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Incendie géant à Hong Kong, le 26 novembre 2025. Photo : capture d'écran de TF1 Info.

Hong Kong : sept personnes et deux entreprises inculpées après l’incendie meurtrier qui a fait 168 morts

Plus de six mois après l’incendie dévastateur qui a ravagé plusieurs tours d’habitation à Hong Kong, la justice passe à l’action. Sept personnes et deux entreprises ont été inculpées dans le cadre de l’enquête sur cette catastrophe qui a coûté la vie à 168 personnes en novembre 2025. Les autorités évoquent une série de manquements graves ayant favorisé la propagation du feu.

Dans un communiqué publié le mercredi 10 juin 2026, le gouvernement de Hong Kong a annoncé l’inculpation de sept personnes et de deux entreprises pour un total de 25 chefs d’accusation. Parmi eux figurent notamment l’homicide involontaire, le complot en vue de commettre une fraude, le blanchiment d’argent, la tentative d’entrave à la justice ainsi que la fraude fiscale.

Parmi les personnes poursuivies figurent plusieurs dirigeants et inspecteurs impliqués dans les travaux de rénovation du complexe résidentiel Wang Fuk Court. Si les autorités n’ont pas officiellement nommé les deux entreprises concernées, plusieurs médias ayant suivi l’enquête identifient Prestige Construction and Engineering Company, l’entreprise principale chargée du chantier, ainsi que Will Power Architects Company, responsable de l’expertise en génie structurel, comme les sociétés visées par les poursuites. Plusieurs de leurs responsables avaient déjà été arrêtés dans les semaines qui ont suivi la catastrophe. Plusieurs médias hongkongais ont indiqué qu’un ancien actionnaire de PC&E nommé Chao Tak-kwong avait été impliqué dans une affaire de corruption en 2009 liée à la Hong Kong Housing Society.

L’incendie, survenu le 26 novembre 2025 dans le district de Tai Po, au nord de Hong Kong, a provoqué la mort de 168 personnes et détruit sept des huit tours du complexe résidentiel. Il s’agit du plus meurtrier incendie résidentiel enregistré dans le monde depuis 1980 et du pire sinistre de ce type à Hong Kong depuis 1948.

Des défaillances de sécurité au cœur du dossier

Après plusieurs mois d’investigations, les enquêteurs ont mis en évidence une série de manquements qui auraient favorisé la propagation extrêmement rapide des flammes. Les bâtiments étaient alors en cours de rénovation et entourés d’échafaudages en bambou. Les tours étaient également recouvertes de filets de protection non conformes aux normes de résistance au feu ainsi que de panneaux en mousse susceptibles d’avoir accéléré l’embrasement du site.

Les audiences publiques de la commission d’enquête indépendante ont également révélé que presque toutes les mesures de sécurité destinées à protéger les résidents en cas d’incendie avaient échoué. Selon l’avocat général Victor Dawes, ces défaillances résultent principalement d’« erreurs humaines ».

L’enquête s’est aussi intéressée à de possibles irrégularités dans l’attribution et le contrôle des travaux. Des soupçons de corruption, déjà évoqués lors des premières arrestations, font partie des éléments examinés par la justice. La présence de mégots de cigarette sur le chantier et le non-respect de plusieurs protocoles de sécurité figurent également parmi les pistes étudiées.

Des alarmes désactivées et des milliers de sinistrés

Autre élément particulièrement accablant : les systèmes d’alarme incendie de sept des huit tours étaient désactivés lorsque le feu s’est déclaré. Selon les conclusions préliminaires de l’enquête, cette situation a considérablement retardé l’évacuation des habitants et contribué à alourdir le bilan humain.

Des milliers de résidents ont perdu leur logement dans cette catastrophe et ont dû être relogés dans des hébergements temporaires. Plus de six mois après les faits, l’émotion demeure vive à Hong Kong, où les familles des victimes attendent désormais que la justice établisse les responsabilités dans ce drame qui a profondément marqué le territoire.

Sources :
Le Figaro
Le Soir

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