Guyana : deux morts, 67 rescapés et un nombre incertain de disparus après le naufrage du ferry MV Barima

Le Guyana est confronté à l’une des plus graves catastrophes maritimes de son histoire récente. Le naufrage du ferry MV Barima, survenu dans la nuit du 18 au 19 juillet 2026 au large des côtes du pays, a déjà fait deux morts, tandis que 67 personnes ont été secourues. Les autorités poursuivent des recherches intensives pour retrouver un nombre encore indéterminé de disparus, alors que l’enquête révèle de nombreuses zones d’ombre sur les conditions de navigation.

Le Guyana vit des heures particulièrement sombres après le naufrage du ferry MV Barima, intervenu dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 juillet 2026. L’accident s’est produit au large de la côte nord du pays, à proximité de l’embouchure de la rivière Pomeroon, alors que le navire assurait une liaison régulière entre Georgetown, la capitale, et Port Kaituma, une localité isolée située dans la région de Barima-Waini.

Le dernier bilan communiqué par les autorités fait état de deux victimes décédées et de 67 personnes secourues, dont plusieurs enfants. En revanche, le nombre exact de disparus demeure inconnu. Si le manifeste officiel faisait initialement état de 133 personnes à bord, comprenant 116 passagers et 17 membres d’équipage, les autorités reconnaissent désormais que cette liste était inexacte, compliquant considérablement les opérations de recherche et l’identification des personnes encore portées disparues.

Le ferry avait quitté Georgetown dans l’après-midi du 18 juillet, peu après 15 heures, pour rejoindre Port Kaituma, une ville difficile d’accès où les liaisons maritimes constituent un moyen de transport essentiel pour les habitants des communautés de l’ouest du Guyana. Quelques minutes après 23 heures, l’équipage a lancé un appel de détresse signalant que le navire rencontrait de graves difficultés. Peu après, le MV Barima s’est retourné avant de sombrer dans l’obscurité, laissant des dizaines de passagers dériver en pleine mer durant toute la nuit.

Les secours ont été immédiatement mobilisés. Les garde-côtes, l’armée guyanienne, des hélicoptères, des avions de surveillance, plusieurs navires civils ainsi que des pêcheurs locaux ont participé à une vaste opération de recherche couvrant plus de 1 000 kilomètres carrés. Malgré l’ampleur des moyens déployés, aucun nouveau survivant n’avait été retrouvé au moment des derniers bilans officiels, ce qui fait craindre une aggravation du nombre de victimes dans les prochaines heures.

Les témoignages des rescapés décrivent une scène particulièrement chaotique. Plusieurs passagers racontent avoir été réveillés par une forte inclinaison du navire avant qu’il ne se renverse brutalement. Certains ont réussi à récupérer un gilet de sauvetage tandis que d’autres sont restés prisonniers de la coque retournée avant de parvenir à s’en extraire. Des familles entières ont été séparées dans la confusion, plusieurs enfants figurant toujours parmi les personnes recherchées. Des survivants expliquent avoir passé de longues heures accrochés à des gilets ou à des débris flottants avant d’être repérés au lever du jour par les équipes de secours.

Au fil des investigations, plusieurs éléments particulièrement préoccupants ont émergé. Les autorités ont découvert que le manifeste des passagers ne correspondait pas aux personnes effectivement présentes à bord. Selon le ministre des Travaux publics, seule une partie des rescapés figurait sur la liste officielle, laissant penser que de nombreux voyageurs avaient embarqué sans être enregistrés. Cette irrégularité empêche aujourd’hui les autorités de déterminer avec certitude combien de personnes étaient réellement présentes au moment du drame.

L’enquête s’oriente également vers d’éventuelles fautes humaines. Le capitaine ainsi que le chef mécanicien ont été placés en garde à vue après avoir été soumis à des contrôles toxicologiques qui se seraient révélés positifs au cannabis, selon les déclarations du gouvernement. Les autorités guyaniennes ont ouvert une enquête pénale afin de déterminer si des manquements aux règles de sécurité ou des négligences ont contribué au naufrage. Les services maritimes, les forces de police ainsi que plusieurs experts indépendants participent désormais aux investigations.

Les responsables gouvernementaux affirment toutefois que le ferry n’était pas officiellement en surcharge. Le MV Barima, construit en 1939 et régulièrement utilisé pour desservir les communautés isolées du nord-ouest du Guyana, disposait d’une capacité largement supérieure au nombre de passagers officiellement déclarés ainsi que de nombreux équipements de sécurité, notamment des centaines de gilets de sauvetage et plusieurs radeaux de survie. Les premières hypothèses évoquent des conditions de mer difficiles au moment du chavirement, sans qu’une cause définitive puisse être avancée à ce stade.

Ce drame revêt une importance particulière pour le Guyana. Seul pays anglophone d’Amérique du Sud, cet État d’environ 800 000 habitants possède un vaste territoire couvert de forêts tropicales où de nombreuses localités restent difficilement accessibles par voie terrestre. Les liaisons fluviales et maritimes jouent donc un rôle essentiel dans les déplacements quotidiens des populations, notamment pour rejoindre les zones minières, les villages autochtones ou les régions frontalières.

Face à l’émotion nationale, le Premier ministre Mark Phillips a promis que toute responsabilité serait établie et que les personnes reconnues coupables d’éventuelles négligences devraient répondre de leurs actes devant la justice. Les recherches se poursuivent sans interruption avec l’appui des forces armées, des garde-côtes et de partenaires internationaux, tandis que les familles attendent toujours des nouvelles de leurs proches. En raison de l’incertitude entourant le nombre réel de passagers embarqués, le bilan humain reste susceptible d’évoluer dans les prochains jours.

Sources