La NASA a annoncé que deux astronautes italiens fouleront le sol lunaire dans le cadre du programme Artémis, écartant de fait les Français Thomas Pesquet et Sophie Adenot de cette échéance. L’Italie a investi plus de 5 milliards de dollars pour obtenir cette place, en contournant directement l’Agence spatiale européenne.
C’est en ces termes que le patron de la NASA, Jared Isaacman, a confirmé la participation de l’Italie à une mission lunaire habitée, une annonce qui contraste avec l’absence de tout engagement similaire concernant les astronautes français, pourtant considérés parmi les plus expérimentés d’Europe.
Cinq milliards de dollars pour un ticket lunaire
L’Agence spatiale italienne a engagé plus de 5 milliards de dollars dans le développement d’un module d’habitat lunaire, un investissement financier conséquent que la NASA valorise explicitement, préférant récompenser les partenaires apportant des « contributions significatives » plutôt qu’une participation jugée symbolique.
L’Italie contourne l’Agence spatiale européenne
Fait rare et potentiellement lourd de conséquences pour la coopération spatiale du continent, l’Italie a négocié directement avec la NASA, en marge du cadre habituel de l’Agence spatiale européenne, qui impose normalement une coordination collective des programmes lunaires européens.
Une déconvenue supplémentaire après l’annulation de Gateway
Cette annonce s’ajoute à l’abandon par la NASA du projet de station Gateway, qui avait déjà anéanti plusieurs années de développement mené par l’Agence spatiale européenne, fragilisant un peu plus la position de la France et de ses astronautes dans la compétition pour les prochaines missions lunaires habitées.
Pesquet et Adenot regarderont la Lune depuis la Terre, pendant que Rome, chéquier en main, aura négocié directement sa place sur la photo. Dans la conquête spatiale aussi, l’Europe joue parfois contre elle-même.