Le roi Harald V de Norvège est mort vendredi 28 août 2026 à Oslo, à l’âge de 89 ans, après trente-cinq années de règne. Très populaire malgré une santé déclinante et les scandales ayant frappé sa famille, le souverain laisse la Couronne à son fils Haakon. Du groupe Bilderberg, auquel le futur Harald V participa en 1984, au World Economic Forum fréquenté par Haakon et Mette-Marit, la dynastie norvégienne s’inscrit aussi depuis plusieurs décennies dans de puissants réseaux internationaux et s’est retrouvée mêlée à l’affaire Epstein.
Le roi Harald V de Norvège est mort vendredi 28 août 2026 à Oslo. Âgé de 89 ans, le souverain régnait depuis le 17 janvier 1991, soit plus de trente-cinq années à la tête de cette monarchie constitutionnelle scandinave.
Harald V était hospitalisé depuis une dizaine de jours au Rikshospitalet d’Oslo en raison d’une anémie hémolytique, une pathologie entraînant la destruction prématurée des globules rouges. Dans les dernières heures, son épouse Sonja et son fils Haakon avaient annulé leurs engagements afin de demeurer à son chevet. D’autres membres de la famille royale les avaient rejoints.
Dans le même temps, des Norvégiens commençaient à déposer des fleurs devant le palais royal d’Oslo. Une mobilisation à l’image de la popularité exceptionnelle conservée par le souverain jusqu’à la fin de sa vie : en janvier 2026, Harald V bénéficiait encore, selon Paris Match, d’une cote de popularité de 92 %.
Sa disparition referme un chapitre singulier de l’histoire européenne. Harald V aura connu l’invasion de son pays par l’Allemagne nazie, l’exil aux États-Unis, la reconstruction de l’après-guerre, la guerre froide puis les transformations économiques, sociales et géopolitiques du XXIe siècle.
Un héritier né au cœur des dynasties européennes
Harald voit le jour le 21 février 1937 à Skaugum, près d’Oslo. Il est le troisième enfant et le seul fils du prince héritier Olav, futur Olav V, et de la princesse Märtha de Suède.
Ses deux sœurs aînées, Ragnhild et Astrid, ne peuvent alors hériter de la Couronne en raison des règles successorales de l’époque. Dès sa naissance, Harald est donc destiné à régner après son père.
Son arbre généalogique raconte également à lui seul l’extraordinaire entrelacement des monarchies européennes. Descendant de la reine Victoria du Royaume-Uni et de Christian IX de Danemark, Harald est apparenté aux maisons royales britannique, danoise, suédoise et belge, ainsi qu’à la famille grand-ducale luxembourgeoise.
Il est notamment apparenté au roi Charles III du Royaume-Uni qui s’est rendu à la réunion du groupe Bildeberg de 1986 qui s’est tenue à Gleneagles Hotel, en Écosse. Lors de sa naissance, Harald figurait même dans l’ordre de succession au trône britannique.
L’exil aux États-Unis face à l’Allemagne nazie
L’enfance privilégiée du jeune Harald est brutalement interrompue par la guerre. Le 9 avril 1940, l’Allemagne envahit la Norvège dans le cadre de l’opération Weserübung. Harald n’a que trois ans.
Le roi Haakon VII refuse de se soumettre aux exigences allemandes. La famille royale, le gouvernement et une partie du Parlement parviennent à quitter Oslo avant l’arrivée des troupes du Reich.
Haakon VII et son fils Olav gagnent finalement Londres, où la monarchie norvégienne participe à la résistance en exil. Märtha et ses trois enfants prennent une autre direction.
Après un passage en Suède, ils rejoignent les États-Unis à l’invitation du président et franc-maçon, Franklin D. Roosevelt. Ils sont d’abord accueillis à la Maison-Blanche avant de s’installer à Bethesda, dans le Maryland.
Harald passe ainsi plusieurs années de son enfance en Amérique. Il ne rentre en Norvège qu’en juin 1945, à l’âge de huit ans, lorsque la famille royale retrouve un pays libéré après cinq années d’occupation.
Soldat, étudiant à Oxford et sportif olympique
Le futur souverain reçoit ensuite une formation destinée à le préparer à ses responsabilités. Après sa scolarité à Oslo, il suit un enseignement militaire à l’école des candidats officiers de cavalerie puis à l’Académie militaire norvégienne, dont il sort diplômé en 1959.
Il poursuit sa formation au Balliol College de l’université d’Oxford, membre du Forum économique mondial entre 1960 et 1962, étudiant notamment l’histoire, l’économie et les sciences politiques.
À la mort de son grand-père Haakon VII, en septembre 1957, Olav V monte sur le trône. Harald devient prince héritier à seulement 20 ans.
Il commence alors à assister au Conseil d’État, représente son pays à l’étranger et assure ponctuellement la régence lorsque son père est absent.
Mais le prince possède une autre passion : la voile. Harald représente la Norvège aux Jeux olympiques de Tokyo en 1964, de Mexico en 1968 puis de Munich en 1972. À Tokyo, il est même porte-drapeau de la délégation norvégienne.
Sa carrière sportive se poursuit ensuite à haut niveau. Il décroche notamment deux médailles d’argent aux championnats du monde de 5.5 Metre et remporte la One Ton Cup en 1987.
Sonja, l’amour qui bouscule les conventions royales
Dans les années 1960, Harald livre parallèlement une bataille beaucoup plus intime. Le prince héritier est amoureux de Sonja Haraldsen, fille d’un commerçant d’Oslo. Elle appartient à la bourgeoisie norvégienne mais n’est pas issue d’une famille royale.
Aujourd’hui anodine, cette différence sociale constitue alors une affaire d’État. Pendant neuf ans, Harald tente d’obtenir l’accord de son père. Il finit par faire comprendre qu’il ne se mariera avec personne s’il ne peut épouser Sonja. Or Harald est à l’époque le seul héritier dynaste susceptible d’assurer directement la continuité de la maison royale.
Olav V consulte finalement le gouvernement avant de donner son accord. Harald et Sonja se marient le 29 août 1968 dans la cathédrale d’Oslo. Leur fille Märtha Louise naît en 1971, suivie deux ans plus tard par Haakon.
Bilderberg 1984 : Harald parmi les participants
Un épisode moins souvent évoqué de la trajectoire du futur souverain concerne sa participation à une réunion du groupe Bilderberg.
Une liste de participants de la conférence organisée du 11 au 13 mai 1984 au Château Montebello, au Québec, mentionne explicitement « H.R.H. Crown Prince Harald of Norway », soit Son Altesse Royale le prince héritier Harald de Norvège.
Fondées en 1954, les conférences Bilderberg réunissent à huis clos des personnalités issues notamment de la politique, de l’économie, de la finance, des médias, de l’université et des institutions internationales, principalement européennes et nord-américaines.
La liste de 1984 donne une idée du niveau des participants présents cette année-là. Aux côtés du prince Harald apparaissent notamment le Premier ministre suédois Olof Palme, l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger, le banquier David Rockefeller, le secrétaire général de l’OTAN Joseph Luns, des dirigeants de grandes entreprises et plusieurs responsables gouvernementaux.
L’existence de ces rencontres et la participation de personnalités influentes ne sont donc pas secrètes. En revanche, leur fonctionnement fermé et la confidentialité traditionnellement attachée aux discussions ont depuis longtemps nourri interrogations, critiques et théories sur leur influence politique.
Haakon et le World Economic Forum : des liens institutionnels documentés
Une génération plus tard, les liens entre la famille héritière norvégienne et les réseaux internationaux prennent une forme beaucoup plus institutionnelle avec Haakon.
Le fils d’Harald V entretient en effet des relations documentées avec le World Economic Forum, organisation internationale principalement connue du grand public pour sa réunion annuelle de Davos dont le fondateur Klaus Schwab était membre du comité de pilotage du groupe Bildeberg.
La Maison royale norvégienne indiquait en 2010 qu’Haakon était membre actif des Young Global Leaders depuis 2005. Cette communauté liée au World Economic Forum rassemble des personnalités de moins de 40 ans issues de la politique, de l’entreprise, des milieux universitaires, de la société civile ou encore des médias.
Lorsque son programme au sein des Young Global Leaders prend fin en 2010, Haakon ne quitte pas cet environnement. Il rejoint le Foundation Board des YGL.
Et il ne s’agit pas d’un simple titre honorifique. La Maison royale décrivait alors ce Foundation Board comme « l’organe suprême » de la fondation, disposant notamment du pouvoir d’approuver ses stratégies, de nommer ou révoquer les membres de ses comités et d’approuver ses comptes et rapports annuels. Le conseil était alors présidé par Klaus Schwab, fondateur du World Economic Forum.
La Maison royale qualifiait explicitement cette nomination de prolongement de l’engagement d’Haakon envers le WEF, les Young Global Leaders et la Global Redesign Initiative.
Haakon impliqué dans la Global Redesign Initiative
Ce dernier programme mérite une attention particulière. À partir de 2009, Haakon préside le groupe de travail des Young Global Leaders consacré à la Global Redesign Initiative. Cette initiative du World Economic Forum avait pour ambition de réfléchir aux mécanismes de coopération internationale et à l’évolution de la gouvernance mondiale face aux grands défis contemporains.
Le travail du groupe dirigé par le prince héritier s’achève avec la présentation d’un rapport à Doha en mai 2010.
Mette-Marit également Young Global Leader
Son épouse, la princesse Mette-Marit, a elle aussi été intégrée aux réseaux du World Economic Forum. Le site officiel du WEF la présente comme Young Global Leader et mentionne plusieurs responsabilités.
Mette-Marit a notamment été membre du Global Agenda Council on Healthy New Generation, consacré aux problématiques de santé touchant les nouvelles générations.
Elle a également siégé au conseil de la Global Shapers Community, autre réseau développé autour du World Economic Forum afin de réunir et soutenir de jeunes responsables et porteurs de projets à travers le monde.
Le profil publié par le WEF la présente par ailleurs comme « Founding Curator » du hub d’Oslo des Global Shapers.
Ces engagements s’inscrivent dans le parcours international de la princesse, particulièrement tourné vers les questions de santé, de jeunesse et de lutte contre le VIH, notamment à travers ses activités avec l’ONUSIDA.
Des réseaux d’influence documentés, mais pas une preuve de gouvernement secret
Bilderberg pour Harald, Young Global Leaders, Global Redesign Initiative et Foundation Board pour Haakon, Young Global Leaders, Global Agenda Council et Global Shapers pour Mette-Marit : l’existence de ces connexions internationales est donc documentée.
Elles permettent d’étudier sous un angle rarement abordé la place d’une monarchie constitutionnelle européenne dans les réseaux transnationaux où se rencontrent responsables publics, dirigeants économiques, universitaires, représentants d’ONG et personnalités influentes.
Ces liens avec l’élite mondialiste apparait également via les Epstein Files où Mette-Marit apparaît à de très nombreuses reprises. Les documents publiés en 2026 montrent des échanges réguliers avec Jeffrey Epstein qui avait de Davos son terrain de jeu, entre 2011 et 2014 ainsi qu’un séjour de quatre jours dans sa résidence de Palm Beach en 2013, après sa condamnation de 2008. Elle a depuis reconnu cette relation et exprimé ses regrets.
Sources :
Paris Match, « Le roi Harald V de Norvège est mort à 89 ans », 28 août 2026.
Wikipédia, « Harald V », pour les éléments biographiques, dynastiques et institutionnels complémentaires.
Maison royale de Norvège, « Young Global Leaders », 8 octobre 2010, pour l’appartenance d’Haakon aux Young Global Leaders, son entrée au Foundation Board et son implication dans la Global Redesign Initiative.
World Economic Forum, profil de la princesse Mette-Marit, pour ses fonctions au sein des Young Global Leaders, du Global Agenda Council on Healthy New Generation et des Global Shapers.
Public Intelligence, « 1984 Bilderberg Meeting Participant List », reproduction d’une liste présentée comme non officielle, mentionnant le prince héritier Harald parmi les participants à la conférence de 1984.