Le général d’armée Jacques de Montgros a officiellement pris ses fonctions de chef d’état-major de l’Armée de terre le 26 juillet 2026. Il succède au général Pierre Schill à la tête d’une force qui compte près de 130 000 militaires et personnels civils. Cette nomination se distingue par le profil de son titulaire : jusqu’à cette prise de fonctions, Jacques de Montgros dirigeait la Direction du renseignement militaire (DRM), l’un des services stratégiques les plus sensibles des armées françaises.
Après plus de quatre années passées à la tête du renseignement militaire, il prend désormais le commandement opérationnel de l’Armée de terre. Ce parcours illustre le poids croissant accordé au renseignement dans la conduite des opérations militaires contemporaines, alors que les conflits en Ukraine, au Moyen-Orient ou en Afrique ont montré le rôle déterminant de la collecte et de l’exploitation des informations sur le terrain.
Un spécialiste du renseignement aux commandes de l’Armée de terre
Né le 15 juin 1969 au Petit-Quevilly (Seine-Maritime), Jacques Langlade de Montgros est issu de la promotion Général Delestraint de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, qu’il intègre en 1988 avant de poursuivre sa formation à l’École de cavalerie de Saumur.
Sa carrière est largement construite autour des unités blindées et parachutistes. Il effectue une première affectation au 1er régiment de hussards parachutistes (1er RHP) de Tarbes en 1992 comme chef de peloton blindé puis chef de commando parachutiste. Au cours de ces premières années, il participe à plusieurs opérations extérieures en Bosnie, au Rwanda et au Tchad.
Après un passage au 2e régiment de dragons et une formation à Fort Knox, aux États-Unis, il revient au 1er RHP où il commande une unité engagée notamment en République centrafricaine, au Tchad et en Bosnie.
Une expérience progressivement orientée vers le renseignement
Au fil de sa carrière, Jacques de Montgros s’oriente de plus en plus vers les fonctions de planification et de renseignement.
Après un premier passage à l’État-major des armées au début des années 2000 et plusieurs déploiements en Afghanistan, il suit la formation de l’École de guerre avant d’occuper différents postes de responsabilité au sein de l’appareil militaire.
Entre 2007 et 2010, il travaille au bureau réservé du cabinet du ministre de la Défense, où il est chargé des relations avec les services de renseignement du ministère.
Il dirige ensuite, entre 2015 et 2017, le bureau renseignement du Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), structure chargée de préparer et conduire les opérations militaires françaises à l’étranger. Il rejoint ensuite le cabinet de la ministre des Armées Florence Parly, où il suit notamment les dossiers liés aux opérations et aux relations internationales.
Directeur du renseignement militaire depuis 2022
Le tournant majeur de sa carrière intervient le 13 avril 2022 lorsqu’il succède au général Éric Vidaud à la tête de la Direction du renseignement militaire (DRM). À cette occasion, il est élevé au rang de général de corps d’armée.
La DRM constitue l’un des principaux services de renseignement français. Placée sous l’autorité du chef d’état-major des Armées, elle est chargée de fournir aux autorités politiques et militaires les renseignements d’intérêt militaire issus de satellites, d’écoutes, de drones, d’images aériennes ou encore de sources humaines. Ses analyses contribuent directement à la préparation des opérations extérieures ainsi qu’à l’évaluation des menaces pesant sur les intérêts français.
En prenant la direction de la DRM, Jacques de Montgros succédait à Éric Vidaud dans un contexte marqué par le déclenchement de la guerre en Ukraine quelques semaines auparavant, conflit qui a remis le renseignement militaire au premier plan des stratégies de défense occidentales.
Une longue expérience du commandement
Parallèlement à ses fonctions de renseignement, Jacques de Montgros a également exercé plusieurs commandements opérationnels.
Colonel à partir de 2008, il commande le 1er régiment de hussards parachutistes de Tarbes entre 2010 et 2012. Il prend ensuite part aux travaux de transformation stratégique de l’État-major des armées avant de suivre les formations du Centre des hautes études militaires (CHEM) et de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).
Promu général de brigade en 2019, il commande la 11e brigade parachutiste, la base de défense Toulouse-Tarbes-Castres ainsi que la mission de formation de l’Union européenne en République centrafricaine (EUTM RCA). Cette mission est notamment confrontée aux tensions provoquées par l’implantation du groupe Wagner dans le pays.
Une nomination stratégique
La désignation de Jacques de Montgros à la tête de l’Armée de terre intervient dans un contexte international marqué par le retour des conflits de haute intensité, l’accélération des investissements militaires européens et l’importance croissante du renseignement dans la conduite des opérations.
En confiant le commandement de l’Armée de terre à un officier ayant dirigé pendant plus de quatre ans le renseignement militaire français, les autorités placent à la tête des forces terrestres un profil dont l’expérience couvre à la fois le commandement de terrain, les opérations extérieures, la planification stratégique et les activités de renseignement.
Commandeur de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du Mérite, Jacques de Montgros dirige désormais l’Armée de terre française après un parcours qui l’a conduit des unités parachutistes aux plus hautes responsabilités du renseignement militaire.
Sources : Wikipedia, La République des Pyrénées