Keiko Fujimori : une victoire historique au Pérou avec 50,13 % des voix dans une élection sous haute tension

Au terme d’un dépouillement long et disputé, Keiko Fujimori a été officiellement élue présidente du Pérou avec 50,13 % des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs de l’Office national des processus électoraux (ONPE). Cette victoire, obtenue à l’issue du second tour de la présidentielle du 7 juin 2026, marque un tournant majeur dans l’histoire politique du pays andin. Elle intervient dans un climat de fortes tensions politiques et de contestations électorales persistantes.

L’histoire politique du Pérou vient de s’écrire une nouvelle page, et elle porte une fois de plus le nom de Fujimori. Après plusieurs semaines d’incertitude et de recomptage des bulletins, Keiko Fujimori a été officiellement proclamée présidente élue avec 50,13 % des voix, contre 49,87 % pour son adversaire de gauche Roberto Sánchez, selon les résultats consolidés par l’ONPE et relayés par plusieurs médias internationaux.

Ce scrutin présidentiel, organisé dans le cadre des élections générales péruviennes de 2026, s’est déroulé le 7 juin, dans un pays déjà habitué à une forte instabilité institutionnelle. Le Pérou a en effet connu une succession rapide de chefs d’État au cours de la dernière décennie, sur fond de crises politiques répétées, de scandales de corruption et de tensions entre l’exécutif et le Parlement. L’élection de 2026 s’inscrit dans ce cycle d’instabilité chronique, où la légitimité politique semble constamment remise en question.

Dès le premier tour, Keiko Fujimori s’était imposée en tête avec environ 17 % des suffrages dans un paysage politique extrêmement fragmenté, marqué par la présence de plus d’une dizaine de candidats majeurs. Elle avait alors confirmé sa qualification pour le second tour face à Roberto Sánchez, représentant de la gauche péruvienne, dans une configuration révélatrice de la polarisation profonde du pays.

Le second tour, extrêmement serré, a rapidement été marqué par des contestations. Le camp de Roberto Sánchez a dénoncé des irrégularités, notamment autour du vote des électeurs péruviens de l’étranger, un élément qui aurait joué un rôle déterminant dans le résultat final. Ces accusations ont contribué à prolonger la phase de vérification des bulletins pendant près de trois semaines, alimentant les tensions politiques et les manifestations dans certaines grandes villes du pays.

Cette victoire consacre surtout le retour au pouvoir du fujimorisme, courant politique incarné par la famille de l’ancienne première dame et fille de l’ex-président Alberto Fujimori. Figure centrale et controversée de la vie politique péruvienne, Keiko Fujimori a déjà été plusieurs fois candidate à la présidence, échouant de peu en 2011, 2016 et 2021, chaque fois battue dans des scrutins extrêmement serrés.

Son parcours politique s’inscrit dans une histoire nationale complexe, marquée par l’héritage de son père, président du Pérou dans les années 1990, dont le bilan mêle lutte contre les guérillas et accusations de dérives autoritaires. Cette filiation continue de structurer les clivages politiques du pays, entre partisans d’un ordre fort et défenseurs de réformes institutionnelles profondes. Sur le plan politique, Keiko Fujimori a axé sa campagne sur la sécurité publique, la lutte contre la criminalité et la relance économique, dans un contexte de forte insatisfaction sociale. Son discours, souvent perçu comme ferme et conservateur, a trouvé un écho important dans les zones urbaines et auprès de certains électorats expatriés, selon les analyses des résultats électoraux.

La victoire de 2026 intervient également dans un climat régional marqué par une recomposition politique en Amérique latine, où plusieurs pays connaissent des alternances serrées entre gauche et droite. Au Pérou, ce basculement s’inscrit dans une dynamique de polarisation durable, où les élections se jouent désormais à quelques dizaines de milliers de voix seulement. La proclamation officielle de Keiko Fujimori est attendue le 28 juillet 2026, date symbolique de l’indépendance du Pérou. Elle deviendra alors la première femme élue présidente de la République par le vote populaire dans l’histoire du pays, ouvrant une nouvelle étape politique dont les contours restent encore incertains.

Sources :
Le Monde – 29 juin 2026 – https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/29/au-perou-keiko-fujimori-officiellement-elue-presidente-avec-50-13-des-voix_6716981_3210.html
Reuters – 29 juin 2026 – https://www.reuters.com/world/americas/keiko-fujimori-leads-perus-presidential-race-after-official-count-concludes-2026-06-29/
Al Jazeera – 6 juin 2026 – https://www.aljazeera.com/features/longform/2026/6/6/from-first-lady-to-inside-keiko-fujimoris-rise
El País – 30 juin 2026 – https://elpais.com/america/2026-06-30/a-la-cuarta-fue-la-vencida-keiko-fujimori-sera-presidenta-de-peru-con-las-actas-escrutadas-al-100.html
Wikipedia – Élection présidentielle péruvienne de 2026 – https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_p%C3%A9ruvienne_de_2026