La Cour suprême des États-Unis a suspendu en urgence, le 11 juin 2026, l’exécution de Jeffery Lee en Alabama, prévue par inhalation d’azote. Cette décision intervient dans un contexte de vifs débats sur cette méthode controversée, qualifiée par plusieurs experts internationaux de « cruelle et inhumaine ». Le dossier relance la question sensible de la peine de mort dans le pays.
Le 11 juin 2026, la Cour suprême américaine a empêché in extremis l’État de l’Alabama de procéder à l’exécution de Jeffery Lee, 49 ans, condamné pour un double meurtre commis en 1998 lors d’un cambriolage. Selon une ordonnance non signée, la juridiction a rejeté la demande de levée de suspension déposée par l’État, sans motivation détaillée, une pratique courante dans les procédures d’urgence.
La décision intervient alors qu’une cour fédérale avait déjà estimé, le 10 juin 2026, que l’usage de l’inhalation d’azote pouvait être contraire au huitième amendement de la Constitution américaine, qui interdit les peines « cruelles et inhabituelles ». L’Alabama avait immédiatement contesté cette décision en appel avant de saisir la Cour suprême dans la foulée.
Dans un communiqué relayé par plusieurs médias américains, la gouverneure républicaine de l’Alabama, Kay Ivey, a déclaré rester « déterminée à faire en sorte que justice soit finalement rendue aux victimes », malgré la suspension de l’exécution.
L’inhalation d’azote au cœur d’une controverse internationale
La méthode de l’inhalation d’azote consiste à diffuser un gaz inerte dans un masque porté par le condamné, provoquant une asphyxie par privation d’oxygène. Le 11 juin 2026, plusieurs sources judiciaires américaines ont rappelé que cette technique avait déjà été utilisée à plusieurs reprises dans le pays, notamment en Alabama depuis 2024.
Des experts des Nations unies ont dénoncé cette pratique, la qualifiant de méthode « cruelle et inhumaine », selon les éléments rapportés par la presse internationale. L’an dernier, cinq exécutions par azote ont été recensées aux États-Unis sur un total de 47 exécutions, la majorité ayant été réalisée par injection létale.
Lors de la dernière exécution utilisant cette méthode, des témoignages médicaux ont évoqué un délai de plusieurs dizaines de minutes entre l’exposition au gaz et la mort effective, relançant les critiques sur la souffrance potentiellement infligée au condamné.
Une affaire judiciaire et politique hautement symbolique
Jeffery Lee, détenu depuis sa condamnation pour un meurtre commis le 12 décembre 1998 dans un magasin de prêt sur gages, avait vu sa peine de mort confirmée après plusieurs recours. Selon ses avocats, le jury initial avait pourtant voté pour une peine de réclusion à perpétuité, avant que la décision ne soit modifiée par un juge.
Dans un communiqué cité par la presse américaine, son équipe juridique a salué la décision du 11 juin 2026 en affirmant que « la Constitution a prévalu », estimant que plusieurs juridictions inférieures avaient déjà jugé la méthode inconstitutionnelle.
La décision de la Cour suprême ne met toutefois pas fin au processus judiciaire : l’État de l’Alabama conserve la possibilité d’exécuter la peine par d’autres moyens, comme l’injection létale ou la chaise électrique, toujours autorisés dans certains États américains.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte où l’Alabama reste l’un des États les plus actifs en matière d’exécutions, aux côtés du Texas et de la Floride, ravivant régulièrement le débat national sur la peine capitale et ses modalités d’application.
Sources :
Franceinfo
Le Parisien
La Voix du Nord
