Six cent vingt drones en une nuit. Le maire de Moscou Sergueï Sobianine a évoqué le 18 août 2026 la plus vaste attaque de drones sur Moscou depuis environ deux ans, avec 180 appareils détruits au-dessus de la région de la capitale, trois blessés dont une fillette de 10 ans et un entrepôt touché.
Six cent vingt. Le nombre est tombé sur le canal de messagerie de Sergueï Sobianine, maire de Moscou, peu avant l’aube du mardi 18 août 2026. Entre le lundi soir et 5 heures du matin, heure de Moscou, 620 drones auraient visé la ville et la région, dont 180 auraient été détruits au-dessus de l’agglomération. La chaîne Al Jazeera fait état de 17 appareils supplémentaires interceptés en approche. L’agence d’État TASS a qualifié l’épisode de plus vaste attaque de drones sur Moscou depuis environ deux ans.
Trois blessés, une fillette de 10 ans et un entrepôt
Le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiov, a fait état de trois blessés, dont une fillette de 10 ans. Un incendie s’est déclaré dans une maison du district de Pavlovski Possad, plusieurs habitations ont été endommagées dans celui de Bogorodski, et un entrepôt du géant du commerce en ligne Wildberries a subi des dégâts qualifiés de mineurs par des chutes de débris, selon Al Jazeera.
Wildberries n’est pas une cible au hasard. Kiev vise régulièrement ses installations, affirmant que l’entreprise fournit des composants de drones à l’armée russe. Dans la nuit du 15 au 16 août, un entrepôt du groupe à Podolsk, 250 000 mètres carrés selon le Kyiv Independent, avait pris feu. Le ministère ukrainien de la Défense avait alors reconnu avoir visé le site.
Kiev n’a rien revendiqué, et frappait ailleurs
Aucune revendication ukrainienne de la nuit du 17 au 18 août n’apparaît dans les dépêches consultées. Dans le cas de Podolsk, deux jours plus tôt, la reconnaissance était venue après coup. L’armée de l’air ukrainienne a en revanche annoncé avoir abattu ou neutralisé 111 des 147 drones russes lancés sur le pays la même nuit.
Ces drones russes ont fait des dégâts. Cinq blessés dans la région de Kharkiv, dont un enfant de 9 ans à Izioum, et des incendies à Brovary, dans la région de Kiev, rapporte Al Jazeera. Deux capitales, une même nuit, deux comptabilités parallèles que personne ne peut recouper.
Le trafic aérien, thermomètre de l’escalade
Les dépêches disponibles sur cette nuit ne documentent pas de fermeture d’aéroport à Moscou. Le précédent immédiat, lui, l’est : dans la nuit du 15 au 16 août, des restrictions de vol ont touché Vnoukovo, Domodedovo et Joukovski, ainsi que les aéroports de Kalouga, Tambov, Guélendjik et Sotchi, selon ABC News. Le 18 juin, une attaque comparable avait entraîné le retard ou l’annulation de 527 vols dans les quatre aéroports moscovites, d’après le Kyiv Post. Les restrictions de vol sont décidées par Rosaviatsia, l’agence fédérale russe du transport aérien.
La courbe revendiquée monte vite. Plus de 430 drones dans la nuit du 6 au 7 juillet, environ 600 dans celle du 15 au 16 août avec 201 appareils détruits selon les autorités russes, 620 deux nuits plus tard. Pour la seule nuit du 15 au 16 août, le ministère russe de la Défense avait revendiqué 822 drones abattus sur seize régions. Toutes ces valeurs sortent du même appareil de communication militaire.
Une escalade qui tient lieu de politique
Le front terrestre est enlisé et les discussions diplomatiques sont gelées, résume Al Jazeera. Les deux belligérants ont reporté leur effort sur les frappes à longue portée, avec un résultat mesurable : le niveau de pertes civiles est le plus élevé depuis les premiers mois de 2022.
La bascule a une traduction concrète pour les civils russes, une capitale qui vit sous alerte et des aéroports fermés par intermittence, phénomène inconnu à Moscou avant 2023. Elle en a une autre pour les Ukrainiens, dont les villes ont continué d’être visées pendant que Moscou comptait ses drones.
Reste une arithmétique de guerre où chaque camp publie ses propres chiffres et où le lecteur n’a, pour trancher, que la parole de ceux qui tirent. La prochaine nuit dira si 620 était un plafond ou une étape.