À New York, les bancs de certaines églises ne désemplissent plus. De plus en plus de jeunes adultes de la génération Z s’y pressent, en quête de spiritualité mais aussi d’un lieu pour tisser des liens sociaux, rapporte le Wall Street Journal, relayé par Courrier International.
Alors que les prêtres s’inquiètent depuis des années de voir leurs églises se vider, l’église Saint-Joseph, dans le quartier de Greenwich Village à Manhattan, connaît le problème inverse : elle manque de place pour accueillir tous ses fidèles. Lors de la messe dominicale de 18 heures, le moindre espace sur les bancs est occupé, en majorité par de jeunes adultes. Les retardataires doivent se contenter de chaises pliantes installées à la dernière minute, ou restent debout dans le hall d’entrée, serrés les uns contre les autres, à suivre la cérémonie à travers les portes vitrées. D’autres assistent à l’office accroupis sur les marches de l’escalier menant à la galerie ou adossés aux murs pendant une heure et demie.
Un rituel social avant la messe
Une partie de ce succès tient à une initiative portée par deux jeunes new-yorkais d’une vingtaine d’années, Anthony Gross et Kate DePetro. Depuis plusieurs mois, ils invitent les fidèles à se retrouver autour d’une pizza avant la cérémonie, transformant la messe du dimanche soir en un rendez-vous à la fois spirituel et social. Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large observé dans plusieurs grandes villes américaines, où de jeunes adultes se tournent vers la pratique religieuse en réaction à l’isolement social et à la recherche de repères plus stables que ceux offerts par les sorties classiques.
Le phénomène, encore émergent, interroge sur la place que pourrait reprendre la religion institutionnelle auprès d’une génération pourtant considérée comme la moins pratiquante de l’histoire récente des États-Unis. Reste à savoir si cet engouement, porté en partie par la dimension communautaire des offices, se traduira par un attachement durable à la foi elle-même.