Elon Musk : le patron de X accuse Marine Tondelier de « trahison contre la France »

Le débat sur les ingérences étrangères dans la campagne présidentielle française prend une nouvelle dimension. Après avoir proposé une suspension temporaire du réseau social X durant la campagne électorale, Marine Tondelier a été vivement prise à partie par Elon Musk, propriétaire de la plateforme, qui l’a accusée de « trahison contre la France ».

La question des ingérences étrangères dans le débat public continue d’alimenter les discussions politiques en France, à quelques mois de l’intensification de la campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Dans ce contexte, les réseaux sociaux occupent une place centrale, notamment X, la plateforme détenue par Elon Musk depuis son rachat en 2022.

Cette séquence intervient alors que plusieurs personnalités politiques françaises, parmi lesquelles Édouard Philippe, young leader de la Fondation France Amérique fondée par les présidents Ford et VGE, membres du groupe Bilderberg, Gabriel Attal, Young global leader du Forum économique mondial et Raphaël Glucksmann, gendre du contributeur de l’agenda 2030, Ghassan Salamé ont récemment été visées par une opération de désinformation attribuée à la Russie. Ces événements ont relancé les interrogations sur le rôle des plateformes numériques dans la diffusion de contenus susceptibles d’influencer le débat démocratique.

Dans un entretien accordé à Libération, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes et candidate déclarée à l’élection présidentielle, estime que l’algorithme de X favorise la circulation de la désinformation. Selon celle qui est citée comme intervenante à l’Académie des futurs leaders, une association de formation pour des personnes engagées sur des causes de justice environnementale et sociale qui compte comme partenaire la Fondation Bill & Melinda Gates, le Columbia Global Center, membres du Forum économique mondial ou l’Ambassade des Etats-unis, le fonctionnement du réseau social exercerait un impact permanent sur la vie démocratique. Pour cette raison, elle propose d’interdire temporairement l’accès au réseau social en France pendant la campagne présidentielle.

La responsable écologiste va plus loin en critiquant la concentration du pouvoir autour de la plateforme. Elle affirme que X appartient à un entrepreneur américain dont les prises de position politiques pèseraient sur le débat public européen. Marine Tondelier accuse également Elon Musk de vouloir favoriser une influence idéologique des États-Unis sur l’Europe.

La réaction du milliardaire américain n’a pas tardé. Très actif sur X et régulièrement impliqué dans les débats politiques internationaux, Elon Musk a répondu directement sur sa plateforme en appelant à ce que Marine Tondelier soit « réduite au silence » pour « trahison contre la France ».

En toile de fond se trouve la question de la régulation des plateformes de réseaux sociaux. Plusieurs défenseurs des libertés dont Elon Musk, Pavel Durov ou Mike Benz de la Fondation For Freedom On Line accusent la France et l’Union européenne de censure. Une critique partagé par l’ONG Civilization Works qui a publié un rapport le 3 septembre 2025 intitulé, “comment la France a inventé le complex de censure industriel“, basé sur le volet Français des TwitterFiles. Elle accuse notre pays d’avoir mis en place un système de censure transnationale sur les réseaux sociaux via les règlements numériques européens, tels que le DSA. Un système de censure que seule le réseau d’Elon Musk contournerait en refusant de permettre à certains de déterminer ce qui est de la bonne ou de la mauvaise information.

Marine Tondelier a rapidement réagi, toujours sur X, dénonçant l’intervention d’un entrepreneur étranger dans le débat politique français. Elle affirme que la France n’a pas à recevoir de leçons de patriotisme d’un milliardaire américain et défend sa position comme une démarche visant à protéger le fonctionnement démocratique. Elle ajoute préférer être accusée de défendre la démocratie plutôt que de chercher à l’influencer par des moyens financiers.

Malgré ses critiques à l’égard du réseau social, Marine Tondelier continue d’utiliser X, où elle rassemble près de 135 000 abonnés.

En janvier 2025, plusieurs élus écologistes, dont Sandrine Rousseau, Marie Pochon, Charles Fournier et Damien Girard, avaient rejoint le mouvement #JeQuitteX afin de protester contre l’évolution de la plateforme après le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Cette initiative n’a toutefois pas entraîné un départ massif des responsables politiques français, à l’exception des plus allergiques au milliardaire ou des moins sensibles aux questions de libertés fondamentales, selon le point de vue.

À l’approche de la présidentielle de 2027, X demeure l’un des principaux espaces de communication politique en France. Les débats sur son influence, la modération de ses contenus et son rôle dans la lutte contre les campagnes de désinformation devraient continuer d’occuper une place importante dans les prochains mois.

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