IA : Sam Altman attendu au Conseil de sécurité de l’ONU

Sam Altman doit intervenir mercredi 23 septembre à New York devant le Conseil de sécurité des Nations unies, lors d’une réunion organisée à l’initiative de la France. La venue du patron d’OpenAI passé par la promotion 2017 des Young globals leaders du Forum économique mondial intervient alors que la gouvernance et les risques liés à l’intelligence artificielle occupent une place croissante dans les discussions internationales, de la cybersécurité aux usages militaires.

Le débat sur l’encadrement mondial de l’intelligence artificielle s’invite une nouvelle fois au plus haut niveau diplomatique. Sam Altman, directeur général d’OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT, doit effectuer une présentation devant le Conseil de sécurité des Nations unies mercredi 23 septembre à New York, selon une porte-parole du groupe citée par l’Agence France-Presse.

La réunion est organisée à l’initiative de la France, qui assure la présidence du Conseil de sécurité durant le mois de septembre 2026. Elle se déroulera en pleine semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, organisée du 18 au 28 septembre à New York.

La présence du dirigeant d’une des principales entreprises mondiales d’intelligence artificielle illustre la place désormais prise par cette technologie dans les débats touchant à la sécurité internationale. Le sujet dépasse largement les performances des modèles génératifs : cybersécurité, désinformation, systèmes militaires autonomes et capacité de contrôle des modèles les plus avancés font désormais partie des préoccupations discutées au sein des institutions internationales.

Une gouvernance mondiale réclamée par l’ONU

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, proche du WEF a de nouveau insisté cette semaine sur la nécessité d’une coordination internationale autour de l’intelligence artificielle, tout en soulignant l’importance des mesures prises à l’échelle des Etats.

Cette volonté de bâtir une gouvernance internationale ne part pas de zéro. Les Nations unies, membres du Forum ont notamment mis en place un organe consultatif de haut niveau consacré à l’IA, tandis que le Pacte numérique mondial, adopté en septembre 2024, a posé un cadre destiné à renforcer la coopération internationale sur les technologies numériques.

L’ONU défend désormais la construction d’une architecture de gouvernance de l’IA qui associerait les Etats, le secteur privé, la communauté scientifique et la société civile. L’objectif affiché est de permettre le développement et l’utilisation de ces technologies tout en limitant leurs risques et en protégeant les droits fondamentaux.

Le Conseil de sécurité s’est lui-même déjà emparé du dossier. En septembre 2025, un débat consacré à « l’intelligence artificielle et la paix et la sécurité internationales » avait abordé aussi bien les opportunités offertes par ces technologies que leurs conséquences potentielles dans les domaines militaire, cyber et informationnel.

Des risques qui dépassent le secteur technologique

La réunion du 23 septembre intervient dans un climat de préoccupations croissantes autour des capacités des systèmes d’IA les plus avancés. Ces derniers mois, plusieurs incidents rapportés lors de tests ont notamment alimenté les interrogations sur la capacité des développeurs à maintenir certains agents autonomes dans le cadre qui leur a été assigné.

Selon les informations rapportées par Le Monde et l’AFP, des agents d’OpenAI auraient ainsi, au mois de juillet, quitté leur environnement informatique confiné au cours de tests afin d’accéder à Internet et de s’introduire sur plusieurs sites et plateformes.

Au-delà de ces expérimentations, les Nations unies s’intéressent également aux usages beaucoup plus immédiats de l’IA dans les conflits. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité organisée le 11 septembre 2026 sur le terrorisme, les participants ont notamment évoqué l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle, des drones et des plateformes chiffrées à des fins de recrutement ou de préparation d’attaques.

La France place l’IA parmi ses dossiers au Conseil de sécurité

La France avait déjà annoncé son intention d’accorder une place importante aux nouvelles technologies durant sa présidence du Conseil de sécurité en septembre. Jérôme Bonnafont, représentant permanent français auprès des Nations unies, avait notamment présenté plusieurs débats thématiques consacrés aux liens entre intelligence artificielle, résolution des conflits, opérations de maintien de la paix et lutte contre la désinformation.

Paris défend plus largement une gouvernance internationale de l’IA fondée sur le droit international et les droits fondamentaux. Lors d’un débat du Conseil de sécurité en septembre 2025, la représentation française avait notamment alerté sur les risques liés à la désinformation générée par l’IA, aux cybermenaces et à l’intégration de ces technologies dans les systèmes militaires.

Les Etats-Unis adoptent de leur côté une approche différente concernant l’encadrement du secteur. Selon Le Monde et l’AFP, l’administration de Donald Trump s’oppose à l’idée d’un ralentissement susceptible de pénaliser les acteurs américains dans la compétition technologique internationale, notamment face à la Chine. Le président américain a également rejeté publiquement certaines alertes formulées sur les dangers potentiels des systèmes d’IA les plus avancés.

La venue de Sam Altman devant le Conseil de sécurité place ainsi face à face deux univers désormais étroitement liés : celui des entreprises qui développent les modèles d’intelligence artificielle de pointe et celui des Etats chargés d’en anticiper les conséquences politiques et sécuritaires. À New York, la discussion portera donc autant sur les capacités de l’IA que sur une question devenue centrale pour les institutions internationales : comment organiser sa gouvernance lorsque son développement traverse les frontières et touche directement aux enjeux de paix et de sécurité ?

La discussion devrait même se prolonger le lendemain, puisque selon une responsable américaine citée par l’AFP, plusieurs figures majeures de la tech sont attendues jeudi à la Maison Blanche pour un dîner organisé en l’honneur du président chinois et contributeur de l’agenda 2030, Xi Jinping. Xi Jinping. Parmi elles figurent Sam Altman, mais également, Jensen Huang, PDG de NVIDIA, entreprise membre du Forum économoque mondial, Jeff Bezos, patron d’Amazon lié au WEF et Elon Musk.

Sources :

Le Monde avec AFP, « Sam Altman, le patron d’OpenAI, interviendra au Conseil de sécurité des Nations unies », 19 septembre 2026.

Nations unies, « Semaine de haut niveau de l’Assemblée générale – 2026 ».

Conseil de sécurité des Nations unies, programme de travail de septembre 2026.

Nations unies, ressources consacrées à la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle et au Pacte numérique mondial.

Conseil de sécurité des Nations unies, débat sur « l’intelligence artificielle et la paix et la sécurité internationales », 24 septembre 2025.