000 euros, soit sept fois moins que le montant avancé sur W9, et resterait dans la moyenne habituelle pour la captation d’un concert de ce format. Gilles Verdez, autre chroniqueur de la même émission, a depuis nuancé les propos de son collègue, reconnaissant que France Télévisions n’avait jamais communiqué publiquement le détail de ce contrat. La chaîne concurrente n’a, à ce stade, produit aucun document venant étayer le chiffre initial.
Le service public sous surveillance budgétaire
La polémique tombe à un moment sensible pour l’audiovisuel public, financé à 86 % par des fonds publics selon les chiffres cités par Le Figaro. Un rapport parlementaire du député Charles Alloncle a récemment pointé la nécessité de plus d’un milliard d’euros d’économies dans le secteur. Dans ce climat de restriction budgétaire, chaque dépense liée à une personnalité du web, aussi populaire soit-elle auprès du jeune public, devient un argument de tribune tout trouvé pour les chroniqueurs d’une chaîne privée concurrente.
Deux chaînes, deux logiques concurrentes
« Tout beau tout 9 » est diffusée sur W9, une chaîne du groupe M6, directement concurrente de France Télévisions sur le marché publicitaire et sur celui de l’audience jeune. Ce contexte de rivalité commerciale n’invalide pas les questions posées sur l’usage de fonds publics.
Une bataille de chiffres sans arbitre
Ni Raymond Aabou ni France Télévisions n’ont pour l’instant publié le contrat signé pour l’acquisition des droits du spectacle. Le service public affirme sa version, l’équipe de Cyril Hanouna maintient la sienne, et le public tranche sur les réseaux sociaux à coups de captures d’écran. Cette absence de transparence contractuelle, courante dans l’audiovisuel, alimente à elle seule la défiance qu’expriment régulièrement les téléspectateurs envers le financement de la télévision publique. Un simple document comptable suffirait pourtant à clore le débat, mais aucune des deux parties ne semble pressée de le produire.
Vraie ou fantaisiste, la polémique aura eu le mérite de rappeler une évidence : sur le service public, chaque euro dépensé finit tôt ou tard par être compté deux fois, une fois par la direction, une fois par ses détracteurs. Reste à savoir si le montant exact sera un jour rendu public, chiffres à l’appui.