Épidémie d’Ebola : le DG de l’Africa CDC compare la situation aux débuts du Covid

L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo a dépassé les 10 000 cas confirmés. Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, compare la situation aux débuts du Covid-19 et avertit qu’aucun pays n’est à l’abri. Des virologues britanniques jugent la comparaison trompeuse : Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels, pas par l’air.

Au 27 octobre, la RDC recensait 10 141 cas confirmés, dont 4 928 décès, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, cité par Yahoo News. L’épidémie est causée par la souche Bundibugyo, relativement rare, contre laquelle il n’existe pas de vaccin. L’Organisation mondiale de la santé fait état de 50 à 80 nouveaux cas confirmés par jour.

L’OMS avait déclaré une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai, quand on comptait 246 cas suspects et 80 décès suspects. En cinq mois, le compteur s’est emballé. Des cas ont été signalés au Kenya, au Nigeria, en Ouganda et en France, selon le même décompte.

Kaseya brandit le souvenir du Covid

Jean Kaseya qualifie l’épidémie de sans précédent. Il prévient que les pays hors d’Afrique ne sont pas en sécurité sans mesures appropriées et compare la situation aux débuts du Covid-19, quand de nombreux États se croyaient protégés. C’est cette comparaison que le tabloïd écossais Daily Record a reprise en titre.

Ebola ne voyage pas comme le Covid

Le docteur Simon Clarke, microbiologiste à l’université de Reading, nuance. Ebola pourrait atteindre le Royaume-Uni, comme en 2014, mais le parallèle avec le Covid est selon lui trompeur. Le virus se transmet moins facilement entre humains. Il faut un contact direct avec du sang, des vomissures, de la salive, des selles ou de la sueur d’une personne infectée. On ne l’attrape pas en se tenant à côté d’un malade.

Autre différence majeure : une personne n’est contagieuse qu’une fois les symptômes apparus. Le risque augmente avec l’aggravation de la maladie et culmine au moment du décès. Les porteurs asymptomatiques, moteurs de la pandémie de Covid, ne jouent pas ce rôle ici.

Le Royaume-Uni juge le risque faible

L’agence britannique de sécurité sanitaire, l’UKHSA, estime le risque pour la population faible. Les soignants, humanitaires et militaires de retour des zones touchées sont suivis et classés selon leur exposition. Les plus exposés doivent s’isoler, prendre leur température deux fois par jour et rester sous supervision pendant les 21 jours d’incubation. Depuis la découverte du virus en 1976, seuls quatre cas ont été recensés au Royaume-Uni, tous contenus.

Une souche sans vaccin

La souche Bundibugyo tire son nom du district ougandais où elle a été identifiée pour la première fois, en 2007. Le vaccin Ervebo, utilisé avec succès lors des précédentes épidémies en RDC, cible la souche Zaïre. Il n’est pas homologué contre Bundibugyo. Les équipes sanitaires doivent donc s’appuyer sur l’isolement des malades, le suivi des contacts et des enterrements sécurisés.

La dernière grande épidémie, en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, avait fait plus de 28 000 cas et plus de 11 000 morts. Celle de la RDC atteint déjà plus du tiers de ce bilan humain en quelques mois.

L’épidémie d’Ebola tue en RDC à un rythme effrayant, et c’est là que se joue l’essentiel. Le débat européen sur le risque d’importation ne doit pas faire oublier où se trouvent les malades.


Source : Daily Record – https://www.dailyrecord.co.uk/news/uk-world-news/ebola-could-spread-like-covid-37822415