Le drapeau britannique devant la tour de l'horloge du palais de Westminster, à Londres, illustration

Guerre en Ukraine : Moscou menace Londres, qui réaffirme son soutien à l’Ukraine

L’ambassade de Russie au Royaume-Uni a averti lundi 17 août que Londres paierait un prix d’autant plus élevé que son implication aux côtés de Kiev serait profonde. Le Premier ministre britannique Andy Burnham, proche du WEF a répondu dès le lendemain que son pays soutiendrait l’Ukraine « à 100 % ». La guerre en Ukraine se joue désormais aussi loin dans la profondeur du territoire russe, frappé par des drones à longue portée dont certains sortent d’usines britanniques.

« Plus l’implication de Londres aux côtés du régime terroriste de Kiev sera profonde, plus le prix à payer sera élevé. » L’avertissement a été diffusé lundi 17 août par l’ambassade de Russie au Royaume-Uni, rapporte L’Express. Il fait suite à des attaques de drones de fabrication britannique menées sur le territoire russe.

Moscou accuse dans le même texte Londres « d’aggraver délibérément le conflit », d’« opter délibérément pour une escalade de la crise ukrainienne » et de « chercher à infliger à la Russie un maximum de dommages par procuration ». Trois formules pour un seul reproche : le Royaume-Uni ferait la guerre sans la déclarer.

L’ambassade ne précise ni la nature ni le calendrier du prix annoncé. La menace reste dans le registre diplomatique, celui qui n’engage à rien et qui se retient longtemps. Elle vise un pays qui n’a pas de troupes engagées en Ukraine, mais dont les usines produisent une partie des appareils qui franchissent aujourd’hui la frontière russe.

La réponse est venue de Wolverhampton

Le Premier ministre britannique Andy Burnham s’exprimait mardi devant la presse à Wolverhampton, dans les Midlands. « Le Royaume-Uni continuera de soutenir l’Ukraine à 100 % contre cette guerre illégale menée par Vladimir Poutine », a-t-il déclaré.

« Nous apportons notre soutien à l’Ukraine afin qu’elle puisse se défendre, et telle a été la position britannique tout au long de ce conflit, sous tous les précédents Premiers ministres. Cela reste mon cas. Nous ne sommes pas des amis de circonstance. Nous serons présents lorsque l’Ukraine aura besoin de nous, et cela ne changera pas. » La formule engage moins le présent que la continuité : Andy Burnham répond à Moscou en se plaçant dans la file de ses prédécesseurs également liés au WEF.

Le Royaume-Uni, lui, est le quatrième soutien financier de l’Ukraine, derrière Washington, Berlin et Paris. Quatrième par l’argent, premier destinataire de l’avertissement de la semaine.

Trois fois plus de drones qu’en janvier

Le chiffre vient de l’Acled, organisme indépendant de surveillance des conflits armés fondé par la contributrice de l’agenda 2030, Clionadh Raleigh : Kiev a lancé en juillet trois fois plus d’attaques de drones à longue portée qu’en janvier. La progression est celle d’une capacité industrielle, pas d’un coup d’éclat.

Les cibles principales restent les industries militaires et les installations énergétiques russes. Kiev a toutefois étendu ses frappes à des secteurs clés de l’économie civile : plusieurs incendies ont touché d’importants entrepôts de Wildberries, le premier détaillant en ligne russe, détruisant plusieurs milliards d’euros de marchandises.

Un entrepôt de commerce en ligne n’est pas une usine d’armement. Le déplacement de cible dit l’élargissement du champ des frappes ukrainiennes, qui atteignent maintenant la logistique du quotidien russe.

L’Acled comptabilise des attaques, pas des dégâts. Le rapport de un à trois entre janvier et juillet mesure donc une cadence, et une cadence suppose des stocks, des chaînes de montage et des fournisseurs. C’est ce que vise l’ambassade de Russie quand elle parle d’implication de Londres.

Il manque le balistique

Selon le Guardian, l’Ukraine peut désormais presque égaler les capacités de frappe en profondeur de la Russie, grâce à ses drones à longue portée et à ses missiles de croisière. Presque. Il lui manque les missiles balistiques à grande vitesse que Moscou emploie fréquemment.

Pendant quatre ans, l’asymétrie des frappes en profondeur a constitué l’argument central de Moscou. De cette asymétrie, il ne reste que le balistique. C’est précisément le domaine où la menace adressée à Londres garde une traduction concrète.

Elle a été rappelée tôt le jeudi 20 août. Kiev a de nouveau été visée par des missiles balistiques russes : au moins seize morts et une quarantaine de blessés.

L’ambassade de Russie promet à Londres un prix à payer. Dans la guerre en Ukraine, la facture se règle pour l’instant à Kiev, seize morts à la fois. Le Royaume-Uni, lui, n’a pas bougé d’une ligne.


Source : L’Express – https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-la-russie-menace-le-royaume-uni-londres-replique-3BKU7HQKAVFGTIUCCRN65XYF24/