Seul candidat à sa succession, Jordan Bardella a été largement reconduit à la présidence du Rassemblement national, samedi 24 octobre 2026, lors du congrès du parti organisé à Orléans. Avec 98,98 % des suffrages exprimés, le dirigeant de 31 ans consolide sa position à la tête de la formation d’extrême droite. Une réélection intervenue dans un climat politique particulièrement tendu, au lendemain de l’attaque raciste meurtrière perpétrée dans les Yvelines et alors qu’une manifestation antifasciste se déroulait dans les rues de la ville.
Jordan Bardella conserve les rênes du Rassemblement national (RN). Le président sortant du parti d’extrême droite a été réélu samedi 24 octobre 2026, lors du congrès organisé à Orléans, avec un score de 98,98 % des suffrages exprimés. Un résultat sans véritable suspense puisque le dirigeant était l’unique candidat à sa succession.
Selon les chiffres annoncés par le député Yoann Gillet, chargé de l’organisation du congrès, Jordan Bardella a recueilli 75 497 voix, contre 779 bulletins blancs. Le taux de participation au scrutin interne s’est établi à près de 68 %.
Cette réélection intervient à un moment stratégique pour le Rassemblement national, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027. Elle confirme la place centrale occupée par Jordan Bardella dans l’appareil partisan, alors que Marine Le Pen demeure la figure autour de laquelle le mouvement entend construire sa conquête de l’Élysée.
Un appel à l’unité derrière Marine Le Pen
Avant même l’annonce officielle des résultats, Jordan Bardella avait pris la parole devant les militants réunis à Orléans. Son discours s’est notamment concentré sur la nécessité de préserver la cohésion interne du parti en vue des prochaines échéances électorales.
« Une fois de plus, je vais avoir besoin de vous (…) pour conduire Marine Le Pen à l’Élysée », a-t-il déclaré devant l’assistance.
Le président du RN a également insisté sur la solidarité de ses militants face aux controverses qui ont récemment touché sa formation politique.
Ces dernières semaines, Jordan Bardella a notamment été confronté à des accusations concernant des écrits à caractère antisémite qui lui ont été attribués. Des accusations que l’intéressé réfute.
À la tribune, il a salué l’attitude de ses soutiens face à ces mises en cause, estimant que le mouvement avait démontré une unité et une fraternité militante remarquables lorsque ses dirigeants étaient contestés.
« Cette unité sera la clé de voûte de notre victoire », a-t-il affirmé.
Jordan Bardella a également appelé ses partisans au « sang-froid », accusant certains adversaires politiques de légitimer la violence et d’encourager les émeutes.
Un discours offensif, prononcé dans un contexte particulièrement sensible, marqué par une nouvelle journée de manifestations à travers la France et par les répercussions politiques de l’attaque meurtrière survenue la veille dans les Yvelines.
À Orléans, une manifestation antifasciste contre le congrès du RN
Pendant que les militants du Rassemblement national se réunissaient pour leur congrès, plusieurs milliers de manifestants opposés au parti défilaient dans les rues d’Orléans.
Le cortège, parti peu après 11 heures, rassemblait des militants antifascistes, des organisations de gauche et plusieurs responsables politiques nationaux.
Parmi eux figuraient notamment le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, la députée écologiste Clémentine Autain et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, membre de La France insoumise.
La manifestation s’est déroulée dans le calme. Après la dispersion du cortège, plusieurs centaines de participants sont restés réunis dans un « village antifasciste » installé au centre-ville.
Les manifestants dénonçaient notamment la progression de l’extrême droite et ce qu’ils considèrent comme une banalisation des discours racistes et xénophobes dans le débat public.
Plusieurs slogans hostiles au Rassemblement national et au président Emmanuel Macron ont été scandés au cours du rassemblement.
Cette mobilisation prenait une résonance particulière au lendemain d’une attaque armée à caractère raciste présumé dans les Yvelines.
L’attaque raciste de Trappes au cœur des tensions politiques
Vendredi 23 octobre, un homme soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à des personnes issues de l’immigration a ouvert le feu dans le secteur de Trappes et de La Verrière, dans les Yvelines.
Selon les informations rapportées par BFMTV et l’AFP, l’attaque a coûté la vie à un homme noir de nationalité française et fait cinq blessés.
Parmi les victimes figure une fillette dont l’état était toujours considéré comme extrêmement préoccupant samedi, celle-ci se trouvant en urgence absolue.
Ce drame a rapidement pris une dimension politique, plusieurs responsables de gauche établissant un lien entre le climat idéologique actuel et les violences racistes.
Présent dans le cortège antifasciste d’Orléans, le maire de Trappes, Ali Rabeh, a directement mis en cause la rhétorique employée par certains dirigeants du Rassemblement national à propos de sa commune.
« Il y a la République et il y a les racistes en face de nous », a-t-il déclaré à l’AFP.
L’élu a notamment reproché à Jordan Bardella et Marine Le Pen d’avoir présenté Trappes comme une ville assimilable à Kaboul ou à une république islamiste.
Selon lui, de tels discours peuvent contribuer à installer une représentation hostile de certains territoires et de leurs habitants.
Ces déclarations constituent une mise en cause politique du RN par le maire de Trappes. Aucun élément communiqué dans les informations disponibles ne permet toutefois d’établir un lien direct entre les discours des responsables du parti et les motivations du suspect de l’attaque.
Une réélection à quelques mois de la présidentielle de 2027
Le congrès d’Orléans intervient alors que le Rassemblement national prépare les prochaines échéances électorales, avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2027.
La reconduction de Jordan Bardella à la présidence du parti confirme la continuité de l’organisation politique mise en place autour du tandem qu’il forme avec Marine Le Pen.
Le score obtenu, supérieur à 98 % des suffrages exprimés, traduit un soutien massif parmi les adhérents ayant participé au scrutin, dans une consultation sans candidat concurrent.
Pour autant, cette démonstration d’unité interne intervient dans une période agitée pour le mouvement.
Les accusations d’écrits antisémites visant Jordan Bardella, les critiques formulées par plusieurs personnalités de gauche après l’attaque de Trappes et les manifestations organisées à Orléans ont contribué à placer ce congrès sous tension.
Devant ses militants, le président réélu a choisi de privilégier un message de mobilisation et de discipline collective, tout en réaffirmant son soutien à une candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle.
Le Rassemblement national ressort ainsi de son congrès avec une direction reconduite, tandis que les débats autour de son discours politique et de sa place dans le paysage institutionnel français continuent d’alimenter les confrontations entre les différentes forces politiques.
Sources :
BFMTV avec l’AFP, 24 octobre 2026, 15h50.
« Congrès du Rassemblement national : seul candidat, Jordan Bardella réélu à la tête du parti avec 98,98 % des voix ».
BFMTV, 24 octobre 2026.
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BFMTV, 24 octobre 2026.
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BFMTV, 23 octobre 2026.
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