Djokovic : son refus du vaccin contre le Covid-19 et son expulsion d’Australie au cœur d’un documentaire

Novak Djokovic revient sans détour sur son refus de la vaccination contre le Covid-19 dans Novak Djokovic : Le Loup en hiver, documentaire de Jason Hehir diffusé depuis le 20 août 2026 sur Prime Video. Le champion serbe, détenteur de 24 titres du Grand Chelem, défend sa « liberté de choisir » et livre sa version de l’épisode qui avait conduit à son expulsion d’Australie en janvier 2022. Quatre ans plus tard, il continue de considérer cette décision comme « purement politique ».

À 39 ans, Novak Djokovic n’a manifestement pas l’intention de laisser aux autres le soin de raconter son histoire. Dans Novak Djokovic : Le Loup en hiver (The Wolf in Winter), disponible mondialement sur Prime Video depuis le 20 août 2026, le champion serbe revient sur les sommets d’une carrière hors norme, mais aussi sur les controverses qui ont façonné son image publique. Réalisé par Jason Hehir, déjà aux commandes de The Last Dance, consacré à Michael Jordan, le documentaire de 92 minutes s’intéresse autant au compétiteur qu’à l’homme derrière les records. Prime Video rappelle notamment ses 24 titres du Grand Chelem, sa médaille d’or olympique et ses 428 semaines passées à la première place mondiale.

Le film retrace également une trajectoire forgée dans une Serbie marquée par la guerre et les difficultés économiques, avant l’arrivée de Djokovic au sommet d’un tennis alors dominé dans l’imaginaire collectif par Roger Federer et Rafael Nadal. Jason Hehir donne aussi la parole à plusieurs grandes figures de la discipline, parmi lesquelles Nadal, Andre Agassi, Pete Sampras, Boris Becker et Jim Courier, ainsi qu’à Jelena Djokovic.

Mais l’un des passages les plus sensibles ramène inévitablement le spectateur au début de l’année 2022.

« Pourquoi devrais-je me faire vacciner ? »

Dans le documentaire, Novak Djokovic revient sur son choix de ne pas recevoir de vaccin contre le SARS-CoV-2. « Je n’en avais pas besoin ! Pourquoi devrais-je me faire vacciner ? Je suis en bonne santé, je suis un athlète. J’ai eu le corona, j’avais une immunité. Je ne représentais une menace pour personne. Il n’y avait aucune raison pour que je me fasse vacciner ! », explique-t-il.

Il ajoute que c’est sa « liberté de choisir, ce droit fondamental que vous avez en tant qu’être humain sur cette planète – la liberté de choisir – qui a été retirée à beaucoup de gens ! »

Sa position repose surtout, selon lui, sur une question de liberté individuelle. Djokovic présente la possibilité de décider d’une intervention sur son propre corps comme un droit fondamental. Une conviction qu’il n’a pas abandonnée malgré les conséquences sportives considérables de son choix.

Le joueur tient toutefois à se démarquer du mouvement antivaccination. « Je n’ai jamais dit que j’étais contre ou pour le vaccin », affirme-t-il dans le documentaire, rappelant que certains militants antivaccins l’avaient érigé en figure emblématique sans qu’il ne revendique lui-même cette appartenance. Il se définit plutôt comme favorable à la liberté de décider de « l’intégrité » de son propre corps.

Cette décision lui a coûté plusieurs participations à des compétitions majeures. Djokovic reconnaît notamment avoir manqué des tournois et ne pas avoir joué aux États-Unis pendant une période en raison de son statut vaccinal. Il assure néanmoins avoir accepté ces conséquences : il avait fait un choix et savait qu’il pouvait se retrouver privé de certaines compétitions.

Australie 2022, la cicatrice d’une carrière

Le cas australien reste différent à ses yeux. En janvier 2022, Novak Djokovic arrive à Melbourne avec l’ambition de défendre son titre à l’Open d’Australie. Son entrée sur le territoire déclenche pourtant une crise sportive, sanitaire, juridique et politique qui dépasse rapidement le cadre du tennis.

Le champion soutient aujourd’hui encore qu’il disposait d’une exemption médicale lui permettant de se rendre dans le pays après avoir récemment contracté le Covid-19. Dans le documentaire, il affirme également avoir appris par la suite qu’un autre joueur et un entraîneur avaient pu entrer en Australie en bénéficiant, selon lui, du même type d’exemption.

L’affaire fut toutefois juridiquement plus complexe que la seule question de l’existence d’une exemption. Le gouvernement australien avait finalement révoqué son visa et Djokovic avait été expulsé avant le début du tournoi. Le joueur estime aujourd’hui qu’une large partie du public continue de penser qu’il avait simplement été renvoyé parce qu’il n’était pas vacciné, une lecture qu’il conteste.

Pour Djokovic, le verdict est sans ambiguïté : l’affaire était, selon ses propres termes, « purement politique ». Le Serbe considère que la décision dépassait les considérations médicales et s’inscrivait dans le contexte extrêmement tendu que traversait alors l’Australie après une succession de restrictions sanitaires particulièrement sévères.

Il raconte également avoir vécu cette séquence comme un basculement brutal de son image. Détenu à son arrivée puis placé dans un hôtel utilisé par les services d’immigration avant son expulsion, il dit avoir eu le sentiment d’être transformé en « méchant du monde », alors qu’il était déjà habitué à occuper une position parfois clivante dans l’univers du tennis.

Une controverse replacée dans un portrait plus large

Le Loup en hiver ne se limite toutefois pas à rouvrir le dossier du Covid-19. Jason Hehir cherche à comprendre le moteur psychologique d’un joueur qui, à 39 ans, continue de se mesurer à une génération beaucoup plus jeune. Le réalisateur s’intéresse notamment à l’« inat », notion serbe que Djokovic associe à une forme de résistance obstinée : être contesté ou placé dans l’adversité devient alors un carburant permettant de prouver que ses détracteurs ont tort.

Cette mécanique mentale traverse le récit de sa carrière. Djokovic a longtemps évolué dans l’ombre émotionnelle de Federer et Nadal, deux champions déjà adulés lorsqu’il est venu bousculer leur duel. Son tempérament, ses confrontations avec certains publics et ses prises de position ont contribué à installer une relation plus mouvementée avec les spectateurs. Le documentaire entend précisément explorer cette personnalité complexe plutôt que proposer une simple rétrospective de ses trophées.

Son enfance à Belgrade occupe également une place importante. Le film revient sur les bombardements de 1999 et sur les sacrifices financiers consentis par sa famille pour lui permettre de poursuivre son apprentissage du tennis. Sa femme Jelena apporte elle aussi un éclairage sur cette construction personnelle et sur la place prise par le tennis dans l’équilibre du champion.

À l’autre bout de cette trajectoire se trouve désormais une question que Djokovic aimerait parfois tenir à distance : celle de sa retraite. Le Serbe souligne qu’il reste capable d’évoluer parmi les meilleurs joueurs mondiaux et ne voit donc aucune raison de fixer artificiellement la date de son départ. Pour Jason Hehir, cette résistance aux prédictions annonçant sa fin pourrait même constituer un carburant supplémentaire pour un joueur qui a bâti une partie de sa carrière sur le défi et la contradiction.

Quatre ans après Melbourne, l’affaire australienne demeure ainsi l’une des séquences les plus marquantes et controversées de la carrière de Novak Djokovic. Le Loup en hiver lui offre désormais l’espace pour exposer longuement sa propre lecture des événements : celle d’un champion qui assume son refus de la vaccination contre le Covid-19, récuse l’étiquette « antivax » et continue de placer la liberté individuelle au centre de son argumentation.

Sources :

Prime Video / Amazon – Présentation officielle de Novak Djokovic: The Wolf in Winter

The Guardian – Entretien et présentation du documentaire

Site officiel de Novak Djokovic – Présentation de The Wolf in Winter

SEN – Déclarations de Djokovic sur son expulsion d’Australie