Image satellite du complexe nucléaire de Natanz, en Iran, en juin 2025

Frappes en Iran : Donald Trump met le mont Kolang dans son viseur

Donald Trump a évoqué samedi de nouvelles frappes en Iran contre « un ou deux sites », dont le mont Kolang, soupçonné d’abriter un complexe nucléaire près de Natanz. Le président américain assure que l’opération prendrait une dizaine de minutes, tandis que Téhéran promet une riposte immédiate et sans limite géographique.

Le président américain parlait à des journalistes depuis sa résidence de Floride, samedi 31 octobre, rapporte l’AFP. Les capacités nucléaires de l’Iran ont été neutralisées, a-t-il assuré, avant d’ajouter qu’il restait une ou deux cibles à traiter. Selon lui, l’affaire pourrait être réglée en une dizaine de minutes. Puis il a donné un nom : Pickaxe Mountain, la « montagne de la pioche ».

Derrière ce surnom se cache le mont Kolang, « kolang » signifiant pioche en persan. Le site se trouve dans la province d’Ispahan, à environ 200 kilomètres au sud de Téhéran, à proximité du complexe nucléaire de Natanz. Il est soupçonné d’abriter des installations nucléaires enterrées.

Le site n’est pas sorti du chapeau samedi. Depuis plusieurs années, des analyses d’images satellites publiées par des centres de recherche spécialisés font état de travaux de creusement en profondeur sous cette montagne, à quelques kilomètres de Natanz. Leur profondeur supposée en ferait une cible bien plus difficile à atteindre que les installations de surface.

Après les urnes, les bombes ?

Le calendrier n’est pas anodin. Selon la presse américaine citée par l’AFP, une campagne militaire courte et intense pourrait suivre les élections de mi-mandat, prévues mardi 3 novembre aux États-Unis. Le secrétaire d’État Marco Rubio a tempéré : selon lui, aucune décision n’a été prise et Donald Trump privilégie une solution diplomatique.

Natanz n’est pas un nom nouveau dans cette histoire. Le site figurait déjà parmi les cibles des frappes américaines de juin 2025 contre le programme nucléaire iranien, aux côtés de Fordo et d’Ispahan. Plus d’un an après, Washington estime donc que le travail n’est pas terminé.

Les signaux s’accumulent depuis plusieurs semaines. Le 23 octobre, un émissaire américain interrogé sur l’éventualité d’une frappe le week-end suivant avait répondu par l’affirmative, rappelle La Libre Belgique. Le coût humain de la confrontation est déjà connu à Washington : en juillet, une cérémonie organisée sur la base aérienne de Dover avait rendu hommage à des militaires américains tués lors d’opérations au Moyen-Orient.

Téhéran élargit la liste des cibles

La réponse iranienne n’a pas tardé. L’ayatollah Mojtaba Khamenei, guide suprême invisible en public depuis sa nomination début mars, a promis une riposte immédiate et sans limite géographique en cas de nouvelles frappes, selon l’AFP. Il a ordonné d’élargir la liste des cibles à tous les actifs « ennemis », matériels comme immatériels. L’Iran a menacé de viser des centres de données, des systèmes d’intelligence artificielle et des câbles sous-marins dans le détroit d’Ormuz.

Le détail mérite d’être noté. Dans ce conflit, la menace ne vise plus seulement des bases ou des navires, mais aussi les infrastructures numériques par lesquelles transite une large part des échanges mondiaux.

Netanyahou y voit une fenêtre

Côté israélien, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a parlé cette semaine d’une opportunité historique d’éliminer la menace iranienne avec le soutien de Donald Trump, rapporte l’AFP. Les déclarations du président américain s’inscrivent dans une séquence où les signaux contradictoires se multiplient : menaces publiques d’un côté, appel à la diplomatie de son secrétaire d’État de l’autre. Samedi, le guide suprême iranien avait lui aussi mis en garde Washington contre toute reprise des attaques. Chacun parle fort, personne ne dit quand.

Dix minutes pour frapper, une riposte promise sans frontières : entre Washington et Téhéran, les échelles de temps ne sont pas les mêmes. Et c’est souvent dans cet écart que les guerres débordent.


Sources : Le Monde ; AFP via La Libre Belgique ; ATS-AFP via watson