Édouard Philippe a fini par qualifier de raciste l’attentat de Trappes et de La Verrière, quatre jours après les faits. Au soir du 23 octobre, le candidat Horizons à la présidentielle avait dénoncé l’horreur et le terrorisme, sans nommer le mobile. Une prudence partagée par une partie de la droite et du centre, alors que l’Élysée parlait d’emblée d’attentat terroriste raciste.
Le 23 octobre, en fin de matinée, un homme circulant en voiture tire au pistolet-mitrailleur sur des passants à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, est tué. Cinq personnes sont blessées, dont une fillette de 12 ans. Selon le parquet antiterroriste, cité par Maire-info, le suspect a reconnu avoir visé des personnes d’origine africaine ou maghrébine.
Le jour même, Édouard Philippe réagit. Pour l’ancien Premier ministre, « l’horreur a frappé, et le terrorisme doit être combattu sans relâche ». La formule est ferme. Elle ne dit rien du mobile.
Quatre jours plus tard, le mot
Il aura fallu quatre jours pour que l’ancien Premier ministre emploie le qualificatif de raciste, relève Libération. Entre-temps, le procureur national antiterroriste Olivier Christen a établi la préméditation et le caractère raciste de l’attaque. Le suspect, lui, avait d’abord contesté cette dimension en garde à vue.
Emmanuel Macron n’avait pas attendu. Venu à Trappes le jour de l’attentat, le chef de l’État avait évoqué un homme tué sur la base d’une idéologie raciste, en raison de sa couleur de peau ou de sa religion supposée. L’Élysée parlait d’attentat terroriste raciste. La ministre Aurore Bergé a ensuite évoqué, sur Public Sénat, un crime de masse raciste.
Une droite qui pèse ses mots
Édouard Philippe n’était pas seul à la prudence. Selon le recensement des réactions publié par Maire-info, Bruno Retailleau a condamné une violence terrifiante et Gabriel Attal une barbarie innommable. Le président du Sénat Gérard Larcher et la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet ont, eux aussi, d’abord réagi sans mentionner la dimension raciste. Marine Le Pen a parlé d’un acte barbare depuis la tribune du congrès du RN à Orléans. À gauche, les responsables ont au contraire insisté d’emblée sur le racisme de l’attaque.
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, met quant à lui en cause une libération de la parole raciste et la circulation d’idées qui, selon lui, arment idéologiquement les passages à l’acte.
Un candidat face au mot juste
Le retard n’est pas anodin pour un candidat à l’élection présidentielle de 2027. Édouard Philippe, qui a participé à des réunions du groupe Bilderberg, a fait de la fermeté face au terrorisme l’un de ses thèmes. Dans une campagne où chaque mot est pesé, le choix de nommer ou non un mobile devient un marqueur politique à part entière.
Sur l’attentat de Trappes, Édouard Philippe a fini par trouver le mot. Quatre jours, c’est long pour un adjectif. C’est court pour une campagne qui ne pardonne rien.