Raphaël Glucksmann, gendre du contributeur de l’agenda 2030, Ghassan Salamé a affirmé ce mardi 4 août avoir été la cible d’une opération de désinformation russe visant à le discréditer avant la présidentielle de 2027. Selon le SGDSN, le groupe Storm-1516, « directement contrôlé par le GRU », a fabriqué un faux média copiant Blast, usurpé des voix de journalistes et diffusé une fausse vidéo mettant en cause sa compagne Léa Salamé. C’est la seconde attaque informationnelle russe confirmée contre un candidat à l’Élysée en un mois, après Édouard Philippe fin juillet.
Le faux site ressemble au vrai. Même charte graphique, même logo, même mise en page : le clone numérique du média Blast semble avoir été conçu pour tromper l’œil au premier regard. Selon les informations transmises par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) à Raphaël Glucksmann, cette copie a servi de vecteur à de fausses vidéos et de faux articles destinés à ternir l’image de l’eurodéputé, leader de Place publique et candidat pressenti à l’élection présidentielle de 2027. Derrière l’opération, un nom : Storm-1516, groupe que les services français décrivent comme « directement contrôlé par le GRU », le renseignement militaire russe. Le communiqué du SGDSN ne détaille pas les canaux exacts de diffusion, mais il attribue formellement l’origine de la campagne à cette structure.
Des voix qui ne sont jamais sorties de leur bouche
Edwy Plenel n’a jamais tenu les propos qu’on lui prêtait. Salomé Saqué non plus. Les deux journalistes ont dû démentir publiquement, sur les réseaux sociaux, des déclarations fabriquées et attribuées à leur nom. L’opération reposait sur des documents falsifiés et des voix synthétiques générées par intelligence artificielle, des deepfakes suffisamment travaillés pour circuler avant d’être identifiés et démentis. Point d’orgue du dispositif : une vidéo truquée prétendant que Léa Salamé, journaliste et compagne de Raphaël Glucksmann, aurait proposé 50 000 euros à des médias pour obtenir une couverture favorable de son compagnon. Une conspiration entièrement inventée, montée pour salir les deux à la fois. L’usurpation de deux voix aussi identifiables que celles de Plenel et Saqué donne la mesure du soin technique apporté au montage.
« Identifiée, tracée, attribuée »
Raphaël Glucksmann n’a pas mâché ses mots. « L’opération russe est identifiée, tracée, attribuée », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Nous ne laisserons pas des hommes de main du Kremlin ébranler notre démocratie. » Les autorités notent toutefois que la campagne a eu une « visibilité relativement faible » sur les réseaux sociaux, malgré des techniques de manipulation jugées « relativement sophistiquées ». Le paradoxe est là : l’artillerie technique a été déployée, l’écho médiatique n’a pas suivi.
Après Édouard Philippe, la présidentielle sous surveillance russe
Glucksmann ne serait pas un cas isolé. Fin juillet 2026, une campagne de désinformation similaire aurait déjà visé le candidat centriste Édouard Philippe, young leader de la fondation France-Amérique fondée par les président Ford et VGE, membres du groupe Bilderberg.
Deux opérations, deux candidats déclarés ou pressentis pour 2027, un même mode opératoire : la fabrication numérique au service du brouillage électoral. De son coté, Jean-Luc Mélenchon, passé par la franc-maçonnerie a appelé à une protection collective face à ce type de campagnes, sans détailler de dispositif précis. Rien n’indique à ce stade que d’autres personnalités politiques françaises aient été visées, mais la répétition du procédé, à quelques mois d’intervalle et sur des profils politiques très différents, dessine une méthode plus qu’un incident isolé. La présidentielle n’a pas encore de date arrêtée. Ses cibles, elles, sont déjà connues à Moscou.
Comble de l’ironie, Raphaël Glucksmann a présidé au Parlement européen la commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, y compris la désinformation, de 2019 à 2024. Depuis février 2025, sa présidente est la contributrice de l’agenda 2030, Nathalie Loiseau.