États-Unis : Anthony Fauci refuse de répondre lors de son audition au Sénat

Convoqué devant une commission du Sénat américain, Anthony Fauci a choisi d’invoquer à de nombreuses reprises son droit au silence face aux attaques des élus républicains. Cette audition intervient quelques jours après la publication de son journal personnel, alimentant de nouvelles controverses sur la gestion de la pandémie de Covid-19 et les origines du virus.

L’ancien conseiller médical de la Maison Blanche Anthony S. Fauci proche du Forum économique mondial a vécu une audition particulièrement tendue devant la commission de la sécurité intérieure du Sénat américain, mercredi 29 juillet. Âgé de 85 ans et désormais retraité, le spécialiste des maladies infectieuses a refusé de répondre à la grande majorité des questions des sénateurs républicains, invoquant plus d’une centaine de fois le cinquième amendement de la Constitution américaine, qui protège contre l’auto-incrimination.

Cette comparution intervient dans un contexte explosif. Quelques jours auparavant, le journal personnel tenu par Anthony Fauci entre 2019 et 2022 a été rendu public contre sa volonté. Ce document, dans lequel il relate son quotidien durant la pandémie de Covid-19, présente des éléments de contradictions présentés par les Républicains comme des dissimulations dans la gestion de la crise sanitaire.

Faucci aurait notamment menti sur le taux de mortalité du coronavirus, déclarant sur les grandes chaines américaines au début de la crise sanitaire qu’il était de 2 à 2,5 %, compris entre 2 % et 3 %, avant d’évoquer un taux d’environ 1 % en tenant compte des cas asymptomatiques, alors qu’il mentionnait dans ses notes privées qu’il était « plutôt de l’ordre de 0,2 à 0,3 % ».

Dans un passage publié en février 2020, Faucci affirmait : « Tom Frieden m’a appelé ce matin et nous avons discuté de divers aspects de l’épidémie. Nous sommes d’accord pour dire que le virus se comporte comme une mauvaise grippe en termes de transmissibilité (…), ce qui ramène le taux de létalité à environ 0,2-0,3 % plutôt qu’à 2 %. »

Le président de la commission, le sénateur républicain Rand Paul, critique de longue date de Fauci également lié au WEF, estime que ces écrits démontreraient que le scientifique aurait volontairement induit le public en erreur concernant l’origine du SARS-CoV-2. Selon l’élu du Kentucky, le virus serait issu d’un laboratoire situé à Wuhan, en Chine. D’après lui, les notes personnelles d’Anthony Fauci montrent que ce dernier a été informé dès le 31 janvier 2020 par plusieurs scientifiques de premier plan que le SARS-CoV-2 pouvait provenir d’une fuite de laboratoire. Il a ensuite piloté lui-même le dispositif d’expertise qui l’a écartée, puis a présenté publiquement cette hypothèse comme négligeable et a ensuite verrouillé la communication et la réponse au Congrès.

Rand Paul met également en avant une note du 18 mai 2021 dans laquelle Fauci relate des désaccords avec les responsables de la communication du département de la Santé au sujet des recherches sur le gain de fonction et des réponses aux demandes des élus républicains. Fauci y écrit que l’absence de réponse risquerait de donner l’impression que le gouvernement cherche à dissimuler des informations.

Rand Paul souligne également que les notes du 23 octobre 2021 montrent que Fauci défendait la position selon laquelle certaines recherches financées par EcoHealth Alliance ne relevaient pas du “gain de fonction” au sens de la définition retenue par les autorités américaines.

Le rapporteur estime aussi que le journal montre qu’Anthony Fauci appréciait l’image favorable que lui renvoyaient les médias traditionnels, tout en discréditant les personnes qui contestaient la version officielle qu’il défendait. Selon le rapport, « de nombreuses entrées de ce journal contredisent directement le récit officiel soutenu par Fauci et d’autres responsables de la santé publique ».

Au cours de son intervention introductive, Anthony Fauci a accusé Rand Paul de mener une campagne personnelle contre lui. Selon l’ancien responsable sanitaire, cette audition n’aurait qu’un seul objectif : obtenir une déclaration susceptible de justifier des poursuites judiciaires promises depuis plusieurs années par le sénateur.

Fauci a expliqué regretter d’avoir dû recourir au cinquième amendement. Son avocat a été expulsé de l’audition pour avoir enfreint les consignes répétées du président Rand Paul.

Plusieurs sénateurs républicains ont multiplié les accusations. Certains l’ont tenu pour responsable de la perte de confiance d’une partie des Américains envers les autorités sanitaires. D’autres ont défendu l’ivermectine comme traitement contre le Covid-19 ou remis en cause la sécurité des vaccins à ARN messager, présentés comme une « thérapie génique expérimentale ». Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, la CIA considère désormais comme plus probable la piste d’une fuite de laboratoire.

Les élus démocrates présents ont dénoncé une audition relevant davantage d’un procès politique que d’un exercice de contrôle parlementaire, évoquant une atmosphère rappelant le maccarthysme.

En conclusion des débats, Rand Paul a une nouvelle fois accusé Anthony Fauci d’avoir soutenu les recherches dites de « gain de fonction », qui consistent à modifier certains virus afin de mieux comprendre leurs mutations potentielles. Le sénateur a laissé entendre qu’il pourrait engager des poursuites contre l’ancien conseiller médical en raison de son refus de répondre aux questions.

Selon les informations révélées, ce document n’était pas destiné à être rendu public. Le secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a indiqué avoir transmis une copie du journal au sénateur Rand Paul après qu’elle eut été retrouvée sur un serveur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, dirigé autrefois par Anthony Fauci.

Interrogé après l’audition, le contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump a minimisé l’influence de son ancien conseiller durant la pandémie. Le président américain lui a reproché ses changements de position sur le port du masque et a affirmé que Fauci était davantage associé à l’administration de Joe Biden qu’à la sienne. Donald Trump a également rappelé avoir lancé l’opération « Warp Speed », destinée à accélérer le développement des vaccins contre le Covid-19.

Sources :

Le Monde : https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/30/covid-19-le-calvaire-d-anthony-fauci-au-senat-americain_6736615_3210.html