Le couvre-feu à l’île Maurice est prolongé les nuits des 14 et 15 octobre après plusieurs jours de manifestations et de violences. Les troubles se sont intensifiés après qu’un policier a grièvement blessé une femme par balle à Camp-Levieux, le 9 octobre. La police fait état de 94 arrestations depuis le début des événements.
Les autorités mauriciennes ont reconduit le couvre-feu pour les nuits du mercredi 14 et du jeudi 15 octobre 2026, après de nouveaux incidents dans plusieurs secteurs du pays. Selon Le Figaro, la mesure doit s’appliquer de 20 h 30 à 5 heures. Elle fait suite à une première nuit de restrictions, de mardi à mercredi, pendant laquelle la circulation devait être interdite de 20 h 30 à 6 heures.
Cette décision intervient après plusieurs jours de manifestations et de violences, aggravées par un tir policier survenu vendredi 9 octobre à Camp-Levieux, au sud de Port-Louis. Une femme a été grièvement blessée. D’après Le Monde, 84 personnes ont été interpellées mardi. Les faits relevés par la police comprennent des pillages, des incendies, des violences et des infractions au couvre-feu. Le bilan communiqué le 14 octobre atteint 94 arrestations depuis le début des troubles, selon Africanews et Franceinfo – Outre-mer La 1ère.
Un tir policier au centre des manifestations
La femme blessée à Camp-Levieux est âgée de 27 ans, rapporte Franceinfo – Outre-mer La 1ère. Atteinte au visage, notamment à la mâchoire selon ce média, elle a été hospitalisée et opérée. Les informations disponibles font état de blessures graves, sans permettre d’établir à ce stade leurs conséquences à long terme.
Le policier impliqué dans le tir a été arrêté puis présenté à la justice, selon Franceinfo – Outre-mer La 1ère. Il a été placé en détention provisoire dans le cadre de poursuites provisoires relatives à l’usage de son arme et aux blessures infligées. Cette procédure judiciaire suit son cours tandis que les manifestations déclenchées après le tir ont donné lieu à d’autres interventions des forces de l’ordre.
Les événements ne se résument toutefois pas à cet incident. Le Figaro fait état de mobilisations antérieures liées aux pénuries d’eau et à la hausse du coût de la vie. Le tir du 9 octobre a accentué les tensions dans ce contexte. Distinguer ces préoccupations des violences qui ont suivi permet de rendre compte à la fois des motifs de mobilisation et des faits faisant l’objet d’interpellations.
Des dégradations et un bilan policier en hausse
Des barrages routiers et des pneus incendiés ont été signalés au cours des troubles, de même que des affrontements avec les forces de l’ordre. Selon Africanews, deux supermarchés ont été visés par des pillages et des attaques ont touché des commissariats ainsi que d’autres équipements publics. Le gouvernement mauricien a également fait état de sept policiers blessés, rapporte ce média.
Les 84 interpellations annoncées pour la seule journée de mardi représentent la majeure partie des 94 arrestations recensées depuis le début des événements. Ces chiffres portent sur des faits de nature différente : pillages, incendies, dégradations, violences ou violations du couvre-feu. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer combien de personnes ont pris part aux manifestations ni d’attribuer l’ensemble des dégradations aux manifestants.
La reconduction des restrictions dans la soirée de mercredi et celle de jeudi montre que les autorités ne considéraient pas les troubles comme terminés au matin du 14 octobre. Le couvre-feu reste une mesure limitée dans le temps et appliquée à certains secteurs, plutôt qu’une interdiction permanente de circuler sur l’ensemble de l’île.
Des répercussions sur la vie quotidienne
La situation a aussi affecté des services publics. Reuters fait état de fermetures temporaires d’établissements scolaires après une nuit de troubles. Les restrictions de déplacement compliquent par ailleurs les activités du soir dans les zones concernées, même si les informations disponibles ne permettent pas de mesurer précisément leur effet sur l’ensemble de la population.
À la date du 14 octobre, deux évolutions restent à suivre séparément : celle de l’enquête sur le tir qui a blessé la jeune femme et celle des troubles ayant motivé les arrestations et le couvre-feu. Les premières informations judiciaires concernent le policier mis en cause ; elles ne préjugent ni de l’issue de la procédure ni de celle des autres dossiers ouverts après les violences.
La prolongation du couvre-feu jusqu’à la nuit du 15 octobre témoigne de la persistance des tensions malgré les interpellations. La suite dépendra à la fois de l’évolution de la situation dans les secteurs concernés et des procédures judiciaires engagées après le tir et les violences.
Sources
Africanews : https://fr.africanews.com/2026/10/14/ile-maurice-un-couvre-feu-partiel-decrete-apres-des-manifestations-violentes/
Franceinfo – Outre-mer La 1ère : https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/ile-maurice/ile-maurice-une-jeune-femme-grievement-blessee-a-la-machoire-par-le-tir-d-un-policier-a-l-origine-de-manifestations-1747533.html
Franceinfo – Outre-mer La 1ère : https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/l-ile-maurice-se-releve-doucement-des-affrontements-et-du-couvre-feu-impose-dans-la-nuit-de-mardi-a-mercredi-1747914.html