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Goldman Sachs et Deutsche Bank proposent de parier sur la dette française

À huit mois de l’élection présidentielle, Goldman Sachs et Deutsche Bank, banques membres du Forum économique mondial proposent à leurs clients des instruments financiers permettant de parier sur la dégradation de la dette française. De quoi transformer l’incertitude politique hexagonale en produit spéculatif pour investisseurs internationaux.

Les deux banques proposent des « paniers » de dette souveraine française, permettant aux investisseurs de miser sur une hausse ou une baisse de leur valeur selon leurs anticipations économiques, sans avoir à acheter directement des obligations d’État individuelles, via notamment des contrats de total return swap.

Un déficit et une dette qui inquiètent

Goldman Sachs anticipe un déficit public de 5,3 % du PIB pour 2026, pour une croissance limitée à 0,4 %. La dette publique française, déjà supérieure à 118 % du PIB, pourrait selon la banque atteindre 130 % d’ici 2030, avec une probabilité estimée à 15 % par ses propres économistes.

Une double fonction, spéculative et assurantielle

Selon Sean Flanagan, responsable mondial des investissements chez Deutsche Bank, ces instruments répondent à une double demande : spéculer directement sur l’évolution du risque politique français, mais aussi permettre aux investisseurs déjà exposés aux actifs français de se couvrir contre une dégradation de la situation.

Wall Street, spectateur intéressé de la présidentielle

Cette offensive commerciale illustre la manière dont les grandes banques internationales transforment chaque échéance politique majeure d’un pays du G7 en opportunité de marché, quand bien même l’issue du scrutin français reste, à ce stade, hautement incertaine.

Miser sur la solidité de la France, ou parier sur sa dégringolade : à huit mois du scrutin, Wall Street a déjà choisi son candidat, celui qui rapporte quelle que soit l’issue.