
Midterms 2026 : au lendemain de la perte du Congrès par les républicains, le vice-président JD Vance a attribué la défaite à la guerre en Iran, dans un long message publié sur X le 4 novembre. Il évoque aussi le coût de la vie et des électeurs de Trump passés chez les démocrates. Donald Trump dit comprendre, sans regretter sa décision. Une prise de distance prudente, à deux ans de la présidentielle de 2028.
Le vice-président a pris la plume lui-même. Selon Politico, cité par le quotidien Israel Hayom, JD Vance a rédigé seul ce message de 614 mots et prévenu la Maison-Blanche avant de le publier. Au milieu des chiffres et des analyses, une phrase résume tout : « La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre. »
Le diagnostic ne s’arrête pas au conflit. JD Vance cite la hausse du coût de la vie et la frustration d’électeurs qui avaient voté Donald Trump en 2024 et ont choisi les démocrates en 2026. Selon lui, la base républicaine s’est bien mobilisée, mais une partie a changé de camp. Il rapporte qu’un sondeur a identifié quatre conditions pour les faire revenir : mettre fin à la guerre, s’attaquer au coût de la vie, défendre l’Amérique d’abord et revoir la relation avec Israël. Donald Trump Jr a salué le message sur X.
Trump comprend, mais ne regrette rien
La réponse présidentielle est venue le jour même. Donald Trump a dit comprendre la position de son vice-président, tout en maintenant que la décision d’entrer en guerre était la bonne. Il a refusé de fixer un calendrier de sortie, affirmant que le conflit prendrait fin quand il le déciderait, et répété que les États-Unis n’accepteraient pas un Iran doté de l’arme nucléaire. Un haut responsable de la Maison-Blanche a assuré à Politico que le président n’était nullement contrarié par la publication.
Les urnes donnent en partie raison au vice-président. Selon une enquête de l’Associated Press menée auprès de plus de 100 000 électeurs, environ six Américains sur dix jugent erronée la décision d’employer la force militaire contre l’Iran. Le coût de la vie et la corruption arrivent toutefois en tête des préoccupations, devant la guerre.
Le réticent de la première heure
La distance n’est pas nouvelle. Peu après le début des hostilités, Donald Trump avait lui-même reconnu que JD Vance était philosophiquement un peu différent de lui sur cette guerre. En avril, le vice-président s’était rendu à Islamabad, au Pakistan, pour des discussions visant à y mettre fin. Son message de mercredi formalise ce que Washington savait déjà.
Le vice-président s’est aussi livré à une lecture chiffrée du scrutin, à prendre comme son interprétation. En Floride, affirme-t-il, l’électorat mobilisé restait plus républicain que démocrate de neuf points, soit à peine moins qu’en 2024, preuve selon lui que la base n’a pas déserté. Ailleurs, la vague a emporté des bastions : au Michigan, le démocrate Abdul El-Sayed a remporté le siège de sénateur.
Le calcul est délicat. Considéré comme l’un des principaux héritiers possibles de Donald Trump, JD Vance doit parler aux électeurs déçus sans rompre avec un président dont il a encore besoin. Il continue d’ailleurs de défendre d’autres politiques de l’administration, comme les droits de douane et les expulsions d’immigrés, qui figurent aussi parmi les sources de mécontentement. Selon Israel Hayom, le secrétaire d’État Marco Rubio, partisan d’une ligne dure face à Téhéran, pourrait se retrouver fragilisé si la guerre s’impose comme une erreur stratégique.
Dans le camp républicain, la course de 2028 vient de commencer, et elle part de Téhéran. JD Vance a choisi son couloir. Reste à savoir combien de temps on peut courir à côté du président sans le doubler.
Sources : Le Figaro ; Israel Hayom