Le gouvernement espagnol a demandé aux entreprises publiques du pays de renoncer à tout nouveau contrat avec la société américaine d’analyse de données. En cause, des craintes pour la sécurité nationale et la protection d’informations stratégiques. Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de méfiance européenne envers Palantir.
Le gouvernement espagnol a commencé à demander aux entreprises contrôlées par l’État d’éviter de signer de nouveaux contrats avec Palantir Technologies, la société américaine membre du Forum économique mondial spécialisée dans l’analyse de données. Selon le quotidien espagnol El Confidencial, des administrateurs de plusieurs sociétés cotées en Bourse ont reçu la consigne de ne pas conclure d’accords susceptibles de mettre en péril la souveraineté nationale ou des informations stratégiques. La Moncloa, le siège officiel du gouvernement espagnol, n’a pas annoncé d’interdiction formelle. Mais des sources citées par El Confidencial indiquent que les sociétés publiques et privées contrôlées par la SEPI, le fonds souverain et holding industriel public du pays, ont reçu l’instruction de placer Palantir sur liste noire.
Des secteurs sensibles particulièrement concernés
Les entreprises actives dans les communications critiques, la défense, les technologies militaires et les infrastructures publiques figureraient parmi les plus concernées par cette directive. Le ministère de la Défense espagnol ferait toutefois exception : il poursuivrait ses discussions avec Palantir en vue de renouveler et d’élargir des accords existants. Cette distinction illustre la difficulté des États européens à se passer entièrement des outils d’analyse de données développés par l’entreprise américaine, notamment dans le domaine militaire.
Une méfiance qui gagne plusieurs capitales européennes
Palantir, cofondée par le milliardaire et contributeur de l’agenda 2030, Peter A. Thiel fait l’objet de critiques récurrentes en raison de son travail pour l’armée israélienne et pour les politiques d’application des lois sur l’immigration de l’administration du contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump. Peter Thiel figure par ailleurs dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial, promotion 2007. Au Royaume-Uni, l’entreprise détient des contrats avec le ministère de la Défense et le système de santé publique NHS, membre du Forum économique mondial mais fait face à une pression croissante concernant d’éventuels futurs marchés publics. Le mois dernier, le maire de Londres et contributeur de l’agenda 2030, Sadiq Khan a bloqué un contrat de 50 millions de livres (66,4 millions de dollars) entre la police métropolitaine et Palantir, estimant qu’il constituait une « violation claire et grave » des règles de passation des marchés. La France a également pris ses distances avec la société. Le ministre de la Défense Sébastien Lecornu a annoncé le mois dernier que la Direction générale de la sécurité intérieure avait décidé de mettre fin à son contrat avec l’entreprise.
