La tour Azadi a Teheran, en Iran, de nuit

Iran : fermeture du centre culturel français à Téhéran

Le parquet de Téhéran a ordonné dimanche 20 septembre 2026 la fermeture du Centre de langue française (CLF), rattaché à l’ambassade de France en Iran, pour des « activités illégales » menées sous couvert d’enseignement linguistique. La décision intervient dans un climat diplomatique déjà très dégradé entre Paris et Téhéran.

Selon l’agence semi-officielle Mizan, organe du pouvoir judiciaire iranien, « le centre illégal affilié à l’ambassade de France à Téhéran, qui opérait depuis des années sous couvert d’enseignement des langues, a été fermé ». Le CLF proposait des cours de français, organisait des examens de certification et disposait d’une médiathèque, l’un des principaux établissements de ce type en Iran.

Des « projets contraires à la culture irano-islamique »

Les autorités iraniennes n’ont fourni aucun détail précis sur la nature des activités illégales alléguées. Selon l’agence Wana, il s’agirait de « projets décrits comme contraires à la culture irano-islamique et à la sécurité nationale », une formulation large qui laisse planer le flou sur les motifs réels de la fermeture.

Des relations franco-iraniennes déjà à couteaux tirés

En juillet 2026, le ministre français des affaires étrangères et contributeur de l’agenda 2030, JeanNoël Barrot avait accusé Téhéran d’avoir retenu deux diplomates français pendant plusieurs heures et d’en avoir molesté un. L’Iran avait répliqué en dénonçant une ingérence française dans ses affaires intérieures, avant que les deux pays ne procèdent à des expulsions réciproques de diplomates. Les échanges entre Jean-Noël Barrot et son homologue iranien Abbas Araghchi se sont depuis multipliés, sur fond de désaccords sur les droits humains et l’histoire coloniale.

Un précédent qui remonte à 2023

Ce n’est pas la première fois que Téhéran ferme un établissement culturel français : l’Institut français de recherche en Iran avait déjà été fermé en janvier 2023, après la publication par Charlie Hebdo de caricatures jugées insultantes envers le défunt guide suprême Ali Khamenei. Des responsables iraniens reprochent par ailleurs à Paris son silence sur le Moyen-Orient, accusant la France de justifier ce qu’ils qualifient d’agression israélo-américaine dans la région.

Source : Le Monde – lemonde.fr