Marco Rubio, secrétaire d'État des États-Unis

États-Unis : Washington cible la violence d’extrême gauche

L’administration Trump a engagé une campagne contre la violence d’extrême gauche, qu’elle qualifie de « terrorisme ». Elle s’appuie sur un mémorandum de sécurité nationale, le NSPM-7, et cherche désormais à internationaliser cette lutte. Une réunion réunissant plus de 65 pays s’est tenue à Washington. Des élus dénoncent des risques pour les libertés civiles.

La stratégie américaine repose sur le National Security Presidential Memorandum 7, ou NSPM-7, signé le 25 septembre 2025. Ce texte présidentiel vise à contrer ce que l’exécutif présente comme un terrorisme intérieur d’inspiration politique. Il identifie des convictions « anti-chrétiennes », « anticapitalistes » ou « anti-américaines » comme indicateurs potentiels de radicalisation, en ciblant principalement les mouvements se réclamant de l’antifascisme.

Le dispositif prévoit la création de cellules d’enquête réunissant des procureurs spécialisés dans la lutte antiterroriste, un centre dédié au sein du FBI et une collaboration avec l’administration fiscale pour examiner les organisations à but non lucratif. Le procureur général se voit autorisé à proposer la désignation de groupes comme organisations terroristes intérieures.

Des poursuites déjà engagées

Plusieurs procédures ont été lancées en 2026. Au Texas, en juin, huit militants liés à ce que les autorités décrivent comme une cellule antifasciste ont été condamnés, l’un d’eux à cent ans de prison. Dans le Minnesota, quinze membres d’un groupe baptisé Direct Action Minnesota ont été inculpés, l’acte d’accusation de 94 pages mentionnant notamment le port d’un vêtement affichant le mot « Antifa ».

Ces affaires illustrent l’application concrète du mémorandum, qui permet de mobiliser l’arsenal antiterroriste contre des militants d’extrême gauche. Les modalités de qualification pénale nourrissent un débat juridique sur la frontière entre engagement politique et infraction.

Une offensive que Washington veut mondialiser

Le 16 juillet 2026, le secrétaire d’État Marco Rubio a réuni plus de 65 pays lors d’une conférence consacrée à la résurgence du terrorisme politique. L’administration a présenté cette initiative comme une offensive internationale d’ampleur inédite contre la violence d’extrême gauche. Marco Rubio a affirmé, sans apporter de preuves publiques, que des réseaux liés à la mouvance antifa partageraient des infrastructures transfrontalières et que l’Iran et Cuba contribueraient à leur financement.

Cette dimension internationale prolonge un dispositif national contesté. Dès octobre 2025, trente et un membres du Congrès avaient exprimé de sérieuses préoccupations, avertissant que le ciblage de convictions idéologiques faisait peser des risques sur les protections garanties par le Premier Amendement de la Constitution américaine.

En érigeant la violence d’extrême gauche en menace prioritaire et transnationale, l’administration Trump déplace le curseur de la sécurité intérieure vers le terrain diplomatique. La question de l’équilibre entre lutte contre la violence politique et respect des libertés publiques reste, elle, entière.


Source : Valeurs actuelles – https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/monde/lamerique-part-en-croisade-contre-la-violence-dextreme-gauche