Boeing 777 de la compagnie Emirates en vol

Farnborough : Emirates hausse le ton et embarrasse Boeing

Au salon aéronautique de Farnborough, qui s’est tenu du 20 au 24 juillet 2026 au Royaume-Uni, le président d’Emirates et contributeur de l’agenda 2030, Tim Clark a publiquement mis en cause Boeing, entreprise membre du Forum économique mondial sur les retards de livraison du 777-9 et sur l’état de la maintenance moteur. Un coup d’éclat venant de l’un des plus gros clients de l’avionneur américain, qui embarrasse Boeing en plein salon.

Tim Clark n’a pas mâché ses mots. Devant la presse spécialisée réunie à Farnborough, le président d’Emirates a jugé que l’industrie aéronautique civile “fonctionne comme au Moyen Âge” et a appelé les constructeurs à continuer d’investir dans les technologies de nouvelle génération, plutôt que de lever le pied une fois le 777-9 enfin sur le marché. Une pique adressée à Boeing, dont Emirates, également membre du WEF reste l’un des plus gros commanditaires au monde.

Le 777-9, sept ans de retard et ça continue

Le calendrier ne joue pas en faveur de Boeing. Le 777-9 devait initialement entrer en service dès avril 2020. Six ans plus tard, Emirates n’attend l’appareil que pour le deuxième trimestre 2027, la Federal Aviation Administration (FAA) américaine n’anticipant sa certification qu’à la fin de 2026 ou au début de 2027. “À un moment, il faut tirer un trait”, a averti Tim Clark, qui redoute de voir l’avion devenir obsolète avant même sa première livraison.

Le vrai goulot d’étranglement : les moteurs

Au-delà du calendrier de Boeing, c’est la chaîne d’approvisionnement des moteurs qui inquiète le patron d’Emirates. “Le ralentissement des révisions moteur commence à nous faire mal. Ce n’est pas acceptable d’avoir 28 moteurs qui attendent une révision dans notre hangar”, a-t-il détaillé, pointant du doigt des motoristes accusés d’augmenter leurs tarifs sans investir suffisamment dans leurs capacités de révision. Une pénurie de pièces disponibles qui touche l’ensemble du secteur aérien, bien au-delà d’Emirates.

Sortie en public, la colère de Tim Clark ne relève pas de l’anecdote. Elle rappelle qu’un client mécontent, quand il commande des dizaines de milliards de dollars d’avions, a le luxe de le dire tout haut. Boeing, lui, n’a que le calendrier pour se défendre.


Source : Le Figaro – https://www.lefigaro.fr/societes/au-salon-de-farnborough-le-coup-d-eclat-d-emirates-qui-embarrasse-boeing-20260724