Vladimir Poutine a affirmé que la Russie était prête à une guerre avec l’Europe, tout en assurant ne pas la souhaiter, à l’issue d’un entretien téléphonique avec les dirigeants norvégien et finlandais. Le président russe dit soutenir toute initiative visant à rétablir les relations avec les pays européens. Il a mis en garde contre une situation en mer Baltique comparable à celle du détroit d’Ormuz.
Le dialogue est rare. Cette semaine, Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec les dirigeants norvégien et finlandais, rapporte Le Figaro. Le président russe dit soutenir toute initiative visant à rétablir les relations avec les pays européens. Il a pris soin de préciser que ses interlocuteurs l’avaient prévenu d’emblée qu’ils ne représentaient pas l’Union européenne.
La Norvège n’est pas membre de l’UE. La Finlande l’est, et partage avec la Russie plus de 1 300 kilomètres de frontière. Depuis son adhésion à l’Otan en 2023, Helsinki se trouve en première ligne face à Moscou.
Prêt à tout, ne voulant rien
Puis vient la phrase qui fait le titre. « Nous sommes prêts à la guerre, mais nous ne voulons aucune guerre », a déclaré Vladimir Poutine. Il a ajouté que si les choses allaient trop loin, il n’y aurait pas de vainqueurs.
La formule n’est pas nouvelle. En décembre 2025 déjà, le président russe affirmait que la Russie ne projetait pas de faire la guerre à l’Europe, mais qu’elle serait prête si l’Europe la commençait. L’ambiguïté est assumée : chaque mot rassure et menace à la fois.
La Baltique n’est pas Ormuz
Le dernier avertissement est géographique. Vladimir Poutine a déclaré que la Russie ne souhaitait pas voir la mer Baltique connaître une situation comparable à celle du détroit d’Ormuz, devenu un point de tension majeur avec le conflit iranien. La comparaison n’est pas choisie au hasard. Depuis l’entrée de la Finlande puis de la Suède dans l’Otan, la Baltique est presque entièrement bordée par des pays de l’Alliance. La Russie y conserve deux débouchés stratégiques, le golfe de Finlande autour de Saint-Pétersbourg et l’enclave de Kaliningrad.
Ces dernières années, la mer Baltique a été le théâtre d’incidents répétés, de câbles sous-marins endommagés en navires soupçonnés d’appartenir à la flotte fantôme russe. Évoquer Ormuz, c’est rappeler qu’un passage maritime peut se fermer.
Une main tendue, l’autre sur la gâchette
Le message adressé aux Européens est double. D’un côté, Moscou se dit ouvert à un rétablissement des relations, en passant par des capitales qui ne parlent pas au nom de Bruxelles. De l’autre, il rappelle sa capacité de nuisance. Les dirigeants européens, engagés dans le soutien à l’Ukraine depuis bientôt cinq ans, connaissent la méthode.
Poutine ne veut pas la guerre avec l’Europe, mais il s’y dit prêt. Dans la Baltique, chacun sait désormais qu’entre la paix et Ormuz, il n’y a qu’un détroit.