Jesús Owono, gardien du FC Andorre, a restreint l’accès à son compte Instagram mardi matin, submergé par des messages haineux, rapporte Foot Mercato en citant le quotidien espagnol AS. L’international équato-guinéen de 25 ans était directement impliqué dans le choc qui a coûté la vie à l’attaquant de Tenerife Jesús de Miguel, mort le 3 novembre. Ses proches assurent qu’il n’a jamais voulu blesser son adversaire.
La scène s’est jouée en fin de match. Lors de la 12e journée de deuxième division espagnole, à 2-2, Jesús de Miguel s’élève sur une ultime action. Jesús Owono sort de sa surface et le percute en l’air. Le gardien est expulsé. L’attaquant, évacué en soins intensifs, meurt quelques heures plus tard après une aggravation neurologique, selon la RTBF.
Selon Foot Mercato, le gardien était en larmes et en prière après la rencontre. Le FC Andorre indique qu’il souhaitait contacter le joueur et sa famille pour présenter ses excuses et leur témoigner son soutien.
Le tribunal des réseaux
Le temps du deuil n’a pas été celui des réseaux sociaux. Dès l’annonce du décès, les messages d’insultes et de menaces ont afflué sur les comptes du gardien. Mardi matin, il a restreint l’accès à son profil Instagram. Le titre de Foot Mercato évoque une fermeture de ses réseaux, le corps de l’article ne mentionne que cette restriction.
Le phénomène a même débordé. Selon un autre article du même site, un homonyme du gardien aurait été pris pour cible par erreur. Une illustration de la vitesse à laquelle la colère numérique se trompe de destinataire.
Andorre, le coeur brisé
Le club andorran a publié un communiqué de condoléances à la famille, aux coéquipiers et au CD Tenerife, disant avoir « le coeur brisé ». Ses proches insistent sur l’absence de toute intention de nuire. Sur les images, l’action relève du duel aérien entre un gardien qui sort et un attaquant qui s’élève, l’une des situations les plus dangereuses du football, sans que l’intention puisse être déduite de l’issue tragique.
Les instances disciplinaires devront se prononcer sur le carton rouge. Foot Mercato évoque aussi une enquête de la police espagnole, sans en détailler le contenu à ce stade.
Une victime collatérale
Le cas Owono rappelle d’autres affaires où des joueurs impliqués dans un accident de jeu ont été pris pour cible en ligne. Les clubs, les ligues et les syndicats de joueurs dénoncent régulièrement ce cyberharcèlement, sans réussir à l’endiguer. Les plateformes, elles, peinent à modérer en temps réel des vagues de messages qui se comptent par milliers en quelques heures.
Dans le football espagnol, où les questions de harcèlement et de racisme en ligne font déjà débat, le cas d’un gardien africain visé après un drame risque de relancer la question des sanctions contre les auteurs de messages haineux.
Un joueur est mort, un autre devra vivre avec. Entre les deux, les réseaux sociaux ont choisi de condamner avant toute enquête.
Source : Foot Mercato ; RTBF