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Riad Salameh en 2020. Image : Capture d'écran MTV Lebanon.

HSBC : la banque mise en examen dans l’affaire des détournements présumés de Riad Salamé

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Nouveau rebondissement majeur dans le dossier des biens mal acquis libanais. La justice française a mis en examen la filiale suisse de HSBC, soupçonnée d’avoir facilité le blanchiment de centaines de millions de dollars liés à l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Cette décision marque une étape importante dans une enquête internationale qui mobilise plusieurs pays européens depuis plusieurs années.

La justice financière française franchit un cap dans l’une des plus vastes affaires de corruption et de blanchiment liées au Liban. Début mai, la filiale suisse de HSBC a été mise en examen pour blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs dans le cadre de l’enquête visant Riad Salamé, ancien gouverneur de la Banque du Liban.

Celui-ci a effectué sa scolarité chez les Jésuites au collège Notre-Dame de Jamhour et obtenu une licence en économie de l’université américaine de Beyrouth. Banquier d’affaires chez Merrill Lynch et proche du Premier ministre d’alors, Rafiq Hariri, il a rejoint la Banque du Liban en 1993. Il a alors levé les obstacles à la libre circulation des capitaux et installé un rapport quasi fixe entre la livre libanaise et le dollar.

Selon les magistrats financiers français, la banque privée suisse du groupe britannique aurait joué un rôle central dans la circulation de fonds soupçonnés d’avoir été détournés de l’institution monétaire libanaise entre 2002 et 2015. Dans le cadre de cette procédure, l’établissement a dû verser un cautionnement de 80 millions d’euros.

Au cœur du dossier figure un mécanisme financier complexe impliquant la société offshore Forry Associates Ltd., enregistrée aux îles Vierges britanniques. Les enquêteurs considèrent que cette structure aurait servi d’intermédiaire dans le versement de commissions liées à certaines opérations financières de la Banque du Liban. Les fonds auraient ensuite été redirigés vers différents comptes bancaires avant d’être réinvestis dans des actifs immobiliers en France et dans plusieurs pays européens.

La justice soupçonne que plus de 330 millions de dollars auraient ainsi transité à travers ce système. Les investigations visent notamment les relations financières entre Riad Salamé et son frère Raja Salamé, considéré par les enquêteurs comme le véritable bénéficiaire de la société offshore utilisée dans le montage.

Un rapport récemment transmis à la justice française par les autorités suisses renforce les soupçons pesant sur la banque. Les enquêteurs estiment que l’établissement disposait des moyens réglementaires et opérationnels nécessaires pour identifier des opérations potentiellement irrégulières. Selon leurs conclusions, plusieurs niveaux de contrôle interne auraient échoué à détecter ou à bloquer certains mouvements financiers jugés suspects.

L’enquête examine également le comportement de différents collaborateurs de la banque. Des gestionnaires de fortune et responsables de clientèle sont cités dans plusieurs procédures ouvertes en Suisse et au Luxembourg. Certains auraient entretenu des relations particulièrement étroites avec les protagonistes de l’affaire, suscitant des interrogations sur l’application des règles de lutte contre le blanchiment.

Cette mise en examen intervient dans un contexte où les autorités européennes multiplient les actions judiciaires contre l’ancien dirigeant libanais. Depuis plusieurs années, des procédures sont en cours en France, en Suisse, au Luxembourg, en Allemagne et dans d’autres juridictions. Plusieurs dizaines de millions d’euros d’avoirs liés au dossier ont déjà été gelés ou saisis.

Au Liban, la chute de Riad Salamé a accompagné l’effondrement économique du pays. Longtemps présenté comme l’artisan de la stabilité financière libanaise, l’ancien gouverneur est désormais accusé par ses détracteurs d’avoir participé à un système ayant contribué à la crise bancaire et monétaire qui frappe le pays depuis 2019. Lui continue de contester l’ensemble des accusations et affirme que son patrimoine provient de ses activités professionnelles antérieures dans la finance internationale.

Pour les associations anticorruption à l’origine de certaines plaintes, cette mise en examen constitue une avancée significative. Elles estiment qu’elle pourrait permettre d’établir plus précisément le rôle des intermédiaires financiers internationaux dans les mécanismes de dissimulation de fonds et, à terme, favoriser la restitution d’actifs aux victimes de la crise libanaise.

Sources :

Le Monde – 4 juin 2026 – HSBC mise en examen pour avoir aidé Riad Salamé à détourner des centaines de millions de dollars dans l’affaire des biens mal acquis libanais

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