Michel Platini a déclaré dimanche 30 août sur Canal+ que le président de la FIFA, Gianni Infantino, « doit partir », l’accusant de ne pas avoir respecté les règles du jeu pendant la Coupe du monde 2026. L’ancien président de l’UEFA estime que la chute du dirigeant italo-suisse viendra de la justice, pas des instances sportives. Gianni Infantino est candidat à sa succession lors du congrès prévu en mars 2027 au Maroc.
L’attaque a été portée sur le plateau du « Canal Football Club », dimanche soir. « Les affaires économiques sont une chose, mais je pense qu’Infantino a failli parce qu’il est le garant des règles du jeu et [qu’] il ne les a pas respectées », a déclaré le triple Ballon d’Or. Suit une liste précise : les pauses fraîcheur systématisées durant le Mondial, absentes des règlements ; une mi-temps de finale portée à trente minutes, absente elle aussi ; et surtout le carton rouge annulé.
Michel Platini vise ici la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun, levée en pleine Coupe du monde 2026 après une intervention du président des États-Unis et contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump. « Le carton rouge, c’est le pire », a-t-il tranché. « Il est le garant, il ne les respecte pas, il doit partir. »
Une fronde née de la Coupe du monde
Depuis la fin du tournoi organisé cet été aux États-Unis, au Mexique et au Canada, le président de la FIFA est sous pression. La révélation de son projet avorté d’ouverture de la Coupe du monde à des investisseurs privés a servi de déclencheur. L’UEFA, appuyée par la Concacaf, qui représente l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et les Caraïbes, et par la confédération asiatique AFC, mène la contestation contre le dirigeant en poste depuis 2016.
La confédération européenne prépare une plainte en droit suisse pour « gestion déloyale » et cherche un candidat à opposer à Gianni Infantino lors du congrès de mars 2027, prévu au Maroc.
« Ce sera par la justice »
Michel Platini ne croit pas à un règlement interne. « Ce ne sera pas par les instances du sport que ça se réglera et qu’il tombera. Je pense que si l’UEFA veut faire tomber Infantino, ce sera par la justice », a-t-il affirmé. Lui-même a porté plainte en France en juin 2026 contre le président de la FIFA, pour « dénonciation calomnieuse » et « trafic d’influence ». Le choix du pays n’est pas anodin, et l’intéressé ne s’en cache pas : « Je l’ai fait en France, parce qu’en Suisse je n’ai pas beaucoup de chances de gagner », a-t-il dit, avec le sourire.
Une rancune qui a dix ans
L’ancien numéro 10 de l’équipe de France était promis à la présidence de la FIFA avant d’être écarté de la course par des accusations d’escroquerie, soldées par un acquittement définitif en Suisse en août 2025. Sa mise à l’écart avait ouvert la voie à l’élection inattendue, en février 2016, de celui qui était alors son secrétaire général à l’UEFA. « J’ai toujours su qu’il aimait beaucoup l’argent et le pouvoir », a lâché Michel Platini.
Il nuance pourtant sur les responsabilités : « Ce n’est pas lui qui m’a fait tomber, il en a profité. » Avant d’ajouter que les enquêtes en cours dans le monde pourraient réserver des surprises, et de conclure d’une formule de feuilleton : « Suite au prochain épisode. »
Pas de retour, mais un cabinet de conseil
Interrogé sur un éventuel retour dans les instances du football, l’ancien président de l’UEFA (2007-2015) a répondu par la négative. « Les clubs, les instances, c’est fini », a-t-il dit, avant d’évoquer la création d’une société de conseil dans le football, sollicitée selon lui par des clubs et des fédérations.
Dix ans après avoir perdu la FIFA, Michel Platini n’y revient pas. Il la regarde tomber. Et il a déposé plainte.