Espagne : la police municipale utilise des drones pour traquer les plages « réservées » dès l’aube

En Espagne, la bataille pour obtenir une bonne place au bord de la mer ou d’une piscine ne se limite plus aux hôtels. À Calp, sur la Costa Blanca, la police municipale utilise notamment un drone pour repérer les parasols, serviettes et autres équipements déposés sur la plage puis laissés sans surveillance. Une pratique désormais sanctionnée par les autorités locales.

Chaque été, la même scène se répète dans plusieurs stations balnéaires espagnoles. Dès les premières heures de la matinée, certains vacanciers installent leurs serviettes, parasols ou affaires personnelles afin de réserver un emplacement avant de revenir plusieurs heures plus tard.

Mais dans certaines communes, cette habitude est devenue suffisamment problématique pour provoquer l’intervention des autorités. À Calp, dans la province d’Alicante, la police municipale a notamment recours à un drone pour surveiller les plages et repérer les emplacements potentiellement abandonnés, selon un reportage diffusé par TF1info.

Un drone pour repérer les parasols abandonnés

Depuis les airs, le dispositif permet aux policiers d’observer rapidement une partie importante du littoral et d’identifier les zones où des affaires semblent avoir été déposées sans que leurs propriétaires soient présents.

Un parasol encore fermé ou des équipements isolés peuvent par exemple attirer l’attention des agents. Les images aériennes servent alors à orienter les contrôles effectués directement sur la plage.

La surveillance par drone s’inscrit dans un dispositif plus large mis en place par la municipalité face à la très forte fréquentation estivale. Selon TF1info, la population de Calp serait multipliée par sept pendant la saison touristique.

Des policiers interviennent ensuite sur la plage

Une fois un emplacement suspect repéré, plusieurs agents municipaux peuvent se rendre sur place afin de vérifier si les affaires ont effectivement été abandonnées.

La réglementation locale interdit de laisser des équipements sans surveillance sur la plage avant 9h30. L’objectif est notamment d’empêcher certains touristes de venir « réserver » une portion de sable au petit matin avant de retourner à leur hôtel ou à leur logement.

Les objets laissés sur place peuvent alors être retirés par les services municipaux.

Pour récupérer leurs affaires, les contrevenants peuvent devoir payer jusqu’à 250 euros, selon les informations rapportées par TF1.

Un policier interrogé explique toutefois que la plupart des propriétaires ne reviennent pas réclamer les objets confisqués. Face au montant demandé, certains préféreraient acheter un nouveau parasol plutôt que de payer pour récupérer l’ancien.

La « guerre des transats » touche également les hôtels

Cette volonté de lutter contre les emplacements réservés ne concerne pas seulement les plages publiques.

À Benidorm, également située sur la Costa Blanca, des clients d’hôtels se lèvent très tôt afin d’obtenir les meilleurs transats autour des piscines. Dans l’établissement visité par TF1, une grande partie des chaises longues est déjà occupée ou recouverte de serviettes avant même l’ouverture officielle du bassin à 8h30.

Ces mouvements peuvent parfois provoquer des tensions. Un vacancier âgé affirme notamment avoir été poussé à plusieurs reprises et avoir déjà chuté dans la précipitation.

À Peñíscola, au nord de Valence, certains hôtels ont choisi une autre méthode : les transats laissés sans surveillance pendant plus de 45 minutes peuvent être libérés par le personnel.

Les employés retirent alors les serviettes ou affaires personnelles et laissent un document indiquant l’heure de l’intervention.

Plusieurs communes espagnoles durcissent leurs règles

Calp ne serait pas la seule ville espagnole à chercher à mettre fin aux plages réservées plusieurs heures à l’avance. Selon TF1info, une dizaine de municipalités auraient adopté des mesures comparables pour limiter l’occupation abusive du domaine public.

L’utilisation d’un drone par la police municipale de Calp donne toutefois une dimension particulière au dispositif. La technologie, généralement associée à la surveillance, à la sécurité ou au secours, sert ici à faire respecter une réglementation très estivale : empêcher qu’une serviette ou un parasol puisse réserver une place sur la plage plusieurs heures avant l’arrivée effective de son propriétaire.

La traditionnelle « guerre des transats » espagnole relance ainsi le débat opposants les partisans de la sécurité à ceux des libertés individuelles.

Sources :

TF1info – « On m’a poussé plusieurs fois : sur la plage ou à la piscine de l’hôtel, l’étonnante guerre des transats en Espagne », reportage de Victoria David et Mathilde Lopinski, JT 20h WE.