Vue satellite du détroit d'Ormuz

Iran : Donald Trump confirme des frappes contre une défense aérienne

Donald Trump a confirmé mardi 3 novembre des frappes américaines contre une infrastructure de défense antiaérienne en Iran, rapportent Le Monde et l’AFP. Selon la presse américaine, elles ont visé l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz. Le président américain les qualifie de limitées et défensives, tout en affirmant qu’un accord avec Téhéran n’est pas loin. L’Iran dit se réserver le droit de se défendre.

C’est sur Fox News que Donald Trump a confirmé l’opération. Selon le président américain, l’Iran avait mis environ deux mois à construire ce système antiaérien. Washington l’aurait regardé se monter, avant de le frapper une fois achevé, la veille au soir. Il assure l’avoir fait « très gentiment », selon l’AFP, et parle d’une attaque mineure.

Le Wall Street Journal, cité par plusieurs médias, situe la cible sur l’île de Qeshm, la plus grande du golfe Persique, à l’entrée du détroit d’Ormuz. Le commandement central américain n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP. L’armée israélienne a démenti toute participation.

Une guerre et des pourparlers

Ces frappes s’inscrivent dans un conflit ouvert depuis février. Selon les éléments rapportés par l’AFP, une frappe américano-israélienne a tué le 28 février le Guide suprême Ali Khamenei. Les États-Unis imposent depuis un blocus, que l’Iran chercherait à contourner pour s’approvisionner en matériel militaire.

Dans le même temps, la diplomatie se poursuit. Des pourparlers qualifiés d’intenses sont en cours pour mettre fin à la guerre. Le Qatar dit toujours espérer un accord. Téhéran s’est déclaré prêt à rouvrir le détroit d’Ormuz sous deux jours, sous conditions. Donald Trump met en avant ces progrès diplomatiques, alors même que les frappes continuent.

Téhéran, le doigt sur la gâchette

Côté iranien, le ton reste ferme. Téhéran affirme avoir le droit de se défendre après les frappes sur Qeshm et se dit prêt au combat. Le président Masoud Pezeshkian a toutefois estimé qu’une reprise des hostilités avec les États-Unis ne profiterait à personne. À Téhéran, un panneau publicitaire menaçant le président américain a été affiché, selon des médias. Pékin a de son côté réaffirmé son soutien à l’Iran dans la défense de sa souveraineté.

Ormuz, verrou du pétrole mondial

Le choix de la cible n’a rien d’anodin. Le détroit d’Ormuz est l’un des passages maritimes les plus stratégiques du monde, par où transite une part majeure du pétrole et du gaz naturel liquéfié exportés par les pays du Golfe. Toute perturbation y fait réagir immédiatement les marchés de l’énergie. Neutraliser une défense antiaérienne sur Qeshm, c’est aussi protéger la liberté d’action américaine dans cette zone.

Le calendrier interroge enfin. Les frappes interviennent le jour même des élections de mi-mandat aux États-Unis, où la politique étrangère s’est invitée dans la campagne. Donald Trump y défend l’image d’un président capable de frapper tout en négociant.

Frapper et négocier

La méthode n’est pas nouvelle. Exercer une pression militaire graduée pour peser sur une négociation fait partie de la doctrine affichée par la Maison-Blanche. Le risque est connu aussi : une frappe jugée mineure à Washington peut être perçue comme une escalade à Téhéran.

Un accord est proche, dit Donald Trump. Sur Qeshm, ce sont pour l’instant les missiles qui parlent.


Sources : Le Monde ; The Times of Israël / AFP ; BFMTV