La cour d’appel de Lyon a confirmé, mardi 1er septembre 2026, la relaxe de Rue89Lyon dans le procès en diffamation intenté par Jean-Michel Aulas et son fils Alexandre. Le litige portait sur une enquête publiée en 2023 concernant leurs investissements dans une activité de jets privés à Miami et le recours à des structures situées dans des paradis fiscaux. La juridiction n’a toutefois pas retenu le caractère abusif de la procédure.
Rue89Lyon obtient une deuxième décision favorable face à Jean-Michel et Alexandre Aulas. Mardi 1er septembre 2026, la cour d’appel de Lyon a confirmé la relaxe du média indépendant dans l’affaire de diffamation qui l’opposait à l’ancien président de l’Olympique lyonnais et à son fils.
Cette décision confirme celle prononcée en première instance. Le contentieux trouve son origine dans une enquête publiée en octobre 2023 sous le titre « Les Aulas s’envolent en jets privés vers les paradis fiscaux ». Signé par les journalistes Moran Kerinec et Raphaël Da Silva, l’article s’intéressait au montage financier utilisé par Jean-Michel et Alexandre Aulas pour investir dans une activité de jets privés basée à Miami, aux États-Unis.
Selon Rue89Lyon, ce montage impliquait le recours à des structures implantées dans des paradis fiscaux. Une enquête que les deux hommes avaient décidé de contester devant la justice sur le terrain de la diffamation.
Les termes « offshore », « tortueux » et « poupées russes » au cœur du litige
Le procès ne concernait pas seulement les mécanismes financiers décrits par le média. Plusieurs formulations employées par les journalistes se trouvaient également au centre de la procédure.
Jean-Michel et Alexandre Aulas reprochaient notamment à Rue89Lyon d’avoir évoqué les déplacements en jet privé de Jean-Michel Aulas. Ils contestaient également l’emploi des mots « offshore » et « tortueux », ainsi que de l’expression « poupées russes », utilisés dans l’enquête pour caractériser le montage financier étudié.
En première instance, le tribunal avait rejeté le caractère diffamatoire de ces éléments. Selon les termes de la décision rapportés par Rue89Lyon, les informations incriminées n’étaient pas « de nature à susciter dans un lectorat présumé raisonnable une quelconque opprobre ». La juridiction avait également relevé la prudence avec laquelle les journalistes avaient formulé leurs affirmations.
La confirmation de la relaxe en appel constitue donc une nouvelle décision favorable à Rue89Lyon concernant le contenu de son enquête de 2023.
La procédure abusive n’est pas retenue en appel
La cour d’appel n’a toutefois pas suivi entièrement la décision rendue en première instance. Jean-Michel et Alexandre Aulas n’ont pas été condamnés pour procédure abusive. Cette décision a une conséquence financière directe pour Rue89Lyon : les frais d’avocat engagés par le média ne seront pas remboursés par les plaignants, contrairement à ce qui avait été décidé lors du premier jugement.
Le média lyonnais fait part de sa déception et continue, pour sa part, de qualifier cette action judiciaire de « procédure bâillon », expression généralement utilisée pour désigner des procédures susceptibles d’exercer une pression financière et judiciaire sur des médias, journalistes ou acteurs de la société civile.
Rue89Lyon rappelle que Jean-Michel et Alexandre Aulas n’avaient pas répondu aux sollicitations de ses journalistes avant la publication de l’enquête. Ils avaient ensuite engagé une procédure en diffamation après sa mise en ligne.
Selon le compte rendu publié par le média, les avocats des Aulas n’avaient pas contesté devant la justice la véracité des informations exposées dans l’enquête, leur argumentation portant sur les termes choisis pour les présenter.
Une procédure coûteuse pour le média indépendant
Au-delà du débat juridique, Rue89Lyon insiste sur les conséquences matérielles de cette bataille judiciaire. Pour cette rédaction indépendante, le procès a représenté un investissement important en temps, en énergie et en frais d’avocat.
Le média souligne également que Jean-Michel et Alexandre Aulas n’ont pas assisté personnellement aux audiences et ont été représentés par leurs avocats.
La procédure n’est cependant pas nécessairement terminée. D’après Rue89Lyon, Jean-Michel et Alexandre Aulas disposent désormais d’un délai de trois jours pour former un pourvoi en cassation s’ils souhaitent contester l’arrêt de la cour d’appel.
L’affaire s’inscrit dans le prolongement des investigations menées par Rue89Lyon autour des investissements de la famille Aulas. Après son enquête initiale d’octobre 2023, le média avait publié en novembre 2025 un nouvel article présentant les éléments sur lesquels reposaient ses investigations.
En juillet 2026, Rue89Lyon avait également rapporté la vente d’Embassair, présentée comme la société au cœur du procès. La relaxe confirmée le 1er septembre 2026 constitue ainsi un nouvel épisode judiciaire d’une affaire commencée près de trois ans auparavant.
Sources :
Rue89Lyon, « Les Aulas et les paradis fiscaux : Rue89Lyon de nouveau relaxé ! », 1er septembre 2026.
Rue89Lyon, « Les Aulas s’envolent en jet privé vers les paradis fiscaux », 16 octobre 2023.
Rue89Lyon, « Aulas et les paradis fiscaux : les preuves de notre enquête », 15 novembre 2025.
Rue89Lyon, « Les Aulas vendent Embassair, la société au cœur du procès contre Rue89Lyon », 24 juillet 2026.