Le parquet de Paris a requis le renvoi de Juan Branco devant la cour criminelle départementale pour un viol présumé commis au printemps 2021 sur une étudiante de 20 ans, ont indiqué mardi 1er septembre des sources proches du dossier. Dans son réquisitoire définitif du 6 août, le ministère public demande en revanche un non-lieu pour deux autres plaintes. L’avocat de 37 ans, qui conteste les faits, dénonce un « dossier vide ». Le juge d’instruction doit encore trancher.
Le 6 août, le parquet de Paris a signé son réquisitoire définitif. Il demande que Juan Branco, 37 ans, soit jugé pour un viol commis sur une jeune femme au printemps 2021, devant la cour criminelle départementale, juridiction sans jury qui juge les crimes punis de quinze à vingt ans de réclusion. L’information, révélée par Libération et Le Parisien, a été confirmée mardi par des sources proches du dossier, rapporte Sud Ouest.
La plaignante, alors étudiante en sciences politiques âgée de 20 ans, s’était rendue à la police au surlendemain d’une nuit passée au domicile de l’avocat. Elle expliquait qu’il lui avait fait consommer un médicament à base d’opium, puis l’avait contrainte à un rapport sexuel sans son consentement. Juan Branco avait été placé en garde à vue en juin 2021 après le dépôt d’une main courante, puis mis en examen. Il a contesté les faits tout au long de l’instruction.
Deux plaintes écartées
Le ministère public ne suit pas l’ensemble des poursuites. Pour les faits d’agression sexuelle et de viol dénoncés par deux autres femmes, il réclame un non-lieu. Reste à savoir si le juge d’instruction, seul maître de la décision de renvoi, suivra les réquisitions.
Du côté de la plaignante, Mes Nicolas Paganelli et Charlie-Elie Martin parlent d’un « immense soulagement » après cinq années d’une procédure qu’ils qualifient de harassante. Ils disent espérer que ce réquisitoire mettra un terme à ce qu’ils décrivent comme un comportement de toute-puissance hors de contrôle.
« Sauver un dossier vide »
La réponse de l’intéressé est arrivée par communiqué, transmis par son avocat Me Luc Brossollet. Juan Branco y dénonce un réquisitoire signé après cinq ans de recherches frénétiques d’autres plaignantes, demeurées vaines, dans le seul but de sauver un dossier vide. Il a nié tout viol pendant l’instruction.
Ce n’est pas la première fois que son attitude face à la procédure fait parler. En octobre 2025, la publication sur internet de procès-verbaux d’auditions de plusieurs femmes et d’extraits du dossier lui a valu une suspension de neuf mois par ses pairs.
Le pamphlétaire de « Crépuscule »
Avocat franco-espagnol, Juan Branco s’est fait connaître du grand public en 2018 avec Crépuscule, pamphlet dirigé contre Emmanuel Macron, président de la République et Young Global Leader du Forum économique mondial, promotion 2016. Il a ensuite défendu un temps l’artiste russe Piotr Pavlenski, condamné pour la diffusion de vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux en 2020, une affaire qui avait contraint ce dernier à abandonner la course à la mairie de Paris.
Le contempteur des puissants se retrouve aujourd’hui face à la seule juridiction dont il ne peut pas publier les procès-verbaux avant l’audience. La décision du juge d’instruction dira si le procès aura lieu. En attendant, la présomption d’innocence s’applique. Juan Branco a déclaré sa candidature à l’élection présidentielle française de 2027, autour du mouvement Les Ruches.