La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié, mardi 28 juillet 2026, ses premières estimations sur la situation financière des établissements de santé en 2025. Si le déficit des hôpitaux publics recule par rapport au niveau record atteint en 2024, il demeure historiquement élevé avec un montant estimé à 2,3 milliards d’euros. Ces résultats illustrent les difficultés persistantes auxquelles fait face l’hôpital public, malgré une reprise de l’activité et plusieurs mesures de soutien engagées ces dernières années.
La situation financière des hôpitaux publics français reste particulièrement fragile. Dans une étude publiée le 28 juillet 2026, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), le service statistique des ministères sociaux, estime que le déficit global des établissements publics hospitaliers atteindrait environ 2,3 milliards d’euros en 2025. Ce montant représente 2,1 % des recettes des hôpitaux publics.
Même si ce résultat marque une amélioration par rapport à l’exercice 2024, il constitue encore le troisième déficit le plus important enregistré depuis vingt ans. La DREES souligne que ces chiffres reposent sur des estimations provisoires, établies à partir des comptes transmis par les établissements à la Direction générale des finances publiques à la fin du mois de juin 2026. Les données définitives pourront être révisées lors de la publication du Panorama consacré aux établissements de santé en 2027.
Un déficit moins élevé qu’en 2024
L’année précédente avait marqué un point particulièrement critique pour les finances hospitalières. Dans ses premières estimations publiées le 24 juillet 2025, la DREES évaluait le déficit des hôpitaux publics entre 2,7 et 2,9 milliards d’euros, soit environ 2,7 % des recettes, un niveau jamais atteint depuis le début des séries statistiques en 2005. Après corrections méthodologiques, cette estimation est restée le point de référence d’une année qualifiée de record en matière de déséquilibre financier.
Le recul observé en 2025 traduit donc une amélioration relative, mais ne signifie pas un retour à l’équilibre. Les établissements hospitaliers continuent d’évoluer dans un contexte où les dépenses demeurent élevées, notamment sous l’effet de la hausse des coûts de fonctionnement, des revalorisations salariales engagées depuis le Ségur de la santé et de l’inflation qui a durablement pesé sur les achats d’énergie, de matériel médical et de produits de santé.
Une activité hospitalière en progression
La publication de la DREES ne se limite pas aux données financières. Elle met également en évidence une hausse globale de l’activité des établissements de santé en 2025, avec toutefois des évolutions contrastées selon les spécialités. En médecine, chirurgie et obstétrique, les hôpitaux publics concentrent près des deux tiers de la progression du nombre de séjours. La hausse concerne aussi bien les hospitalisations complètes que les prises en charge ambulatoires. L’activité en soins médicaux et de réadaptation poursuit également sa progression, bien qu’à un rythme plus modéré.
L’hospitalisation à domicile continue, quant à elle, son développement avec une croissance particulièrement soutenue. À l’inverse, la psychiatrie enregistre un recul des hospitalisations, aussi bien à temps complet qu’à temps partiel. Les services d’urgences restent fortement sollicités. Après une augmentation de 2,5 % des passages en 2024, leur fréquentation progresse encore de 0,8 % en 2025, signe d’une pression toujours importante sur les établissements publics.
Des investissements qui ralentissent
La DREES relève également un ralentissement de l’effort d’investissement des hôpitaux publics en 2025. Cette évolution intervient alors que les établissements avaient bénéficié, depuis la crise sanitaire, de plusieurs dispositifs de soutien financier dans le cadre du Ségur de la santé, lancé en 2020 afin de moderniser l’hôpital public et d’améliorer les conditions de travail des professionnels de santé.
Selon les statisticiens, la dette hospitalière poursuit néanmoins sa diminution lorsqu’elle est rapportée aux recettes des établissements. En revanche, le rapport entre l’encours de dette et les capitaux permanents continue de se dégrader, conséquence directe de résultats financiers durablement déficitaires qui réduisent progressivement les capacités d’autofinancement des hôpitaux.
Un contexte budgétaire toujours sous tension
Ces nouvelles estimations interviennent dans un contexte où les finances hospitalières demeurent au cœur des débats. Au printemps 2025, le gouvernement avait annoncé une augmentation de 3,8 % des ressources hospitalières, soit près de 3,9 milliards d’euros supplémentaires dans le cadre de la campagne tarifaire des établissements de santé. Les tarifs hospitaliers avaient alors été revalorisés de 0,5 % pour les secteurs public et privé, avec des financements ciblés destinés à plusieurs spécialités prioritaires comme la psychiatrie, la pédiatrie ou les soins critiques.
Malgré ces mesures, de nombreux acteurs du secteur hospitalier continuent d’estimer que les ressources restent insuffisantes pour absorber l’ensemble des surcoûts accumulés depuis plusieurs années. L’inflation, les tensions sur les recrutements, les dépenses énergétiques et les besoins d’investissement continuent de peser sur les comptes des établissements.
Les premières estimations publiées par la DREES montrent ainsi que si la situation financière des hôpitaux publics semble amorcer une légère amélioration en 2025, le retour à un équilibre durable apparaît encore lointain. Avec un déficit estimé à 2,3 milliards d’euros, l’hôpital public français demeure confronté à des défis structurels majeurs, alors même que son activité continue de progresser et que les besoins de prise en charge de la population restent élevés.
Sources :
- Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) : Le déficit des hôpitaux publics diminue en 2025 mais reste à un niveau élevé – Premiers résultats sur les établissements de santé en 2025
- Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) : La dégradation des comptes financiers des hôpitaux publics se poursuit en 2024
- Ministère de la Santé – Campagne tarifaire 2025 des établissements de santé