IHU Méditerranée Infection : 853 publications jugées problématiques par une revue liée au WEF

Sur 2 674 publications de l’IHU Méditerranée Infection passées au crible, 853 présentent des problèmes éthiques. C’est la conclusion de neuf chercheurs spécialisés dans la détection des fraudes scientifiques, publiée le 12 août dans la revue Research Integrity and Peer Review publiée par BMC (BioMed Central) qui partie du groupe Springer Nature, membre du Forum économique mondial. Soixante-quatre articles ont déjà été rétractés, 270 autres font l’objet d’une expression de préoccupation.

Le chiffre est brut : 853 articles sur 2 674, publiés entre 1994 et 2024. Près d’un tiers de la production de l’institut marseillais autrefois dirigé par Didier Raoult présente, selon les auteurs, « divers problèmes éthiques ».

Selon eux, soixante-quinze études auraient été menées sans approbation préalable. Cent quatre-vingt-quatorze décrivent des recherches conduites à l’étranger sans autorisation locale. Trois cent quarante-trois ne mentionnent aucune approbation éthique. Et 426 soulèvent des interrogations sur des prélèvements réalisés auprès de volontaires sains.

Le cadre autorisé, et ce qui déborde

Les auteurs relèvent un mécanisme précis : des approbations obtenues pour des études rétrospectives, c’est-à-dire l’analyse de données déjà collectées, auraient servi de couverture à des travaux impliquant des prélèvements actifs, notamment oropharyngés. Ce n’est pas un détail de procédure, selon eux. Un comité d’éthique qui autorise la relecture d’un dossier médical n’autorise pas, ce faisant, à passer un écouvillon dans la gorge d’un volontaire, estiment-ils.

L’équipe de chercheurs déplore par ailleurs la « coopération limitée » de l’université d’Aix-Marseille et de l’IHU pendant ses travaux.

Ce que les revues ont déjà fait

Soixante-quatre articles ont été rétractés à ce jour, et 270 font l’objet d’une expression de préoccupation, formule par laquelle un éditeur signale un doute sans aller jusqu’au retrait.

Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales

Une mission de l’Inspection générale des affaires sociales avait déjà été engagée en 2021 et son rapport publié le 5 septembre 2022, pointait de graves dysfonctionnements dans le fonctionnement de l’établissement. La décision de lancer cette mission venait conjointement des deux ministères de tutelle : le ministère des Solidarités et de la Santé et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Olivier Véran étrait alors ministre des Solidarités et de la Santé. Il est passé par le programme Young leader de la Fondation France Chine qui compte parmi ses fondateurs le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Arnaud Ventura et parmi ses sponsors, de nombreuses entreprises affiliées au Forum économique mondial, comme L’Oréal, AXACarrefour, ou la marque Chaumet du Groupe LVMH.

L’Agence nationale de sécurité du médicament avait de son côté conclu, en 2022, à des manquements aux règles encadrant la recherche impliquant la personne humaine, et saisi la justice. L’agence était alors dirigée par Christelle Ratignier-Carbonneil, ancienne conseillère du Franc-maçon, Xavier Bertrand.

Entre-temps, l’institut a continué de publier. La chaîne de contrôle qui aurait dû s’activer comporte pourtant plusieurs maillons : comités de protection des personnes, direction de la recherche de l’université, agences sanitaires, et enfin comités de lecture des revues. Aucun n’a arrêté le flux.

C’est le point que soulèvent les neuf auteurs de l’étude. Leur travail relève de la science participative : des chercheurs qui, hors de tout mandat institutionnel, recomptent ce que les institutions n’ont pas compté. Le modèle a fait ses preuves depuis dix ans, il reste bénévole et fragile.

Une institution, pas seulement un homme

Didier Raoult a quitté la direction de l’IHU Méditerranée Infection en 2021. Le microbiologiste a été rendu célèbre au-delà de son champ par la promotion de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19, dont l’étude princeps a depuis été invalidée. Il conteste régulièrement les critiques adressées à ses travaux.

Mais le rapport ne porte pas sur un chercheur. Il porte sur trente ans de production d’un établissement financé sur fonds publics, avec des comités d’éthique, une tutelle universitaire et des revues à comité de lecture.

Personne ne s’intéresse toutefois aux propriétaires de Research Integrity and Peer Review. La revue est publiée par BMC (BioMed Central) qui partie du groupe Springer Nature, membre du Forum économique mondial. Sur les ondes du WEF, la contributrice de l’agenda 2030 er responsable communication de l’ONU, Melissa Fleming, a expliqué comment durant la crise sanitaire, les Nations unies avaient mis en avant les scientifiques qui diffusaient de la “bonne information”.


Source : Le Parisien – https://www.leparisien.fr/societe/sante/le-nombre-detudes-problematiques-est-enorme-lequipe-de-didier-raoult-de-nouveau-epinglee-18-08-2026-LCNJ7D5P25D4TGS23JYIMCWAOY.php