Dans la soirée du jeudi 11 juin 2026, le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), bastion historique de la gauche et du Parti communiste français depuis plus d’un siècle, a été le théâtre d’une scène inédite et particulièrement tendue. Kevin Nader, élu du Rassemblement national, a sorti un crucifix et récité à voix haute la prière « Je vous salue Marie » après le rejet d’un amendement visant à interdire les signes religieux ostensibles au sein de l’assemblée.
Le groupe RN avait proposé d’ajouter un article au règlement intérieur du conseil municipal : « Dans l’exercice de toute fonction de représentation de la collectivité, le port d’un signe ou d’une tenue manifestant ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. » Cette proposition intervenait alors que plusieurs femmes portant le voile assistaient ou participaient à la séance.
L’amendement a été immédiatement rejeté. Kevin Nader a alors réagi en ces termes : « Puisque vous refusez d’être placé sous le signe de la laïcité dans ce conseil municipal […], on sera placé sous le signe de la croix. » Il a sorti un petit crucifix et entonné la prière catholique, provoquant une vive émotion dans la salle.
La réaction virulente du maire PCF
Philippe Bouyssou, maire communiste d’Ivry et franc-maçon a immédiatement dénoncé un « crime politique ». Visiblement hors de lui, il a tapé du poing sur la table et déclaré : « Jamais le conseil municipal d’Ivry n’a été insulté de cette façon. » Il a accusé l’élu RN de « stigmatiser » des conseillères municipales et a suspendu la séance, annonçant qu’il saisirait le préfet.
La vidéo de la scène, diffusée par Le JDD, montre la tension extrême : le maire, rouge de colère, perdant son calme face à une action symbolique qui visait, selon Kevin Nader, à mettre en lumière une « laïcité à géométrie variable ».
Contexte et réactions
Ivry-sur-Seine, souvent qualifiée d’« Ivry la Rouge », est un fief de la gauche radicale. Le RN y mène une opposition active, notamment sur les questions budgétaires et sociétales. Kevin Nader a confié au JDD avoir été hué et traité de raciste à la sortie, tout en affirmant vouloir continuer à « exposer leur mensonge ».
Cette affaire ravive le débat récurrent sur la laïcité en France. D’un côté, les soutiens de l’élu RN y voient une réponse légitime à l’acceptation de signes religieux musulmans dans des enceintes républicaines. De l’autre, ses détracteurs dénoncent une provocation et une atteinte au caractère laïc des institutions publiques. Certains ont rappelé que la prière en public dans un conseil municipal pose question, tandis que d’autres soulignent l’hypocrisie d’une laïcité qui tolérerait certains signes et pas d’autres.
@leJDDL’incident intervient dans un contexte national tendu où les questions d’identité, de religion et de neutralité de l’espace public occupent régulièrement le devant de la scène politique.Cette séquence, devenue virale, illustre les fractures profondes qui traversent la société française sur le rapport entre religion, politique et République. Elle sera sans doute scrutée par les autorités préfectorales et alimentera encore longtemps les discussions sur les limites de la laïcité au XXIe siècle.
Source : Le JDD
