Un MacBook Pro ouvert, ordinateur concerne par la fonctionnalite Historique de l'ordinateur de ChatGPT

Historique de l’ordinateur ChatGPT : OpenAI trace l’activité Mac

OpenAI a présenté jeudi 13 août l’historique de l’ordinateur de ChatGPT, une option qui enregistre clics, frappes clavier et changements d’applications sur Mac pour en tirer une chronologie de la journée de travail. Réservée aux comptes Pro, Business et Enterprise, elle remplace la fonction Chronicle et se passe de captures d’écran. OpenAI précise dans sa propre documentation que les fichiers produits ne sont pas chiffrés.

Voilà le matériau brut. L’historique de l’ordinateur de ChatGPT, baptisé « Computer History » en anglais, crée un flux d’événements d’interaction à partir des seules applications et des seuls sites que l’utilisateur a explicitement autorisés. Clics, saisie au clavier, raccourcis, passage d’un logiciel à un autre, plus le contexte que macOS expose via son système d’accessibilité, la couche technique qui permet par ailleurs à un lecteur d’écran de décrire une interface à un utilisateur aveugle.

Ces événements ne restent pas bruts. À intervalles réguliers, ils sont convertis en résumés textuels et en fichiers de mémoire stockés en local, sur la machine. Le résultat s’affiche sous forme de chronologie rangée par jour et par heure. Chaque entrée porte un titre, un résumé de l’activité, la liste des applications et des sites concernés, une suggestion de « compétence » quand une tâche se répète, et deux options : ouvrir le fichier de mémoire dans le Finder, ou supprimer l’entrée.

OpenAI, qui a dévoilé la fonction jeudi, en donne les usages attendus sous forme de questions posées à l’assistant : sur quoi je travaillais avant ma pause, où est passé ce document de proposition, quelles tâches ai-je avancées aujourd’hui. Codex, l’outil de codage maison, puise dans la même chronologie.

Chronicle est mort, l’accessibilité prend le relais

La fonction ne sort pas de nulle part. Elle remplace ChatGPT Chronicle, qui surveillait l’écran pour comprendre le travail en cours et procédait par captures d’écran. Le nouveau dispositif s’en dispense. Il n’enregistre ni le microphone ni le son du système, consomme moins de tokens et offre, selon l’éditeur, davantage de contrôles de confidentialité.

Le changement de méthode n’est pas cosmétique. Une capture d’écran est une image : lourde, coûteuse à traiter, immédiatement lisible par qui met la main dessus. Un flux d’événements d’accessibilité, lui, est du texte. Plus léger, plus facile à indexer, tout aussi bavard sur ce que vous faites de vos journées. Le déploiement est mondial, sauf au Royaume-Uni, en Suisse et dans l’Union européenne, servis dans les prochaines semaines.

Quatre verrous et une porte laissée ouverte

OpenAI a entouré la fonction de garde-fous. L’activation est manuelle : rien ne démarre sans geste de l’utilisateur. Sur un compte Pro, il l’active lui-même ; sur un compte Business ou Enterprise, l’accès est accordé par l’administrateur désigné de l’entreprise. Il choisit ensuite, une par une, les applications et les pages qui alimentent la chronologie, peut suspendre la collecte, la reprendre, tout désactiver, et effacer l’historique déjà constitué. Le parcours passe par les paramètres de l’application Mac, la section Intégrations, puis l’historique de l’ordinateur, et suppose d’activer au passage les mémoires de ChatGPT ainsi que plusieurs autorisations macOS.

Reste un avertissement que l’éditeur inscrit noir sur blanc dans sa documentation : les fichiers générés peuvent contenir des informations sensibles et « ne sont pas chiffrés par l’historique de l’ordinateur ». D’autres programmes tournant sous le même compte utilisateur macOS peuvent donc les lire. La parade recommandée par OpenAI tient en deux consignes : protéger son compte Mac, et exclure les sources que l’on ne souhaite pas voir enregistrées. Un journal de bord détaillé de la journée de travail, posé en clair sur le disque dur, et une invitation à bien choisir son mot de passe.

Lance Whitney, qui a documenté la fonction pour ZDNet, retient surtout ce défaut de chiffrement : un attaquant sachant où chercher en apprendrait long sur le travail de sa cible. Sa recommandation est d’y aller de manière sélective, le temps de mesurer si le gain de productivité existe réellement.

Une mémoire de travail vendue avec les abonnements chers

La fonction n’est pas ouverte à tous. Pro, Business, Enterprise : les trois formules les plus onéreuses du catalogue OpenAI. La mémoire du poste de travail devient un argument de gamme, au moment où l’entreprise pousse ChatGPT à s’installer comme couche logicielle du bureau plutôt que comme onglet dans un navigateur. Le capteur, lui, était déjà là : l’accessibilité de macOS, conçue pour les personnes en situation de handicap, sert désormais à alimenter un assistant conversationnel.

Sam Altman, cofondateur et directeur général d’OpenAI, figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial, promotion 2015, ainsi que parmi les contributeurs identifiés de l’agenda 2030 des Nations unies. Apple, dont le système d’exploitation fournit ici la matière première, est référencé parmi les entreprises membres du Forum économique mondial, tout comme OpenAI.

Le Royaume-Uni, la Suisse et l’Union européenne devront patienter quelques semaines de plus. De quoi lire la documentation.


Source : ZDNet — https://www.zdnet.fr/actualites/la-nouvelle-fonctionnalite-historique-de-lordinateur-de-chatgpt-suit-votre-activite-sur-votre-mac-pour-creer-une-chronologie-mais-devriez-vous-lautoriser-500037.htm