Salle de cinéma vide avec écran, illustration de la filière de l image

Filière de l’image : la France et la Corée du Sud veulent investir un milliard pour sauver le cinéma

La France et la Corée du Sud vont investir un milliard d’euros sur cinq ans pour soutenir la filière de l’image, ont annoncé lundi Emmanuel Macron et Lee Jae-myung au sommet Lumière de Saint-Paul-de-Vence. Plus de 200 invités venus de dizaines de pays, un secteur cerné par l’intelligence artificielle et les plateformes de streaming.

Le sommet Lumière s’est ouvert lundi à la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence, dans les Alpes-Maritimes, coprésidé par Emmanuel Macron et son homologue sud-coréen Lee Jae-myung. Plus de 200 invités : producteurs, réalisateurs, plateformes, studios de jeu vidéo. Premier sommet international consacré à l’avenir du cinéma et de l’image animée, la rencontre a servi de cadre à l’annonce, côté français comme coréen, d’un milliard d’euros sur cinq ans destinés à soutenir la filière de l’image : cinéma, audiovisuel, jeu vidéo.

Six chantiers, une fondation

L’événement était coorganisé par le ministère de la Culture, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le CNC, le Centre national du cinéma et de l’image animée. Six chantiers figuraient au programme : les règles à fixer face à l’intelligence artificielle, les nouveaux modèles de financement de la production, la distribution et l’exploitation en salle, la découvrabilité des œuvres, l’éducation à l’image comme apprentissage fondamental, et la préservation du patrimoine cinématographique mondial. Aucun chiffre budgétaire détaillé n’a filtré au-delà du milliard d’euros annoncé pour le volet franco-coréen.

L’écran n’est pas l’ennemi

« L’écran n’est pas notre ennemi », a lancé Emmanuel Macron devant un parterre inhabituel pour un sommet politique : studios hollywoodiens (Sony Pictures, Disney), Netflix, TikTok, chaînes de télévision, exploitants de salles et producteurs indépendants, réunis autour d’une même table. Le message tient en une phrase : la réponse aux bouleversements du secteur ne consiste pas à rejeter la technologie, mais à en écrire les règles avant qu’elle ne les écrive elle-même.

Le nom a une majuscule

Emmanuel Macron a baptisé l’initiative « partenariat Lumière », en référence directe aux frères lyonnais inventeurs du cinématographe. « La création de ce qu’on a appelé le partenariat Lumière, initiative dédiée au soutien de la filière de l’image », a-t-il résumé, avant d’appeler à un nouveau « multilatéralisme » pour défendre le cinéma face aux mutations en cours. Un milliard d’euros, cinq ans, deux pays. Reste à savoir qui signe le chèque, et dans quel ordre.

L’ennemi n’a pas de visage

La menace n’est plus seulement budgétaire. L’intelligence artificielle générative capable de produire des images de synthèse en quelques secondes, les plateformes de streaming qui imposent leurs algorithmes de recommandation : le secteur qui a inventé le cinématographe à Lyon en 1895 négocie aujourd’hui sa « souveraineté culturelle » aux côtés de la Corée du Sud, pays exportateur de la Kpop et des séries que Netflix diffuse dans le monde entier.

Ce n’est pas le premier grand chiffre promis aux industries créatives françaises. Depuis 2020, le dispositif French Touch de Bpifrance revendique déjà 10 milliards d’euros engagés auprès de 20 000 entreprises du secteur, avec un objectif affiché de 20 milliards d’ici 2030, tous domaines confondus : musique, audiovisuel, jeu vidéo, mode, spectacle vivant. Le partenariat Lumière s’ajoute à cette pile d’annonces, sans qu’on sache encore comment il s’articule avec elle.

Le partenariat Lumière n’a ni contrat signé publiquement, ni ligne budgétaire détaillée à ce stade. Il a une majuscule et deux présidents pour le porter.


Source : Le Figaro – https://www.lefigaro.fr/medias/paris-et-seoul-vont-investir-un-milliard-d-euros-sur-cinq-ans-pour-soutenir-la-filiere-de-l-image-annonce-macron-20260907