Agents de la police de l'immigration américaine ICE en opération à Chicago

États-Unis : le polémiste britannique d’extrême droite Milo Yiannopoulos arrêté par l’ICE

Le polémiste britannique d’extrême droite Milo Yiannopoulos, qui réclamait l’impunité pour les agents de la police de l’immigration américaine, a été arrêté par cette même ICE à La Nouvelle-Orléans. Entré légalement aux États-Unis en mai 2019, il a dépassé sa durée de séjour autorisée et fait l’objet d’un ordre final d’expulsion depuis le 22 juillet. Le ministère de la sécurité intérieure a annoncé son maintien en détention.

L’arrestation a eu lieu jeudi, à l’aéroport international Louis-Armstrong de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Le ministère américain de la sécurité intérieure l’a annoncée le vendredi 28 août dans un communiqué.

L’administration y détaille le dossier administratif : Milo Yiannopoulos est entré légalement sur le territoire américain le 14 mai 2019, puis a dépassé sa durée de séjour autorisée. Faute de s’être présenté à une audience portant sur son statut, il s’est vu délivrer un ordre final d’expulsion le 22 juillet. Il restera détenu par l’ICE dans l’attente de son renvoi.

Il réclamait l’immunité totale pour ceux qui l’ont arrêté

En septembre 2025, sur X, le polémiste appelait à une « immunité totale » des agents de l’ICE dans l’exercice de leurs fonctions. Il était l’un des relais les plus bruyants de l’offensive anti-immigration voulue par Donald Trump.

Onze mois plus tard, la même administration lui applique la procédure ordinaire du dépassement de séjour. Entre les deux, rien n’a changé dans la loi migratoire américaine. Seule la position de l’intéressé dans le dispositif s’est déplacée : de commentateur à administré.

Le ministère de la sécurité intérieure ne fait état d’aucune infraction pénale à son encontre dans son communiqué. Le dossier repose sur un unique motif, la durée de séjour dépassée, et sur une audience à laquelle il ne s’est pas présenté.

Une trajectoire construite sur l’interdiction

Milo Yiannopoulos s’est fait connaître au milieu des années 2010 comme rédacteur du site américain Breitbart News, dont il a quitté la rédaction en février 2017 après la diffusion de propos sur la pédophilie qui avaient provoqué l’annulation de son contrat d’édition et d’une intervention publique. Il avait été banni définitivement de Twitter dès juillet 2016 pour son rôle dans une campagne de harcèlement visant l’actrice Leslie Jones.

C’est aussi à cette période qu’il construit son personnage public : la provocation comme méthode, l’interdiction comme preuve. Chaque exclusion de plateforme alimentait le récit d’une parole empêchée.

Une police contestée jusque dans son camp

L’ICE est l’instrument central de la politique migratoire de la Maison Blanche. Ses méthodes, jugées brutales par ses détracteurs, ont provoqué une vive émotion aux États-Unis, notamment après la mort en janvier de deux Américains tués par balle par des agents fédéraux à Minneapolis, dans le Minnesota, alors qu’ils s’opposaient à leur présence dans la ville.

L’agence dispose d’un pouvoir administratif étendu : le dépassement de durée de séjour, ou overstay, relève d’une procédure d’expulsion qui ne passe pas par un tribunal pénal. Une audience manquée suffit à transformer un dossier en ordre final de renvoi, comme dans le cas de Milo Yiannopoulos.

L’arrestation d’une figure qui défendait publiquement cette police fournit à l’agence un argument commode : elle appliquerait la règle sans distinction politique.

L’extrême droite américaine applaudit

La nouvelle a été saluée par des figures rivales du même camp. L’influenceuse Laura Loomer s’est targuée sur X d’avoir été la première personne à signaler que Milo Yiannopoulos se trouvait illégalement aux États-Unis, en l’accusant d’y avoir incité à la violence contre Donald Trump.

Dénoncé par ses critiques comme raciste et misogyne, homosexuel revendiqué, l’intéressé se présente depuis dix ans en croisé de la liberté d’expression et adversaire du politiquement correct. Installé depuis des années aux États-Unis, il est notamment proche de Kanye West, qui devait se produire vendredi à La Nouvelle-Orléans, souligne le site américain TMZ.

Milo Yiannopoulos aura passé sept ans à défendre la fermeté migratoire américaine avant d’en devenir un dossier. Son cas ne dit rien du fond de la politique de l’ICE ; il dit beaucoup de la vitesse à laquelle un allié devient un chiffre dans une statistique d’expulsions.


Source : Le Monde – https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/29/le-polemiste-d-extreme-droite-britannique-milo-yiannopoulos-arrete-par-l-ice-la-police-de-l-immigration-americaine_6759302_3210.html