Donald Trump a signé un mémorandum présidentiel sur la sécurité nationale, publié jeudi 20 août 2026 sur le site de la Maison-Blanche. Le texte fixe un objectif chiffré : plus de 1000 lancements spatiaux et retours dans l’atmosphère chaque année d’ici à 2030, alors que les États-Unis en ont réalisé moins de 200 en 2025. Il confie à trois responsables six mois pour trouver de nouveaux sites de tir et assume la levée des freins environnementaux.
« D’ici 2030, nos zones de transport spatial doivent croître afin de permettre plus de 1000 lancements et retours dans l’atmosphère chaque année. » La phrase figure dans le National Security Presidential Memorandum publié jeudi 20 août 2026 par la Maison-Blanche, rapporté par Sciences et Avenir avec l’AFP.
Le point de départ est connu. En 2025, le nombre de lancements orbitaux effectués depuis le sol américain était inférieur à 200, la très grande majorité réalisés par SpaceX, société d’Elon Musk.
Ramené au calendrier, l’objectif signifie passer de moins d’un tir tous les deux jours à près de trois tirs par jour. Multiplier par cinq en quatre ans.
Six mois pour trouver des pas de tir
Le mémorandum confie aux ministres des Transports et de la Défense, ainsi qu’au patron de la Nasa, la tâche d’identifier dans les six prochains mois de nouveaux sites propices à ces futurs lancements. C’est la seule échéance intermédiaire du document.
L’objectif porte sur les « lancements et retours dans l’atmosphère ». Les deux mouvements entrent dans le décompte, ce qui suppose autant de couloirs de rentrée et de zones de récupération que de pas de tir. Les trois responsables désignés ont six mois pour dire où.
Le reste du texte met à jour la stratégie spatiale américaine en reprenant des mesures déjà édictées depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Six mois pour la cartographie, quatre ans pour la montée en charge : le calendrier laisse peu de marge aux procédures d’implantation.
La ligne qui compte tient en quelques mots
Le mémorandum intègre la volonté de lever les freins environnementaux à l’industrie spatiale. La dérégulation est assumée, au bénéfice du secteur privé. C’est la ligne qui rend l’objectif de 1000 lancements spatiaux tenable sur le papier, et c’est aussi la seule contrepartie que le document met sur la table.
Le texte charge par ailleurs la Nasa de « faciliter le transport commercial vers et depuis la Lune, de faciliter l’accès robotique commercial à Mars et d’explorer des voies commerciales pour envoyer des humains vers et depuis Mars ». Le verbe retenu par la Maison-Blanche est « faciliter », pas « conduire ».
« Les politiques énoncées dans ce mémorandum garantiront la supériorité continue des États-Unis dans l’espace », a déclaré Donald Trump.
Pékin, la Lune et l’échéance de 2028
La comparaison implicite se trouve à l’autre bout du monde. La Chine a considérablement développé ses programmes spatiaux depuis une trentaine d’années et espère envoyer des hommes sur la Lune dans les quatre ans à venir.
La cible américaine repose sur une base étroite. En 2025, la très grande majorité des tirs orbitaux réalisés depuis les États-Unis l’ont été par une seule société, SpaceX. Multiplier par cinq le nombre de lancements spatiaux suppose soit que cette société multiplie sa cadence, soit que d’autres opérateurs prennent le relais sur les nouveaux sites que le mémorandum demande d’identifier.
Donald Trump a dit croire, au printemps 2026, à un retour d’astronautes américains sur le sol lunaire avant la fin de son mandat, en 2028. Deux calendriers qui se recouvrent presque.
Le secteur privé chinois avance en parallèle. La société LandSpace a fait voler sa fusée réutilisable Zhuque-3 le 19 août 2026, soit la veille de la publication du mémorandum américain. La course se joue désormais sur la cadence de tir autant que sur la destination.
Les lancements spatiaux américains devront quintupler en quatre ans, depuis des sites qui restent à désigner et sous des règles environnementales que le mémorandum entend alléger. Le document fixe la cible et distribue les devoirs. Les six premiers mois diront où l’on tire.