La justice iranienne a annoncé, mardi 2 juin, la pendaison de trois hommes reconnus coupables de viols sur des mineurs dans différentes régions du pays. Ces exécutions interviennent dans un contexte de recours massif à la peine de mort en Iran, où les ONG recensent plus de 1 600 exécutions en 2025, un niveau inédit depuis plusieurs décennies.
La justice iranienne a confirmé mardi 2 juin l’exécution par pendaison de trois hommes reconnus coupables de viols sur mineurs dans différentes régions du pays.
Selon l’agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire, deux hommes ont été exécutés après avoir été condamnés pour le viol d’un adolescent de 14 ans dans la ville de Ghorveh, dans l’ouest de l’Iran, en août 2024. Leur peine a été confirmée par la Cour suprême iranienne avant l’exécution.
Dans un autre dossier, un troisième homme a été exécuté à Rasht, dans le nord du pays, pour le viol et le meurtre d’un enfant de 10 ans, commis en août 2025.
La justice iranienne rappelle que « le meurtre et le viol sont passibles de la peine de mort en Iran », un cadre pénal particulièrement strict qui inclut également d’autres infractions comme le trafic de drogue, l’espionnage ou encore le blasphème.
L’Iran au premier rang mondial des exécutions en 2025 selon Amnesty
Ces exécutions s’inscrivent dans un contexte beaucoup plus large mis en lumière par Amnesty International. Dans son rapport publié en mai 2026, l’organisation indique que 2025 a enregistré un niveau record avec 2 707 exécutions dans 17 pays, le chiffre le plus élevé depuis plus de 40 ans.
Selon Amnesty, l’Iran apparaît comme le principal moteur de cette hausse mondiale, avec au moins 2 159 exécutions recensées, soit plus du double par rapport à 2024.
Le rapport souligne explicitement que les autorités iraniennes sont « les principales responsables de cette augmentation », concentrant à elles seules une part dominante des exécutions mondiales, loin devant les autres pays concernés.
Dans le détail, après l’Iran, figurent notamment l’Arabie saoudite avec 356 exécutions, puis les États-Unis avec 47, selon les données compilées par Amnesty.
Une hausse globale de 78 % des exécutions en un an
Le rapport d’Amnesty International met également en évidence une augmentation globale de 78 % des exécutions en 2025 par rapport à 2024, où environ 1 518 cas avaient été recensés.
L’organisation précise également que ces chiffres n’incluent pas la Chine, où les données restent classées secret d’État, mais qui demeure selon Amnesty le pays procédant au plus grand nombre d’exécutions au monde.
Un recours massif à la peine de mort dans un climat de critiques
Avec ce niveau d’exécutions, l’Iran est de nouveau au centre des critiques des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent un usage extensif de la peine capitale, notamment dans des affaires liées aux drogues ou à des infractions pénales graves.
Amnesty et plusieurs ONG internationales alertent également sur l’usage de la peine de mort comme outil de dissuasion et de contrôle social dans un contexte politique tendu.
Sources :
Le Figaro
Amnesty International
