L’influenceur Jeremstar a été relaxé par le tribunal correctionnel de Nîmes après son intrusion très médiatisée dans les arènes de la ville lors d’une corrida en septembre 2025. La justice a estimé que les poursuites engagées contre lui ne pouvaient prospérer, considérant que la corrida ne relevait pas juridiquement d’une compétition sportive. Une décision qui dépasse le simple cas de l’influenceur et qui pourrait avoir des conséquences sur les futures actions militantes contre la tauromachie.
Le tribunal correctionnel de Nîmes a rendu, le 9 juin 2026, une décision particulièrement scrutée par les défenseurs de la cause animale comme par les partisans de la corrida. L’influenceur Jeremstar, de son vrai nom Jérémy Gisclon, a été relaxé après avoir été poursuivi à la suite d’une action spectaculaire menée dans les arènes de Nîmes lors de la Feria des Vendanges, le 19 septembre 2025.
Les faits remontent à l’automne dernier. Alors qu’une corrida se déroulait dans les célèbres arènes nîmoises, l’influenceur lyonnais avait fait irruption sur la piste accompagné de militants de l’association de défense animale PETA France. L’opération visait à dénoncer la tauromachie et à attirer l’attention du public sur le sort réservé aux taureaux lors de ces spectacles. Une banderole portant un message hostile à la corrida avait alors été déployée devant des milliers de spectateurs.
Cette action avait immédiatement entraîné l’intervention des forces de l’ordre. Jeremstar avait été placé en garde à vue avant de faire l’objet de poursuites judiciaires. Le parquet lui reprochait notamment une intrusion dans une enceinte sportive ayant perturbé le déroulement d’une compétition, une infraction passible d’un an d’emprisonnement. Lors de l’audience tenue le 2 avril 2026, le ministère public avait requis une amende comprise entre 5 000 et 6 000 euros ainsi qu’une interdiction de fréquenter les arènes.
Au cœur du procès se trouvait une question juridique particulièrement singulière : la corrida peut-elle être considérée comme un sport au sens du droit français ? C’est précisément sur ce point que la défense de Jeremstar a construit son argumentation. Les avocats de l’influenceur soutenaient que l’infraction retenue ne pouvait être caractérisée puisque la tauromachie ne constitue pas une compétition sportive reconnue juridiquement. Le tribunal a finalement suivi cette analyse. Dans sa décision, la juridiction nîmoise a estimé que l’activité de corrida « ne saurait revêtir la qualité de sport » et que les arènes ne pouvaient donc être assimilées, dans ce contexte, à une enceinte sportive.
En conséquence, les délits reprochés n’étaient pas constitués et la relaxe a été prononcée pour Jeremstar ainsi que pour les quatre militants poursuivis à ses côtés. À la sortie du tribunal, l’influenceur n’a pas caché sa satisfaction. Figure médiatique suivie par plusieurs millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, Jeremstar s’est imposé ces dernières années comme un soutien régulier de plusieurs campagnes de protection animale. Il a affirmé assumer pleinement son action menée à Nîmes et a appelé à poursuivre les mobilisations contre la corrida.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de contestation croissante de la tauromachie en France. Bien que la corrida demeure autorisée dans certaines régions bénéficiant d’une tradition taurine locale reconnue par la loi, elle fait depuis plusieurs décennies l’objet d’une opposition grandissante portée par des associations de défense animale et une partie de l’opinion publique. Les militants dénoncent notamment la souffrance infligée aux taureaux durant les spectacles, tandis que les défenseurs de la corrida invoquent l’héritage culturel et les traditions du sud de la France.
Le procès de Jeremstar a ainsi largement dépassé la seule personne de l’influenceur. Pour les organisations anti-corrida, la décision du tribunal représente une victoire symbolique importante. PETA France a d’ailleurs qualifié la relaxe de « victoire historique », estimant qu’elle constitue une reconnaissance indirecte des arguments développés par les opposants à la tauromachie. L’affaire pourrait toutefois connaître un nouveau rebondissement. Quelques heures après le jugement, la procureure de Nîmes a annoncé que le parquet faisait appel de la décision. Le dossier n’est donc pas définitivement clos et pourrait être réexaminé par une juridiction supérieure dans les prochains mois.
En attendant, cette relaxe marque déjà une étape importante dans le débat autour de la corrida en France. Elle met en lumière les interrogations persistantes sur le statut juridique de ces spectacles et sur les moyens d’action des militants qui souhaitent obtenir leur abolition. Entre tradition culturelle et revendications éthiques, la question taurine continue de diviser profondément la société française, et le cas Jeremstar pourrait bien devenir une référence dans les futurs contentieux liés aux actions anti-corrida.
Sources :
- LyonMag – Jeremstar relaxé après son intrusion anti-corrida dans les arènes de Nîmes (09 juin 2026)
- AFP via Boursorama – Relaxé à Nîmes, Jeremstar appelle à d’autres actions anti-corrida (09 juin 2026)
- Le HuffPost – Jeremstar relaxé après son irruption en pleine corrida à Nîmes (09 juin 2026)
- Le Parisien – L’influenceur Jeremstar relaxé après une action anticorrida aux arènes de Nîmes (09 juin 2026)
- PETA France – Victoire historique pour les anti-corrida : Jeremstar et les militants de PETA relaxés à Nîmes (09 juin 2026)
- Wikipédia – Opposition à la corrida (consulté en juin 2026)
