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France Inter : deux syndicats contestent l’arrivée de Charles Sapin

Charles Sapin, nouveau directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, doit devenir éditorialiste politique du dimanche sur France Inter. Le SNJ-CGT et le SNJ ont publié le 28 août 2026 deux communiqués pour contester cette arrivée. La direction de la station la présente comme un choix de pluralisme et l’inscrit dans un panel d’éditorialistes annoncé pour les trois derniers jours de la semaine, rapportent Le Figaro et l’AFP.

Le SNJ-CGT parle d’une « ligne rouge inacceptable ». Le syndicat écrit que la direction de France Inter lui fait honte et qualifie Valeurs actuelles d’organe de l’extrême droite. Le ton est celui d’un texte écrit vite, pour être lu vite.

Le SNJ, second syndicat à réagir, affirme dans un communiqué distinct que la nomination provoque la stupéfaction dans toutes les rédactions de Radio France. Il y voit une décision qui fait apparaître le groupe public comme un paillasson. L’image est crue, et assumée. Les deux communiqués ont été publiés séparément, celui du SNJ venant renchérir sur celui du SNJ-CGT.

Ce que la direction met en face

Sollicitée, la direction de France Inter défend une orientation plus large : organiser la conversation entre toutes les opinions. Elle qualifie l’enjeu de pluralisme, y voit une mission du service public, et souligne qu’il devient plus important encore en année présidentielle.

La mention de l’année présidentielle n’est pas anodine dans son argumentaire. L’élection présidentielle française est prévue en 2027, et la saison qui s’ouvre place les antennes du service public sous une surveillance accrue quant à l’équilibre des temps de parole.

Elle avance également un argument professionnel. Charles Sapin est présenté comme un journaliste politique reconnu par ses pairs. Son arrivée s’inscrit, selon la direction, dans la constitution d’un panel d’éditorialistes politiques et économiques où toutes les tendances doivent être représentées.

Le vendredi, le samedi, le dimanche

Ce panel a été détaillé. Le vendredi, Anne Rosencher, de L’Express, et Christian Chavagneux, d’Alternatives économiques. Le samedi, Camille Vigogne Le Coat, du Nouvel Obs, et Béatrice Mathieu, de L’Express. Le dimanche, Charles Sapin et Leila Abboud, du Financial Times.

Six noms, cinq titres de presse, une répartition qui court sur les trois derniers jours de la semaine. L’Express y est représenté deux fois, la presse économique l’est par Alternatives économiques et par le Financial Times. Le dimanche, la case place Charles Sapin aux côtés d’une correspondante d’un quotidien financier britannique.

C’est ce dispositif d’ensemble, et non un recrutement isolé, que la direction met en avant pour justifier sa décision. Les deux syndicats, eux, ne discutent pas la composition du panel : ils contestent une seule des six signatures.

Du Point à Valeurs actuelles

Charles Sapin travaillait précédemment au magazine Le Point. Il vient d’être nommé directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles. C’est ce dernier titre, et non le précédent, qui figure au centre des deux communiqués syndicaux.

La commission d’enquête en arrière-plan

Le SNJ appuie sa contestation sur un argument daté. Selon le syndicat, Valeurs actuelles a participé activement, dans l’année écoulée, à la campagne de dénigrement visant le groupe public, dont France Inter est le vaisseau amiral.

Cette formule renvoie aux accusations de partialité portées contre l’audiovisuel public, soupçonné de favoriser la gauche. Ce sont ces accusations qui avaient motivé la création d’une commission d’enquête parlementaire par l’UDR, parti allié au Rassemblement national. Le désaccord sur un éditorialiste du dimanche s’inscrit dans cette séquence plus longue, où chaque camp reproche à l’autre de confondre pluralisme et rapport de force.

Deux lectures du même mot

Les deux positions ne s’affrontent pas sur les faits, qui ne sont pas contestés, mais sur le sens à donner au pluralisme. Pour les syndicats, ouvrir l’antenne du service public à la direction adjointe d’un titre qu’ils situent à l’extrême droite revient à valider une ligne. Pour la direction, refuser cette signature reviendrait à retrancher une part de l’opinion de la conversation qu’elle dit vouloir organiser.

Aucune des deux parties ne conteste la qualité de journaliste politique de l’intéressé. Le désaccord porte sur l’endroit où il exercera, et sur ce que cet endroit engage. Le premier éditorial est attendu un dimanche.


Source : Le Figaro avec AFP – https://www.lefigaro.fr/medias/des-syndicats-de-radio-france-contestent-l-arrivee-d-un-journaliste-de-valeurs-actuelles-comme-editorialiste-20260828